Fiscalité et questions énergétiques restent au centre des préoccupations
Animée avec éloquence par Olivier Feller, son directeur général, la 84e assemblée générale de la Chambre vaudoise immobilière (CVI) a réuni près d’un millier de membres au Palais de Beaulieu.

Ils étaient heureux de pouvoir enfin se réunir en présentiel, le lundi 23 mai, après plus de deux années perturbées. Les centaines de propriétaires vaudois étaient venus en nombre pour entendre au Palais Beaulieu, à Lausanne, à la fois l’analyse du conseiller national et directeur général de la CVI Olivier Feller, mais également la conférence du Dr. Matthias Gäumann, vice-président pour les opérations à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL).
Regroupant plus de 13’000 membres, avec une cotisation qui n’a pas bougé depuis 1992 (120 francs par allée/immeuble/villa/appartement en PPE), la CVI a tout d’abord présenté des comptes de résultat de l’exercice 2021 dans le noir et qui ont franchi la barre des 4 millions de francs pour la première fois. Mais les applaudissements ont été nettement plus nourris après l’intervention d’Olivier Feller, réputé pour son éloquence et son humour bien particulier. Alors que la conseillère d’Etat Christelle Luisier Brodard était finalement absente du fait qu’elle a été retenue par une séance de crise, le directeur général de la CVI a rappelé que les autorités cantonales nouvellement élues (Grand Conseil et Conseil d’Etat) entreront en fonction le 1er juillet prochain.
«Dans le canton de Vaud, le système d’imposition de la valeur locative est toujours à la hausse»
«Parmi les enjeux de cette nouvelle législature, cinq me touchent particulièrement, a déclaré le conseiller national. La fiscalité tout d’abord. «Le canton de Vaud reste dans le trio des cantons les plus chers. A cela s’ajoute un système d’imposition de la valeur locative toujours à la hausse.» L’énergie ensuite: «ll s’agit de limiter les émissions de CO2. Mais je constate que nous allons vers une possible pénurie d’électricité alors que certains veulent rendre obligatoire l’installation de pompes à chaleur d’ici à cinq ans.» L’aménagement du territoire, le logement et, enfin, les enjeux de gouvernance: «Dans le canton de Vaud, il y a trop rarement des consultations alors qu’il y a régulièrement des réformes d’envergure qui sont menées. Améliorer ce processus me paraît indispensable», estime Olivier Feller. Enfin, il a aussi rappelé que, sur le plan fédéral, les chantiers ne manquent pas non plus, notamment avec l’impôt sur la valeur locative et les enjeux du droit du bail.
L’impact de l’EPFL

Avant d’entendre le conférencier, il a été procédé à la réélection des membres du comité (Cécile Berger Meyer, Alain Maillard, Laure Thonney et Sébastien Troutot) et à l’élection d’Andreas Diemant (BCV) et de Delphine Voutat (Cogestim) en remplacement de Bertrand Sager (BCV) et Catherine Dubey (Investis). Après une courte intervention de Martin Tschirren, directeur de l’Office fédéral du logement, le public a eu le privilège d’assister à une conférence du Dr. Matthias Gäumann intitulée «EPFL: quelle trajectoire pour quel impact?»
Le vice-président pour les opérations de l’EPFL a tout d’abord rappelé que cette école polytechnique est née en 1964 à l’avenue de Cour à Bellerive dans des baraques en bois érigées à l’occasion de l’Exposition nationale. Puis vint la conquête de l’ouest lausannois dès 1969 dans une zone initialement prévue pour un aéroport. Aujourd’hui, l’EPFL ce sont 12’720 étudiants, 350 professeurs, et 6416 collaborateurs. Lors de la dernière décennie, le nombre d’étudiants a progressé de 48%, dont 56% proviennent de l’étranger. Paradoxalement, la finance d’inscription des étudiants ne couvre que 1,5% du budget total de cette institution. Et de rappeler encore qu’outre Logitech, trois autres start up à succès sont nées ici: Sophia Genetics, Nexthink et MindMaze.
