Nyon

Indispensables, les EMS se construisent, mais lentement

La construction d’un nouvel établissement socio-médical est en cours à Nyon. A Gingins et Etoy, deux autres projets sont sur de bonnes voies. Mais à Prangins, l’EMS est abandonné. En tout cas pour l’instant.

Le projet d’EMS dans le quartier des Tines, à Nyon, est enfin en construction après des années de méandres judiciaires
Le projet d’EMS dans le quartier des Tines, à Nyon, est enfin en construction après des années de méandres judiciaires
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Comment construire un EMS? Pas si simple, évidemment. Car si la demande est avérée, compte-tenu du vieillissement de la population, que les autorités villageoises et leurs Conseils communaux sont généralement sensibles à la problématique, les étapes à franchir sont nombreuses, et parfois rédhibitoires.

Récemment, Prangins en a fait le constat amer. Imaginé il y a près de dix ans par la Municipalité du village, un projet d’EMS public de 55 places a finalement été abandonné en 2023. Projeté sur une parcelle communale constructible au nord du territoire, dans un quartier de villas, le projet, dans sa phase initiale, a fait face à des annonces d’opposition de la part du voisinage. Le trafic généré par cet établissement médico-social public en est la première cause. «A Prangins, nous avons eu une réflexion à partir de la pyramide des âges. Nous avons ainsi poussé un projet de crèche pour la petite-enfance et les familles et, de l’autre côté, nous souhaitions assurer la prise en charge des personnes âgées.

Malheureusement, l’impopularité de ce projet a convaincu la Municipalité d’y renoncer», détaille Igor Diakoff, municipal en charge du dossier. Une alternative a bien été tentée en imaginant la construction de cet EMS, plus grand, du côté de l’Hôpital psychiatrique, qui possède des parcelles à développer. Sans plus de succès pour l’heure, même si le Canton admet que «des discussions sont toujours en cours avec le CHUV afin d’examiner la possibilité d’implanter un EMS sur le site de l’hôpital de Prangins, tout en veillant à ne pas compromettre les besoins futurs de développement hospitalier.»

Public ou privé

Dans tous les cas, le projet doit faire partie du Programme d’investissements de modernisation des EMS et EPSM (PIMEMS) de l’Etat de Vaud. Une fois qu’il y figure, le projet peut avoir deux statuts: l’établissement peut être reconnu d’intérêt public ou pas. La grande différence entre les deux réside dans les modes de financement de l’investissement par le Canton.

En 2023, le retrait du projet de Prangins de cette liste pourrait bien avoir fait le bonheur de Gingins, qui y faisait son entrée. Dans ce village de 1250 habitants, le souhait des autorités de voir se réaliser un établissement médico-social non-reconnu d’intérêt public de 80 lits et 11 appartements protégés, répondant aux attentes de la population, a coïncidé avec celui du Canton d’élargir l’offre actuelle. Car, même non reconnu d’intérêt public, l’EMS devra respecter le dispositif d’admission prévu par le Bureau régional d’information et d’orientation (BRIO) de la région. Aussi, «nous avons pu négocier pour que nos résidents soient prioritaires dans l’attribution de lits et d’appartements protégés», explique Hans Brunner, syndic de Gingins. Dans cette commune du pied du Jura, donc, et sous réserve de validations, le projet semble bien plus simple: les autorités locales n’auront rien à débourser, tout sera pris en charge par les partenaires, ici les Retraites populaires. Mieux encore: Gingins encaissera le montant de la vente ferme de la parcelle.

Cautionnement de l’Etat

Même son de cloche, ou presque, du côté d’Etoy. Là encore, les autorités du village ont alerté le Canton d’une mise à disposition possible d’une parcelle en zone d’utilité publique. Après études, le Canton a donné son feu vert. Le syndic d’Etoy José Manuel Fernandez a alors pris langue avec la Fondation Silo, basée à Echichens. «Notre Conseil communal a validé récemment l’attribution d’un Droit de superficie de 99 ans pour la réalisation de ce projet», explique le syndic. Qui espère voir le concours d’architecture se boucler en 2026 et l’EMS ouvrir ses portes dans maximum cinq ans. Dans ce cas précis, le modèle financier est celui applicable aux institutions reconnues d’intérêt public: le Canton garantit le crédit hypothécaire et prend à sa charge les intérêts de la dette et son remboursement. «Pour l’exploitant que nous sommes, détaille Jean-François Pasche, directeur de la Fondation Silo, privée mais reconnue d’intérêt public, cela permet d’abaisser la facture finale du résident. C’est un soutien essentiel.»

Evolution des besoins

A Etoy, l’EMS devrait compter 75 lits couplés à un accueil de jour et, peut-être plus tard, à des appartements protégés. L’idée est de penser en suite de services accompagnant le bénéficiaire, jusqu’à ce qu’il devienne, en dernier lieu, résident permanent. «Ce qui est important, c’est d’avoir de la continuité en fonction de l’évolution des besoins», détaille encore Jean-François Pasche.

A Nyon, l’EMS des Tines est enfin en construction

Après des années de blocage, l’EMS des Tines, à Nyon, est en pleine construction. Imaginé en 2014, cet établissement de 60 lits (30 de gériatrie, 30 de psychogériatrie), administré par la Fondation du Midi, devrait ouvrir à l’automne 2027.