À Gland, la Combaz change encore de visage
À deux pas de la gare, 78 appartements neufs accueilleront leurs premiers habitants à l’été 2027, donnant une nouvelle vocation à un secteur au passé singulier.

Elle aura décidément connu plusieurs vies. Avant de devenir un lieu d’habitation, cette parcelle de la rue de la Paix, à Gland, a abrité un garde-meuble, un studio international d’enregistrement, un centre d’accueil parascolaire ou encore un magasin alimentaire. Aujourd’hui, son décor change une nouvelle fois. Deux immeubles s’y élèvent désormais et, le 3 juillet dernier, l’achèvement du gros œuvre a été célébré par le traditionnel bouquet de chantier.
Derrière ces murs se dessine surtout la transformation d’une partie de la Combaz. Engagée il y a plus d’une décennie, la mutation du secteur répond à une volonté de la commune de reconvertir d’anciens terrains industriels qui, malgré leur position centrale et leur bonne desserte, étaient jusque-là peu valorisés. Entre 2008 et 2015, Gland a ainsi développé un plan partiel d’affectation destiné à faire émerger un nouveau quartier résidentiel. La société Realstone y a acquis notamment une parcelle rue de la Paix.
Le choix de s’y implanter n’est pas anodin. «Le secteur de la Combaz offre aux futurs locataires une situation à quelques pas de la gare, proche de l’autoroute A1 et à mi-chemin sur l’axe Genève-Lausanne», souligne Julien Bersier, Portfolio Manager du fonds Realstone RSF. Le dynamisme économique de la région et son bassin d’emplois ont également pesé dans la balance.
Faire de la place à différents ménages

À cette situation géographique répond un autre enjeu: celui du logement. Dans un marché locatif sous pression, la commune de Gland souhaitait que le nouveau quartier puisse accueillir des profils et des budgets différents. Le projet décline ainsi 78 logements, du studio au 4,5 pièces, dont une part proposée à loyers abordables. Familles, jeunes couples ou personnes seules devraient ainsi pouvoir se côtoyer dans les deux immeubles.
Realstone assure que le caractère abordable de certains appartements ne se traduira pas par des prestations moindres. «Le même standing de finitions est maintenu pour les logements à loyers abordables et les logements à loyers libres», relève Matthieu Bonnefoy, chef de projet au département Constructions et Rénovations chez Realstone SA. Cette volonté de créer un lieu de vie se prolongera au pied des immeubles. Le rez-de-chaussée accueillera des activités commerciales et administratives destinées à participer à l’animation du quartier, tandis que deux niveaux souterrains abriteront notamment 69 places de stationnement.
Des vues plutôt que des vis-à-vis
Dans un environnement urbain relativement dense, restait à éviter l’impression d’enfermement. Le bureau al30, lauréat du concours d’architecture, a imaginé deux volumes identiques se faisant face, légèrement décalés pour épouser la topographie du terrain. Cette disposition doit réduire les vis-à-vis et dégager, selon l’orientation, des perspectives vers le Jura ou le lac. La majorité des appartements bénéficieront d’une double exposition et de grandes ouvertures favorisant la lumière naturelle. Autour des bâtiments, les cheminements piétons traverseront des espaces végétalisés où 21 arbres seront plantés. Les façades en briquettes de terre cuite donneront, elles, leur identité aux immeubles. Elles ne se dévoileront véritablement qu’au début de 2027, lorsque les échafaudages seront retirés.
L’énergie pensée pour les habitants
La transformation ne se joue pas uniquement dans l’apparence des bâtiments. Certifiés Minergie, ceux-ci seront équipés de panneaux photovoltaïques. L’électricité produite sur les toits sera directement mise à disposition locataires pour leurs besoins quotidiens. Le chauffage proviendra du réseau à distance, appelé à fonctionner à terme avec 80% d’énergies renouvelables. Orientation bioclimatique des logements, infiltration des eaux de pluie, stationnements pour vélos et écopoints complètent le dispositif.
Des choix qui rejoignent aussi les préoccupations des habitants, puisque les locataires accordent une très grande importance à leur consommation d’énergie. Au-delà du bilan environnemental, l’objectif affiché est donc aussi de mieux maîtriser les charges. Le chantier, lui, entre désormais dans une nouvelle phase. Après le gros œuvre, les travaux de façade et d’étanchéité ont débuté, avant les aménagements intérieurs. Ainsi, à l’été 2027, les premiers habitants devraient prendre possession des lieux. Pour cette parcelle qui n’a cessé de changer d’usage au fil du temps, une nouvelle vie commencera alors, sans totalement effacer les précédentes.
