Aménagement extérieur

A chacun sa piscine

Veröffentlicht am 29.09.2026

Vous rêvez d’une piscine privée? Vous n’êtes pas seul et la demande continue à croître malgré les restrictions en matière de remplissage de piscine.

Piscine dans une villa à Montagny-près-Yverdon
Piscine dans une villa à Montagny-près-Yverdon - ldd
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On compte 87 piscines privées à Yverdon, selon l’étude 2023 de la RTS se basant sur Swisstopo. Ce chiffre ne cesse d’augmenter. Le trio de tête est complété par Chavornay (54) et Grandson (50). Ces chiffres concernent les bassins de plus de 24 m2 et sont à mettre en perspective avec le nombre d’habitants. Ainsi, à Grandson on comptabilise 14,8 piscines pour 1000 habitants, tandis qu’Yverdon a 2,9 piscines pour 1000 habitants. En queue de peloton figure Sainte-Croix avec 4 piscines, soit 0,8 piscine pour 1000 habitants.

A l’échelle suisse, on dénombre 56000 piscines privées extérieures. «La demande augmente, en particulier en période de canicule. Parallèlement, il y a toujours plus de restrictions concernant l’eau et les règlements de construction évoluent. C’est une bonne chose, mais cela nous force à nous adapter», mentionne Yann Neuenschwander, directeur de Pury Paysagistes et constructeur de piscines depuis 25 ans. Cette dichotomie entre la demande des privés et les exigences climatiques fait partie de la réflexion des piscinistes.

Bassin naturel

Pour un propriétaire, il est parfois difficile d’y voir clair car chaque commune a ses propres règlements. Par exemple, certaines communes facilitent le remplissage via une borne incendie alors qu’il en est hors de question dans d’autres.

Autre cas de figure, un bassin naturel avec des plantes filtrantes sans produits chimiques obtiendra plus facilement un permis. Il aura d’autres contraintes telles que la maintenance et une eau légèrement trouble. Il sera aussi en moyenne 10 à 20% plus onéreux qu’une piscine traditionnelle, car une zone pour la filtration doit être créée. A noter qu’officiellement, ces points d’eau naturels ne sont pas considérés comme des piscines. Un permis de construire reste nécessaire.

Diminution de la taille

Revenons à nos piscines classiques. Leur taille a considérablement diminué ces dernières années. Les jardins étant plus petits, on souhaite tout de même avoir un bassin. Par ailleurs, les restrictions d’eau encouragent à revoir ses prétentions en matière de volume.

«A présent, nous sommes plutôt sur du 3,66 mètres par 8 que sur du 5 mètres par 10. Je ne propose quasi plus les tailles supérieures. A l’époque, une piscine servait à nager. Aujourd’hui, on cherche un endroit où l’on se rafraîchit et on joue. On peut évidemment aussi y nager avec des systèmes à contre-courant» explique Yann Neuenschwander. Il construit 10 bassins naturels par an pour 30 piscines sur toute la Suisse romande.

Pièce supplémentaire

La piscine est donc là pour créer une ambiance et les paysagistes développent ce point pour répondre aux contraintes actuelles. «Le jardin est une pièce supplémentaire. On y crée une piscine entourée d’une scène végétale et d’essences locales qui jouent un rôle d’ombrage ou de protection» relève-t-il. Cet environnement peut facilement dépasser les 90’000 francs. Désormais, on voit de tout sur le marché: les piscines-plages avec des espaces de détente et un rivage naturel, tout comme des banquettes immergées intégrées à la terrasse.

Labels européens

Outre la taille et la forme de la piscine, les éléments techniques font la différence. Il existe des labels environnementaux à l’échelle européenne: NF Piscines avec un classement de A à F, ProPiscines qui s’intéresse plutôt au professionnalisme du pisciniste et PDD, présenté comme le label environnemental le plus exigeant. La Suisse n’a pas de label spécifique en la matière.

Pury Paysagistes est conscient de l’enjeu. La société installe les produits d’un fabricant qui est le seul à avoir obtenu la note A du label NF, soit NF EN 17645, à savoir la norme évaluant l’efficacité énergétique de l’installation.

«La piscine maintient sa chaleur grâce à un coffrage perdu avec des parois alvéolées. Il fonctionne comme un isolant thermique. A cela s’ajoute un couvert en polycarbonate chauffant avec le soleil. Celui-ci diminue aussi l’évaporation», précise Yann Neuenschwander.

Autre innovation, le trop-plein d’eau lors de pluies ou de débordements est récupéré dans une citerne qui la stocke et la réinjecte dans le bassin lorsque c’est nécessaire. On utilise du sel pour traiter l’eau par électrolyse et non des produits chimiques. La filtration se fait en circuit fermé et tout est automatisé.