Le taux de vacance des logements a nettement reculé
Toujours très attendue, l’étude Moniteur immobilier du Credit Suisse indique qu’en 2021, le taux de vacance des logements est passé de 1,72% à 1,54%. Gros plan.

Une première depuis 2009
Comme l’indique la dernière étude trimestrielle du Credit Suisse publiée le 28 septembre, le nombre de logements vacants dénombrés chaque année par l’Office fédéral de la statistique (OFS) a diminué pour la première fois depuis 2009. « Si la demande de logements n’a guère été affectée par la pandémie, la construction de logements a continué à ralentir. L’ampleur du recul du nombre de logements vacants (-7467) n’en reste pas moins surprenante. »
Les économistes de la banque expliquent ce recul à la fois par le repli de l’activité de construction et par les conséquences de la pandémie. Selon les chiffres de la Société Suisse des Entrepreneurs, ce phénomène s’est par exemple traduit en 2020 par une baisse de 16,3% du chiffre d’affaires de la construction de logements. Autre élément important : l’immigration nette à augmenté en 2020 (de 53’200 à 66’500, citoyens helvétiques compris), les départs de Suisse ayant diminué davantage que les arrivées.
Part importante du locatif
Une part importante de la baisse des logements vacants est attribuable au segment locatif : 5500 sur un total de près de 7500. Autre facteur déterminant : l’offre limitée de logements en propriété. Or, comme le rappelle la banque : « Le fait de devoir passer beaucoup plus de temps à domicile en raison de la pandémie a accru chez certains le désir de posséder leurs quatre murs. L’essor du home office permet d’habiter plus loin du lieu de travail : en élargissant son rayon de recherche, un ménage a davantage de chances de trouver un bien adapté et abordable. La hausse de la demande et la baisse de la production ont dopé les prix des logements en propriété (T2 2021 : +6,6% par rapport au T2 2020).
L’augmentation de la demande de logements plus grands est une autre conséquence de la pandémie. Ainsi, « de nombreux ménages en quête d’un logement devraient prévoir une pièce supplémentaire pour y installer un bureau. » L’étude révèle aussi que le nombre de logements vacants dans les grands centres a sensiblement augmenté (+17,3%). Lausanne est l’exemple le plus marquant avec une hausse de 50,5% ! Les analystes se demandent si le fait que pendant la pandémie, l’offre culturelle et de loisirs ait été quasiment stoppée, a joué aussi un rôle dans ce recul. Une chose est certaine, à l’échelle nationale, la périphérie a gagné en attrait par rapport aux centres-villes : au total, 14’200 personnes ont quitté les grands centres en 2020 (+77% en comparaison annuelle). Reste à savoir, si la pandémie aura un effet durable ou pas.
