Votations

Les Genevois veulent rester un peuple de locataires

Rédacteur en chef de immobilier.ch
Veröffentlicht am 27.09.2026

La Chambre genevoise immobilière (CGI) prend acte avec déception du refus de la loi « Pour que les locataires puissent devenir, s’ils le souhaitent, propriétaires de leur propre logement ". Seuls près de 37% des votants l'ont accepté.

Il restera toujours aussi difficile de devenir propriétaire à Genève
Il restera toujours aussi difficile de devenir propriétaire à Genève - LDD
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« Selon nous, il s’agit d’une occasion manquée de : mettre fin à une exception genevoise, Genève restant le seul canton où un locataire ne peut, en pratique, pas acheter l’appartement qu’il occupe ; répondre à l’aspiration de nombreuses familles de la classe moyenne à devenir propriétaires sans devoir quitter leur logement, leur quartier ou le canton ; relever modestement le taux de propriétaires de leur logement, qui plafonne à 18% à Genève contre environ 36% en Suisse. »

La mauvaise foi récompensée

Comme le résume, Christophe Aumeunier, secrétaire général de la CGI, « Le peuple a douté des protections offertes aux locataires dans un contexte de rareté de logements inégalé depuis 2011. Ce sont malheureusement des craintes issues du passé, alimentées par des propos mensongers sur un prétendu retour des « congés-ventes », qui ont incité l’électorat à refuser une loi pourtant équilibrée. En effet, aucun locataire n’aurait été contraint d’acheter ou de partir, l’achat n’aurait été possible qu’après trois ans d’occupation, avec l’obligation d’habiter le logement pendant cinq ans, et à un prix plafonné (actuellement environ CHF 7'000.- par m² PPE), soit des conditions d’acquisition tout à fait inédites. »

Aucun plan pour lutter contre la pénurie de logements

« Le refus de ce jour ne crée aucun logement supplémentaire. La pénurie reste la plus sévère de Suisse, avec un taux de vacance de 0,31% au 1er juin 2026. Les Genevoises et les Genevois en souffrent puisque leurs choix résidentiels sont fortement réduits, que ce soit en location ou pour acheter.

Pourtant, aucun plan pour combattre la pénurie de logements n’est élaboré. Aucune augmentation de mise à disposition de terrains ou de potentiels constructifs n’est évoquée par les autorités. Les travaux sur le Plan directeur cantonal s’enlisent. Il devait être révisé cette année, mais ne le sera pas avant 2030.

La restriction de logements induite par le défaut de planification n’est pas acceptable. Nos opposants du moment, les représentants des locataires, semblent toutefois s’en satisfaire. L’accès à la propriété reste une responsabilité publique

Malgré le refus de cette modification de la LDTR, les aspirations des ménages qui souhaitent acquérir leur logement n’en sont pas moins légitimes. Rappelons que la Constitution genevoise charge l’Etat d’encourager l’accès à la propriété du logement. « Ce mandat demeure. Il appartient aux autorités de lui donner une traduction concrète, dans une politique du logement qui réponde à la diversité des besoins et des parcours de vie. »

La CGI identifie trois priorités :

▪ élaborer rapidement un plan directeur qui mette des terrains à bâtir en suffisance.

▪ mieux intégrer les besoins et les aspirations des habitants, en prévoyant une offre diversifiée de logements locatifs et en propriété.

▪ simplifier les procédures et réduire les délais de réalisation des projets pour accroître rapidement l’offre de logements.