Canton de Fribourg

La Gotta, un village dans un village

Published on 31/07/2026

Les premiers locataires sont installés dans les immeubles de La Gotta à Belfaux. Le nouveau quartier accueillera à terme 330 logements et un EMS, presque un village dans un village. Etat des lieux.

Le projet a commencé en 2014 déjà, après la fermeture de l’ancienne fonderie d’aluminium Boxal
Le projet a commencé en 2014 déjà, après la fermeture de l’ancienne fonderie d’aluminium Boxal - TBU
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Le projet a commencé en 2014 déjà, après la fermeture de l’ancienne fonderie d’aluminium Boxal. En 2015, Wir Bauen et de Weck Architectes créent la société anonyme La Gotta, dont le siège est à Alterswil (FR). Le consortium rachète la parcelle de 31’602 m2 au bord de la ligne de chemin de fer et proche de la gare Belfaux-Village. Le site change d’affectation et devient une zone centre-village, taillée sur mesure pour accueillir des hébergements. Fribourg n’est qu’à 7 minutes en train et les autorités favorables au projet de densification.

Avant de construire, il a fallu dépolluer les sols. « Cela a été fait en même temps que l’excavation puisque près de 90% du sous-sol est transformé en parking souterrain, relève Eric de Weck, architecte en charge du projet. Une technique est de faire pousser des champignons pendant six mois sur la terre concernée. Cela abaisse son degré de pollution. » La situation est à présent normalisée.

Trois phases et un EMS

Le projet présenté en 2019 est ambitieux : 12 immeubles de 4 à 8 étages avec une empreinte au sol de 25’000 m2. Il est prévu de le livrer en trois phases dès 2026. La première étape, côté gare, a été remise ce printemps, en avance même sur le planning. Une 2e étape dans la partie centrale sera terminée entre 2027 pour les PPE et 2028 pour le locatif. La dernière étape suivra, il s’agit d’un EMS ; une nouveauté par rapport au projet initial.

Une trentaine d’appartements sont déjà loués dans les deux premiers édifices. Dès juin, les deux prochains seront à disposition de la SUVA, le maître d’ouvrage de cette partie comprenant 105 logements. Pour les 4 autres projets construits sur mandat de la SUVA et du Fonds Immobilier Romand, le gros œuvre a commencé. « Il ne reste plus que dix appartements à vendre en PPE. La demande est forte, souligne Eric de Weck, également membre du conseil d’administration de La Gotta.

« Les logements seront de taille et de dimensions variables, de 2,5 à 5,5 pièces, sur 4 ou 5 étages et jusqu’à 8 pour les deux tours à chaque extrémité de la parcelle. Nous évitons ainsi l’alignement d’immeubles et l’effet cité des années 60’ », détaille l’architecte. Les prix se veulent attractifs, destinés à des familles. Les PPE à vendre sont sous le million de francs.

Le promoteur du projet rappelle que cette zone de densification est là pour répondre à la Loi fédérale sur l’aménagement du territoire (LAT). Construire plus haut permet d’éviter, dans une certaine mesure, le mitage des terrains. « Il existe un seuil de 30 mètres - comme nos tours de 8 étages -, que les constructeurs évitent de franchir. Au-dessus, les contraintes incendie sont différentes, avec notamment l’obligation d’installer des cages d’ascenseurs antifeu. Cela renchérit les coûts » explique Eric de Weck. Construire haut a par ailleurs l’avantage d’être plus efficient pour la distribution de l’énergie et intéressant financièrement.

Légère hausse du budget

L’étape 3 a été mise à l’enquête et est en attente de l’autorisation de construire. Il s’agit d’un EMS sur deux immeubles juxtaposés de hauteur différente avec une terrasse au sixième étage, un jardin suspendu. Il est prévu des espaces de vie avec le réfectoire au rez, puis 5 niveaux de 24 lits et des cabinets médicaux dans les deux derniers étages. La fondation Saint-Martin à Cottens est le maître d’ouvrage.

Deux autres immeubles résidentiels vont être construits dans cette même étape, avec, pourquoi pas, des logements seniors. « Les travaux devraient débuter cet été, note l’architecte. Pour le moment, le Service d’archéologie effectue des sondages, ce qui n’avait pas été le cas pour les phases 1 et 2. »

Annoncé à 140 millions de francs, le budget du projet pourrait passer à 150 millions, en raison notamment de la création de l’EMS qui demande des aménagements particuliers. Un système de géothermie permettant de refroidir de 3 degrés l’EMS est prévu.

Afin d’éviter l’îlot de chaleur dans ce quartier de ville à la campagne, les architectes ont imaginé des balcons tout autour des immeubles. Ceux-ci coupent le rayonnement direct sur les vitres. Quant aux sous-sols, quasi entièrement dédiés au parking, trois réserves de terre sont aménagées afin d’y planter des arbres à haute tige ombrageant les trois cours extérieures sobres.

Mobilité et intégration

Objet de discussions, le parking compte 320 places souterraines et 35 en extérieur pour les invités. Pour un quartier de 1000 personnes, ce coefficient suscite quelques inquiétudes. «Nous favorisons la mobilité douce avec une zone de circulation pour vélos au cœur des immeubles. La gare est à côté. Ce quartier est un morceau de ville à la campagne » observe Eric de Weck.

Le défi de la mobilité concerne tout Belfaux qui subit les embouteillages matin et soir. La route de contournement de l’agglomération est donc très attendue. Le syndic Vincent Schickel en est conscient : « C’est un projet cantonal. Le Conseil d’Etat a réservé le tronçon, mais cela prendra encore 10 ou 15 ans. Il est clair qu’avec le quartier de La Gotta on ne va pas aller vers le mieux concernant le trafic. Mais aujourd’hui, 90% des véhicules créant les bouchons viennent des villages en amont de Belfaux. Nous subissons le trafic induit. »

Autre question en suspens, l’intégration d’un millier de nouveaux habitants dans un village de moins de 3500 âmes est un défi. L’école peut encore ouvrir une ou deux classes. En six mois de travaux, elle peut aussi être surélevée, car toutes les gaines techniques sont prévues.

Afin de donner vie de cette nouvelle zone, la commune compte sur la récente Commission d’animation de Belfaux. « Un premier événement aura lieu dans le quartier de La Gotta le 15 septembre lors de la Journée de la Démocratie. Nous y serons avec des stands. L’idée est d’inviter les gens à venir dans ce quartier et à s’y rencontrer », souligne le syndic.