Edito du 05 avril 2022
Chères lectrices, chers lecteurs,

Il fut un temps pas si lointain où la majorité des citoyennes et citoyens de ce pays disposaient d’un abri antiatomique dans leur maison ou dans leur immeuble. C’était une obligation légale depuis le début des années soixante. J’ai d’ailleurs personnellement grandi dans une villa (vaudoise) où cette pièce servait à y stocker non seulement des denrées « obligatoires» (soit au minimum deux kilos de riz, deux kilos de sucre, un litre d’huile et un kilo de graisse alimentaire), mais aussi en tant que débarras bien pratique. Certes, l’épaisseur de la porte blindée prenait une certaine place et il fallait entretenir cet abri. Rappelons que l'abri devait être équipé d'un préfiltre, d'un ventilateur et d'un filtre à gaz afin de garantir la circulation de l'air et de le filtrer.
Depuis janvier 2012, se croyant sans doute à l’abri de tout conflit, il n’est plus obligatoire de prévoir la construction d’un abri dans chaque nouvelle villa. Le principe comme quoi « chaque habitant doit disposer d’une place protégée» a été maintenu, mais en réalité, seuls les nouveaux grands immeubles se doivent d’en être équipés. Même s’il est trop tôt pour venir remettre en question cette évolution, avec l’actuelle guerre en Ukraine, cela contraint tout un chacun à réfléchir et à se demander si l’assouplissement d’il y a dix ans était bien raisonnable. Gageons que d’ici quelques mois, nos Chambres fédérales verront des élus revenir sur cette question de l’abri antiatomique.
