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Genève

Le gigantesque chantier du PAV entraîne une relocalisation massive d’entreprises

Rédacteur en chef de immobilier.ch
Published on 27/07/2026

Le projet immobilier Praille-Acacias-Vernets (PAV) n’en finit pas de bouleverser le territoire de la ville. De nombreuses sociétés concernées par le chantier s’activent pour trouver des solutions de relocalisation.

Cinq cents des 1600 entreprises présentes dans l’immense périmètre pourraient devoir être relogées
Cinq cents des 1600 entreprises présentes dans l’immense périmètre pourraient devoir être relogées - Loic Herrin
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C’est le chantier de la première moitié du XXIe siècle à Genève. Sur un territoire couvrant 230 hectares et dont la mutation devrait s’opérer jusqu’en 2050, le projet Praille-Acacias-Vernets (PAV) verra notamment l’émergence de 12'000 logements. Les implications de sa réalisation sont nombreuses. Cinq cents des 1600 entreprises présentes dans l’immense périmètre situé sur les communes de Genève, Lancy et Carouge «pourraient devoir être relogées dans ou hors du secteur du PAV», relève ainsi Jean-Manuel Mourelle, responsable communication de la Fondation pour les terrains industriels (FTI). Pour l’heure, cela concerne en priorité les sociétés présentes dans le périmètre du plan localisé de quartier (PLQ) Acacias 1, lequel est en force. «Les PLQ de l’Etoile, Praille-Ouest et Grosselin sont en préparation et présentent des enjeux d’anticipation importants.»

Regain de dynamisme

Comme le constate Anne-Pascale Marchand, responsable des locaux industriels et logistiques auprès du spécialiste de l’immobilier commercial SPG Partner: «On observe depuis le début de l’année 2025 un dynamisme nouveau chez les entreprises concernées pour trouver des solutions de relocalisation.»

L’explication? L’Opérateur Urbain Praille Acacias Vernets (OpU PAV) s’active avec toujours plus d’énergie pour négocier des rachats de lots et contribuer au lancement de projets immobiliers neufs répondant aux critères de recherche de ces entreprises, et ce, en collaboration avec les promoteurs privés et les entreprises directement concernées. Citons notamment La Fabrique des Morgines à Lancy qui proposent des locaux artisanaux neufs, dès 175 m2, à vendre en pleine propriété foncière (pas de droit de superficie), Quarz’Up à Vernier ou encore RUBIX GVA à Satigny.

Prenons le seul exemple de La Fabrique des Morgines, ce futur ensemble représente 30'000 m2 de surfaces en affectation mixte (60% secondaire et 40% tertiaire) livrables au printemps 2028. On parle de locaux adaptés, puisque dotés d’une grande hauteur sous plafond, de quais de chargement, de monte-charges puissants et de façades modulables.

Autre raison à ce réveil des actuelles PMI/PME actives dans le PAV: «Il est très probable que les travaux en cours et à venir dans le périmètre compliquent la vie de ces entreprises qui, dès lors, se rendent compte que les prochaines années seront invivables. Cela fait longtemps que nous tentons de les convaincre qu’il ne faudra pas attendre d’être les derniers à quitter le secteur et je crois que cette fois le message est passé», relève Anne-Pascale Marchand.

L’actuelle route des Jeunes, qui permet de circuler vite, va voir son statut changer pour aboutir à «une mobilité apaisée», comme le disent les édiles. Certes, cela restera un axe circulant, mais un nouveau carrefour en amont du P +R de l’Etoile va fortement ralentir le flux.

Des exemples

Parmi les solutions trouvées l'an dernier, citons-en quatre:

  • Une coopérative va voir le jour. Baptisée Coofifi, cette entité a décroché un droit de superficie pour une parcelle au sein du futur écoParc des Cherpines à Plan-les-Ouates. Initiée par Jean-Luc Barro et la FTI, copropriétaires de la parcelle, la coopérative devrait permettre de reloger un certain nombre d’entreprises actuellement présentes au 55, avenue de la Praille, notamment Genecand Traiteur. La menuiserie Barro & Cie prendra ses quartiers chez Coofifi, ce qui permettra de lancer la construction d’une centaine de logements au cœur de Carouge. Près des trois quarts des entreprises de cette coopérative sont actuellement au sein du PAV.

  • L’entreprise familiale de cosmétiques Mavala, voisine du bâtiment du 55, avenue de la Praille, va déménager dans un bâtiment proche de la coopérative Coofifi aux Cherpines-Sud, entre la route de Base et le chemin des Longues-Rasses.

  • Le vaste garage Autobritt (Land Rover, Jaguar, Volvo, etc.) va opérer une rocade en trois temps, avec l’aide de François Dieu, cofondateur de la société Créateurs Immobiliers. «L’idée est de laisser Land Rover en exploitation le temps de construire un hôtel industriel dont la galette [la surface au rez-de-chaussée, ndlr] accueillera les activités de cette PME», indique François Dieu. Dans un second temps, l’espace actuel du garage sera remplacé par une école. «La transition sera rendue possible par un déménagement provisoire grâce à un échange.»

  • La société Swissoja, une vingtaine de collaborateurs, devrait quitter le 43, route des Acacias (bâtiment ex-BAT) pour se rendre dans la zone industrielle de Meyrin-Satigny. Ayant l’ambition de s’agrandir encore, la PME est en train de peaufiner ses plans avant de déposer une demande pour la future construction.

«Il n’y a pas une seule solution miracle qui s’applique à toutes les entreprises. Coofifi a été l’exemple de ce à quoi l’on peut arriver quand la coopération entre entités fonctionne bien, avec du respect et de la confiance réciproques. Avec de la ténacité, on finit par y arriver», conclut François Dieu.