Indispensables, les EMS se construisent, mais lentement
La construction d’un nouvel établissement socio-médical est en cours à Nyon. A Gingins et Etoy, deux autres projets sont sur de bonnes voies. Mais à Prangins, l’EMS est abandonné. En tout cas pour l’instant.

Comment construire un EMS? Pas si simple, évidemment. Car si la demande est avérée, compte-tenu du vieillissement de la population, que les autorités villageoises et leurs Conseils communaux sont généralement sensibles à la problématique, les étapes à franchir sont nombreuses, et parfois rédhibitoires.
Public ou privé
Dans tous les cas, le projet doit faire partie du Programme d’investissements de modernisation des EMS et EPSM (PIMEMS) de l’Etat de Vaud. Une fois qu’il y figure, le projet peut avoir deux statuts: l’établissement peut être reconnu d’intérêt public ou pas. La grande différence entre les deux réside dans les modes de financement de l’investissement par le Canton.
En 2023, le retrait du projet de Prangins de cette liste pourrait bien avoir fait le bonheur de Gingins, qui y faisait son entrée. Dans ce village de 1250 habitants, le souhait des autorités de voir se réaliser un établissement médico-social non-reconnu d’intérêt public de 80 lits et 11 appartements protégés, répondant aux attentes de la population, a coïncidé avec celui du Canton d’élargir l’offre actuelle. Car, même non reconnu d’intérêt public, l’EMS devra respecter le dispositif d’admission prévu par le Bureau régional d’information et d’orientation (BRIO) de la région. Aussi, «nous avons pu négocier pour que nos résidents soient prioritaires dans l’attribution de lits et d’appartements protégés», explique Hans Brunner, syndic de Gingins. Dans cette commune du pied du Jura, donc, et sous réserve de validations, le projet semble bien plus simple: les autorités locales n’auront rien à débourser, tout sera pris en charge par les partenaires, ici les Retraites populaires. Mieux encore: Gingins encaissera le montant de la vente ferme de la parcelle.
Cautionnement de l’Etat
Même son de cloche, ou presque, du côté d’Etoy. Là encore, les autorités du village ont alerté le Canton d’une mise à disposition possible d’une parcelle en zone d’utilité publique. Après études, le Canton a donné son feu vert. Le syndic d’Etoy José Manuel Fernandez a alors pris langue avec la Fondation Silo, basée à Echichens. «Notre Conseil communal a validé récemment l’attribution d’un Droit de superficie de 99 ans pour la réalisation de ce projet», explique le syndic. Qui espère voir le concours d’architecture se boucler en 2026 et l’EMS ouvrir ses portes dans maximum cinq ans. Dans ce cas précis, le modèle financier est celui applicable aux institutions reconnues d’intérêt public: le Canton garantit le crédit hypothécaire et prend à sa charge les intérêts de la dette et son remboursement. «Pour l’exploitant que nous sommes, détaille Jean-François Pasche, directeur de la Fondation Silo, privée mais reconnue d’intérêt public, cela permet d’abaisser la facture finale du résident. C’est un soutien essentiel.»
Evolution des besoins
A Etoy, l’EMS devrait compter 75 lits couplés à un accueil de jour et, peut-être plus tard, à des appartements protégés. L’idée est de penser en suite de services accompagnant le bénéficiaire, jusqu’à ce qu’il devienne, en dernier lieu, résident permanent. «Ce qui est important, c’est d’avoir de la continuité en fonction de l’évolution des besoins», détaille encore Jean-François Pasche.
A Nyon, l’EMS des Tines est enfin en construction
Après des années de blocage, l’EMS des Tines, à Nyon, est en pleine construction. Imaginé en 2014, cet établissement de 60 lits (30 de gériatrie, 30 de psychogériatrie), administré par la Fondation du Midi, devrait ouvrir à l’automne 2027.
