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Comment lutter contre la chaleur à Yverdon ?

Published on 12/08/2026

Yverdon souhaite lutter contre les îlots de chaleur. Quel est l’état des lieux actuel et que mettre en place pour éviter d’étouffer en ville ? Quel impact sur le développement urbain ?

Pour lutter contre les îlots de chaleur en ville, il faudra végétaliser comme ici à Yverdon
Pour lutter contre les îlots de chaleur en ville, il faudra végétaliser comme ici à Yverdon - Ville d'Yverdon
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Une différence de température de +7,5 degrés est ressentie dans certains îlots de chaleur en ville. Cela engendre un risque sanitaire et accélère la dégradation des bâtiments. Ce point a poussé Yverdon a lancé en 2022 sa stratégie de végétalisation de l’espace public. Images satellites et 15 capteurs ont identifié les points de surchauffe, en particulier sept îlots de chaleur.

« Ces relevés ont permis de prioriser nos interventions et d’établir un plan Canopée cohérent, souligne Ulysse Brand, architecte paysagiste chef de projets Environnement de la Ville d’Yverdon. Cet été, nous évaluerons la température ressentie par les piétons. » Le rayonnement des façades et l’influence des matériaux utilisés intéressent également. Le but de cette démarche est de mettre en place des mesures préventives.

Rivières et sols

Parmi les zones de surchauffe, se trouve la Place Pestalozzi. Elle souffre de la radiation solaire sur le sol et du manque d’ombrage qui génèrent +6 degrés et font perdre son attractivité au centre-ville. Le Parc des Rives, pourtant proche du lac, est également un point chaud. « Le gazon brûle en été et ne rafraîchit plus. Tandis que le lac crée paradoxalement une forte d’inertie thermique, maintenant les températures hautes la nuit», explique le responsable. Les rivières ont une portée bien meilleure pour rafraîchir. En particulier si elles sont renaturées et ralenties.

Le plan Canopée comporte 15 projets à réaliser en trois ans avec un budget de 1,4 million de francs. Les premières actions visibles seront notamment la végétalisation des places de jeux, répondant ainsi à la demande de la population. « D’ici à 2050, l’objectif est de déployer une canopée élargie couvrant 33% de l’espace public », mentionne Ulysse Brand. Aujourd’hui, elle est de 21%. Pour cela, il faudra préparer le sol en amont, afin de pouvoir ensuite planter des arbres de manière durable. 

Désimperméabiliser le sol, afin que les arbres agissent comme des climatiseurs est un premier aspect. Renaturer les cours d’eau et créer un maillage écologique pour rendre ce nouvel écosystème durable font aussi partie des solutions. Par endroit, on dégrappera le bitume pour permettre l’infiltration de l’eau dans le sol.

La multiplication des essences d’arbres résistant aux larges écarts de température, à la sécheresse et aux ravageurs complètent les démarches en cours. Chênes, vernes, tilleuls, mûriers blancs font partie de l’inventaire recommandé. Quant aux arbustes, ils offrent une strate inférieure essentielle en ville, notamment dans les endroits où les canalisations techniques entravent le sous-sol.

Subventions et restrictions

Selon le Rapport climat 2025 de la Confédération, Yverdon se situe dans la moyenne suisse en matière d’adaptation au climat. Privés et promoteurs ont également un rôle à jouer pour contrer les îlots de chaleur en ville. Les subventions à la biodiversité encouragent toitures végétalisées (40 francs par m2 jusqu’à 10'000 francs), haies vives, croc-bitumes, plantes grimpantes en façade, étangs, murs de pierres sèches, vergers.

Par ailleurs, le plan Canopée doit composer avec le fort développement immobilier prévu à Yverdon, + 10'000 habitants d’ici à 2030. Un défi et une opportunité pour mutualiser les projets et construire des espaces de logements incluant la végétation et anticipant les risques climatiques. Par exemple, la terre d’excavation peut être traitée et réutilisée en circuits courts grâce à des initiatives comme Terrreaterrre.

« Aujourd’hui, les nouvelles constructions doivent respecter un indice de verdure de 0,5 selon la modification du RPGA, relève Ulysse Brand. De plus, les arbres dont la circonférence - pas le diamètre - dépasse 40 cm ne peuvent être abattus, sauf s’ils sont dangereux ou s’il y a un impératif de construction. Si un arbre remarquable se trouve sur une parcelle en développement, il faut désormais de très bons arguments pour le couper. »

Yverdon dénombre 5000 grands arbres dans l’espace public. Il est prévu de doubler leur nombre d’ici à 2050, ceci afin de mieux contenir les périodes de canicule ou les inondations telles que la ville en a connues en 2021.

Bâtiments fragilisés

Les édifices eux aussi souffrent. Selon plusieurs études de l’EPFZ et du National Centre for Climate Services, le risque de surchauffe des bâtiments est important, notamment pour les étages sous toit, difficiles à refroidir. Les cycles de sécheresse et chaleur augmentent les fissures et usent plus rapidement les toitures, les façades, les joints et plusieurs matériaux. Autre problématique : l’asphalte, le béton et certains types de pierre stockent la chaleur, aggravant le phénomène de dégradation et la surchauffe.