Black Mamba épouse la pente
À Crans-Montana, le chalet Black Mamba réinterprète de manière contemporaine une typologie architecturale ancienne. Pensé par l’architecte Gabriele Rossi, il épouse la pente à travers une architecture étroite, traversante et ouverte sur le paysage.

Crans-Montana, Black Mamba… deux univers qui jouent sur les planches à Crans Montana dans un cocon littéralement unique au monde. Imaginé par l’architecte Gabriele Rossi (archilab.ch) pour des proches – ce chalet est le seul qu’il ait accepté de signer personnellement. Il revendique une approche instinctive, profondément liée au terrain et à ceux qui l’habitent.
Dès l’arrivée, la silhouette surprend par la proximité de la toiture depuis la route. Long et étroit, le chalet épouse la pente dans laquelle il s’inscrit avec une précision organique. Certaines parties du bâtiment ne pouvaient dépasser les 5 mètres de largeur, une contrainte devenue le cœur du projet. « Les sacrifices faits sur cette mesure sont récupérés grâce à la vue », résument les propriétaires. Le salon, volontairement étiré, abandonne l’idée du grand volume démonstratif pour créer une expérience traversante. Même la cuisine se fait discrète, et le regard va se poser constamment sur le paysage.

Depuis le bas de la parcelle, Black Mamba révèle toute sa singularité : bois gris patiné, pierre brute locale et larges baies vitrées suspendues au-dessus de la pente. Le chalet semble émerger du terrain lui-même. Cette sensation tient aussi au travail des matières : à l’extérieur comme à l’intérieur, le projet utilise du bois ancien récupéré sur des fermes canadiennes ou provenant de Hongrie. Les veines restent apparentes, les irrégularités valorisées. « Nous voulions une sensation de ferme, mais pas comme ce qui se fait en montagne ; quelque chose de plus brut, presque une ferme africaine », explique l’hôte, en rendant clair le choix du nom.

Derrière cette apparente simplicité se cache pourtant une structure complexe, mêlant béton armé, éléments porteurs en bois et travail minutieux sur la lumière. L’immense baie vitrée du salon en est l’exemple le plus marquant. L’entreprise chargée du chantier aurait proposé de la diviser pour simplifier sa fabrication. Refus catégorique de Gabriele Rossi : « C’est elle qui définit toute la lumière traversante de ce chalet qui est une réinterprétation contemporaine d’une typologie architecturale ancienne.» Ainsi, le chalet respire. La lumière pénètre les volumes ouverts sur la vallée, les terrasses prolongent naturellement les espaces de vie et la pente devient une véritable matière architecturale.