« La densification seule ne suffira jamais «
S’exprimant dans un courrier écrit le 26 juin à Olivier Feller, Bernard Nicod se réjouit du fait que la coprésidente du PLR Suzanne Vincenz-Stauffacher veuille s’attaquer à la Loi fédérale sur l'Aménagement du Territoire (LAT).

Après le rejet de l'initiative des 10 millions, la coprésidente du PLR, Susanne Vincenz-Stauffacher, a appelé voici quelques jours à un changement de cap en matière d'aménagement du territoire. Pour lutter contre la pénurie de logements, la Suisse doit pouvoir construire davantage. Une réaction que soutient avec vigueur le chef d’entreprise Bernard Nicod. Il le relève dans un courrier adressé au conseiller national PLR Olivier Feller que nous avons pu lire.
« Ce qui est proposé : reclasser des terrains, raccourcir les délais de recours, redonner aux communes leurs marges de manœuvres, c’est du bon sens. Ce n’est pas du bétonnage. C’est de la responsabilité. Le PLR a les arguments et je les salue. Ce combat historique est aussi indispensable qu’urgent. Qu’il le mène jusqu’au bout. Il est temps de passer aux actes. C’est maintenant ou jamais », écrit l’entrepreneur vaudois.
Son analyse est sans concession : « Depuis l’acceptation de la LAT en 2013, la Suisse s’est tirée une balle dans les deux pieds. On a durci, complexifié, superposé les normes, multiplié les recours. Résultat ? Entre 15 et 18 milliards de francs de projets sont bloqués devant les tribunaux. Des milliers de logements qui n’existent pas. Des familles qui attendent. Des loyers qui s’envolent. Des promoteurs qui désespèrent. »
Et de poursuivre : « Treize ans qu’on fonce dans le mur. Les yeux ouverts. La densification ? Une fuite en avant. On densifie où, comment, avec quels permis ? Dans des communes qui refusent de construire tout en réclamant des recettes fiscales. Sur des parcelles paralysées par des recours à répétition. Avec des délais moyens de 8 à 12 ans entre l’idée et la première pierre et cela dans le meilleur des cas. La densification seule ne suffira jamais ! Il faut de nouvelles zones à bâtir. La population suisse croît de 100'000 habitants par an. Le parc de logements, lui, stagne. Tout le monde le sait, chacun le déplore, mais personne n’a osé le dire jusqu’à aujourd’hui. »
N’ayant pas peur des mots, Bernard Nicod n’épargne personne : « Et pendant ce temps, la gauche se plaint des loyers tout en combattant chaque projet de construction. La Confédération prêche la densification tout en bloquant les déclassements. Les communes veulent des nouveaux habitants et des contribuables, mais pas de nouveaux immeubles. Résultat : les locataires paient l’addition. Les propriétaires qui voudraient construire ? La taxe sur la plus-value de la LAT les en dissuade. On pénalise ceux qui agissent. On protège ceux qui bloquent. »
