Loyers commerciaux

Le grand écart de 2022

Alors que les experts s'inquiétaient d'une baisse importante de la demande, la stabilité aura été de mise l'an dernier sur l'Arc lémanique. Accentuant par la même occasion les disparités entre centre/périphérie et Genève/Lausanne.

Loyers actuels en CHF par m²
Loyers actuels en CHF par m² - Barnes Commercial Realty
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Crises, pandémies et télétravail n’auront pas eu raison du marché de l’immobilier commercial l’an dernier. Prenant de court les prévisions des experts, la demande de m2 résisté selon le Barnes Market Outlook. Mieux encore: «nous entrons de plain-pied dans un nouveau cycle avec des entreprises qui ont confiance en l’avenir et ont la capacité de se projeter avec des baux de 5 ans, voire 10 ans», précise Robert Curzon-Price, directeur de Barnes Commercial Realty qui édite chaque année cette enquête indiquant le prix moyen des loyers commerciaux par quartier.

Des prix toujours plus inégaux

Une stabilité de la demande réjouissante qui creuse malgré tout quelques écarts, notamment entre certaines zones de Genève. Tandis que les baux se négociant dans l’hypercentre genevois remontent légèrement (par exemple dans la zone allant de la place du Port à Bel-Air jusqu’au quai des Bergues: 770 francs du m2 contre 720 l’an dernier, après être descendu à 650 francs en 2019), ceux du secteur de l’Aéroport de Genève (de moins en moins en adéquation avec les besoins des entreprises en termes énergétiques et d’espaces) se situent désormais entre 250 et 350 francs par m2 alors qu’ils étaient à 370 francs en 2021.

Certains quartiers quant à eux voient leurs prix stagner. Ainsi, il faut compter entre 330 et 460 francs par m2 pour une location commerciale à Cornavin ou entre 270 et 330 francs par m2 aux Charmilles, à l’image de 2022 et 2021. Du côté de l’hypercentre lausannois, le prix le plus élevé se situe à 380 francs du m2 dans le quartier de la gare. Un montant très éloigné du pic à 1000 francs du m2 constaté à Genève, que Robert Curzon- Price commente: «les seules sociétés qui peuvent louer à des prix aussi élevés sont celles qui ont fait des marges substantielles durant la crise sanitaire. On y trouve des sociétés dans le luxe et dans les commodities, notamment pétrolières et gazières.» Lausanne peut néanmoins s’appuyer sur la présence de l’EPFL et de l’Unil pour agir comme locomotive pour une demande forte provenant d’entre- prises/startups. C’est pourquoi ses prix restent de l’ordre de 300 francs par m2, donc identiques à ceux de 2022 et 2021.