Êtes-vous plutôt Verbier ou Crans-Montana?
Chaque année Naef Prestige publie l’étude menée avec Knight Frank qui analyse les grandes tendances du marché immobilier dans les principales destinations de ski des Alpes européennes. Nous nous sommes focalisés sur le duel entre les deux stations romandes les plus populaires.

Comme l’indique le dernier Alpine Property Report et comme l’on pouvait s’y attendre, les Alpes européennes continuent d’attirer investisseurs et résidents. Les résidences alpines haut de gamme ont enregistré une hausse moyenne de 23% sur cinq ans. Sur un an, l’indice alpin Knight Frank progresse de 3,3%, tiré par la Suisse (+5%), qui surpasse la France (+1,2%). Andermatt arrive en tête de cette progression avec +14,6%, profitant de l’absence de restrictions pour les acheteurs étrangers. Davos (+10%) et Cortina d’Ampezzo en Italie (+10%) complètent le podium, cette dernière bénéficiant de l’arrivée des Jeux Olympiques d’hiver 2026. À Crans-Montana, la croissance des prix durant la période juin 2024 - juin 2025 était de 3,3% tandis qu’elle n’a atteint que 0,5% à Verbier. Précisons que cet indice ne tient compte que des résidences de luxe.
En termes de prix, Gstaad reste la station la plus onéreuse, Verbier arrive sur la 4e marche, devant Zermatt, tandis que Crans-Montana est à la 15e place. Nous en avons profité pour interroger les responsables des agences Naef Prestige | Knight Frank de Verbier, Annabelle Common et Crans-Montana, Monica Lopes. Notre interview croisée.

Comment se porte le marché des transactions sur ces douze derniers mois à Verbier?
Le marché est resté extrêmement actif, en particulier sur le segment prime et ultra-prime. Les volumes de transactions restent élevés. Nous avons observé une nette hausse des acquisitions en résidence principale d’environ 10 à 15%. Les valeurs se situent entre 20’000 et 30’000 CHF/m2 pour les biens prime, et atteignent désormais 40’000 à 50’000 CHF/m2 dans les immeubles de luxe avec des installations spa privées, en plein centre ou en bord de piste, accessibles aux étrangers en résidence secondaire.
Et à Crans-Montana?
Le marché s’est montré particulièrement dynamique ces 12 derniers mois. Les demandes de résidences secondaires et principales ne font qu’augmenter. Les investissements parlent d’euxmêmes. Un récent article du Nouvelliste démontre que plus d’un milliard de francs vont être investis dans la station à travers plusieurs projets d’envergure, tels que l’aire d’arrivée de la piste Nationale en vue de la Coupe du monde de ski en 2027 ou le projet hôtelier à Aminona.
Quels sont les types de bien qui sont les plus recherchés à Crans-Montana?
Dans le contexte mondial actuel, de plus en plus d’étrangers, mais également des Suisses, souhaitent s’installer dans notre station de manière permanente. De ce fait, la demande de résidences principales a augmenté ces dernières années. Crans-Montana a un pas d’avance sur toutes les autres stations car, de janvier à décembre, il y a toujours quelque chose à faire. Le prix du m2 est très diversifié: du simple à CHF 9000/m2 jusqu’à CHF 25’000/m2. Les biens les plus recherchés se situent dans la fourchette en dessous de 4 millions.
Et à Verbier, qu’en est-il?
Les appartements clé en main, avec de l’espace, une bonne localisation et une belle vue: typiquement des 3 à 5 chambres, pour des budgets entre CHF 3 et 6 millions. Il y a toujours une forte demande pour les chalets disponibles à l’achat par des étrangers avec un seul nom, au bénéfice du statut de résidence secondaire. On voit aussi de plus en plus de familles se tourner vers le quartier proche de la nouvelle école internationale et du centre sportif.
Quel rôle jouent les écoles internationales à Verbier sur la demande et la typologie des clients?
La présence de la Verbier International School (ndlr. qui accueillerait environ 130 élèves à l’année) et surtout la fusion récente de deux écoles (Copperfield) a été un véritable tournant pour la station. Elle attire des familles qui passent désormais la majeure partie de l’année à Verbier.
Et à Crans-Montana, avec la Régent, coachée par le célèbre Institut le Rosey, qui accueille désormais plus de 260 étudiants de plus de 50 nationalités?
La Régent International School, tout comme les Roches à Bluche, bénéficient d’une réputation mondiale et attirent des familles venues d’Europe, du Moyen-Orient ou encore d’Asie.
Qu’est-ce qui manque encore pour convaincre la clientèle hésitante d’investir dans vos stations respectives?
MONICA LOPES: À vrai dire, rien. Peu de stations peuvent revendiquer une telle richesse d’activités et de services à l’année.
ANNABELLE COMMON: Difficile de trouver un défaut dans une station de renommée mondiale, si ce n'est que certains profils d'acheteurs UHNW (ultra-high-net-worth) souhaiteraient davantage de marques de luxe dans la station ou une offre gastronomique plus variée.
