Grand Hôtel Bella Tola

Hors du temps

Arriver à Saint-Luc se mérite, avec sa route sinueuse et étroite, mais un très charmant hôtel historique vaut le détour. Avec ses chambres toutes uniques, décorées avec goût, son restaurant gastronomique et son spa incroyable, le Bella Tola est une belle adresse.

La façade de l'Hôtel Bella Tola
La façade de l'Hôtel Bella Tola - DR
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Le Val d’Anniviers recèle plusieurs pépites et notamment les villages Chandolin, Grimentz et de Saint-Luc. Certains y vont pour le ski, puisque la région comprend trois domaines skiables (Grimentz-Zinal, St-Luc-Chandolin et Vercorin) où un seul forfait offre l’accès à 220 km de pistes. Mais l’été, ce sont plus de 420 km de chemins de randonnées, notamment. Ce qui nous a attiré quant à nous, c’est le charme fou du Grand Hôtel Bella Tola à Saint-Luc. À la suite de deux incendies, en janvier 1845 et juillet 1858, heureusement sans victimes, le Conseil d’Etat valaisan publia un arrêté obligeant ses habitants à reconstruire des habitations en maçonnerie.

PREMIER HÔTEL

La chambre d'une des Junior suites de l'hôtel, situées au centre du bâtimentdiaporama
La chambre d'une des Junior suites de l'hôtel, situées au centre du bâtiment

C’est ainsi que Pierre Pont inaugura le premier hôtel de ce village le 13 juillet 1860, dont la première pierre fut posée au printemps 1859. Le Bella Tola fut situé tout d’abord au centre du vieux-village, avant que son propriétaire ne décide de le déplacer à l’emplacement actuel pour disposer de davantage de place en 1883. Doté au départ de 40 chambres, sa capacité doubla après la construction d'une annexe. Comme l’indique une brochure historique vendue à l’Office du tourisme, « ses clients appréciaient l’emplacement de cet hôtel qui n’est pas à côté du clocher de l’église ».

LA MASCOTTE ROSIE

Il ne fut d’abord exploité que durant la saison d’été pour les touristes anglais, puis ensuite en hiver également avec l’arrivée des remontées mécaniques pour la saison de ski. Il ne fut jamais fermé et fut toujours exploité comme hôtel. La famille Pont s’en occupa jusqu’en 1996, date à laquelle Anne-Françoise et Claude Buchs se décident à le reprendre. C’est ici que la directrice actuelle, leur fille Angélique, a grandi. Tout comme ses parents, Angélique Buchs, 29 ans, est issue de l’Ecole Hôtelière de Lausanne (EHL). Avec Rosie, son berger australien, la mascotte de l’hôtel, elle veille à tout dans cette maison historique. Il arrive même que Rosie soit « empruntée » pour partir en balade avec des clients.

TABLEAUX D’EDOUARD VALLET

Vue de l'extérieur depuis le spadiaporama
Vue de l'extérieur depuis le spa

Membre fondateur des Swiss Historic Hotels, le Grand Hotel Bella Tola (qui doit son nom au sommet qui culmine à 3025m d’altitude) propose une expérience unique. Comme le raconte volontiers Angélique, « ma mère était passion- née de décoration. L’hôtel entend offrir aux hôtes un séjour unique, hors du temps ». L’établissement y parvient à la fois grâce au talent de feu Anne-Françoise et de sa fille Angélique, toutes deux férues de décoration, mais aussi par certains éléments (meubles anciens, tableaux, notamment d’Edouard Vallet) récupérés auprès d’Henri Pont qui était un collectionneur d’art. Outre la déco parfaite, l’hôtel ne manque pas d’atouts. On y mange divinement bien dans son restaurant Chez Ida. En plus de ses deux plats signature (les pâtes fraîches aux morilles, et le vol-au-vent de grand-mère Ida), citons son foie gras mi-cuit à l’Armagnac, chutney de betterave et bergamote, gelée de coing, mousseline de betterave aux senteurs de pistache, gelée d’épices et brioche toastée. Un régal. Tout comme sa fabuleuse tarte tatin imposante.

RITUEL D’ANNIVIERS

Après ou avant cette avalanche de calories réconfortantes, il est vivement conseillé de ne pas résister aux attraits du spa de l’hôtel : L’Ô des Cimes. Outre sa petite piscine chauffée offrant une vue imprenable sur la couronne impériale (dont le Cervin), il est tout de même doté de trois cabines de massage et soins et de quatre thérapeutes. On y propose un « Rituel d’Anniviers » (gommage aux fleurs d’achillée, enveloppement à la terre glaciaire et massage aux pochons de fleurs concoctés sur place avec des plantes de l’alpage, séchées dans leur grenier sur des draps). Pas étonnant dès lors d’apprendre que chaque troisième semaine de janvier, un groupe d’une vingtaine de clients qui se surnomment les Bella Tolistes – parce qu’ils s’étaient rencontrés là il y a 20 ans – s’y retrouvent chaque année.