Rénovation

Les écoles privées n’en finissent plus de grandir

Journaliste et auteur chez immobilier.ch
Published on 31/07/2026

Comme les collectivités publiques, les institutions privées basées dans le canton de Vaud font le pari de l’avenir en investissant des sommes importantes pour compléter leurs infrastructures.

Le campus de l’Ecole internationale de la Châtaigneraie, à Founex, est en cours de mutation avec l’arrivée d’un nouveau bâtiment
Le campus de l’Ecole internationale de la Châtaigneraie, à Founex, est en cours de mutation avec l’arrivée d’un nouveau bâtiment - Ecolint
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Il n’y a pas que pour construire du logement que les grues se dressent dans le district de Nyon : les écoles aussi bâtissent. Bien sûr, le secteur scolaire public n’en finit plus de devoir investir dans des rénovations, des agrandissements ou de nouvelles constructions pour répondre à la hausse démographique constante. C’est aussi le cas du secteur scolaire privé, qui partage cette nécessité de préparer l’avenir et répondre aux défis actuels.

A Rolle, le collège du Rosey vient d’inaugurer son nouveau bâtiment dédié aux savoirs et à la science, dénommé « Philo ». Ce second vaisseau dessiné par l’architecte Bernard Tschumi abrite des espaces modulables pour la science, donc, les technologies et l’entreprenariat. A Founex, c’est l’Ecole internationale de Genève (Ecolint) qui est en train de construire un nouveau bâtiment polyvalent, après avoir déjà, ces dernières années, passablement restructuré son patrimoine. Présente à Founex depuis 1974, l’école de la Chataigneraie accueille près de 1000 élèves du primaire et du secondaire quotidiennement, en proposant des cours bilingues anglais-français et une maturité fédérale ou un bac international. Et, depuis toujours à la « Chat’ », un effort conséquent est mis sur les activités artistiques.

Ce nouveau bâtiment permettra certes de grandir et d’accueillir davantage d’élèves, mais l’enjeu sera surtout de répondre à un manque de confort et de souplesse au quotidien. Une cafétéria permettra ainsi de mieux créer les liens entre les élèves eux-mêmes, du primaire et du secondaire, mais aussi des sections anglophone et francophone, quand bien même les deux langues sont enseignées à chaque élève dès son arrivée en primaire à l’âge de 3 ans. Une salle de sports et d’événements, avec gradins, et des espaces modulables pour l’enseignement où les révisions compléteront un projet qui devrait être mis en service à l’été 2027.

Aller de l’avant

« Ce projet a été imaginé il y a près de 10 ans, mais différents soucis, dont le Covid, l’ont retardé », explique  Soraya Sayed Hassen, directrice du campus et de l’école secondaire de la Chataigneraie. Qui ajoute : « Pour arriver à un projet idéal, nous avons pris soin de demander leurs attentes tant aux élèves qu’à leurs parents et au corps enseignant. » Et si une pétition de 140 signatures (sur un total de près de 40'000 personnes impliquées à l’Ecolint) a fait connaître son refus d’une telle nouvelle construction, arguant que les récentes coupes budgétaires décidées par le président américain Donald Trump au sein des organisations internationales, d’où proviennent 35% des parents d’élèves, ont eu pour effet une diminution conjoncturelle des effectifs, que la direction de l’école assure d’ailleurs avoir anticipée, le projet reste porté par la grande majorité des gens qui « font » la Chataigneraie. A l’Ecolint, on a donc foi en l’avenir. L’investissement consenti, de près de 40 millions, le prouve.

Alternative au public

La foi en l’avenir caractérise également l’état d’esprit de l’Ecole Moser. Installée au centre-ville de Nyon depuis 1986, l’institution a changé radicalement de vie en prenant la clé de champs et s’installant, en 2024, dans des locaux flambants neufs de Grens, petite commune située au nord de la jonction autoroutière de Nyon. Un premier bâtiment qui n’était donc que le préambule à l’arrivée d’un second, certes plus petit, prévu pour août 2026, qui permettra cependant de créer un véritable campus. Depuis ce déménagement, d’ailleurs, l’Ecole Moser propose un enclassement dès la première primaire. Mieux encore : le nouveau bâtiment permettra de doubler les classes de ce premier cycle, en passant de quatre à huit, pour un total d’environ 160 enfants. En tout, pour cette prochaine rentrée, les effectifs se monteront ainsi à 600 individus, contre 380 avant 2024. « Il est clair que nous sommes en avance sur nos prévisions », détaille Alain Moser, directeur. Nos tarifs, notre approche pédagogique plurilingue ainsi que, désormais, nos nouvelles infrastructures, attirent passablement de parents. »

Car si l’Ecolint de Founex et le Rosey de Rolle sont historiquement liées aux familles de travailleurs internationaux, l’Ecole Moser est davantage à mettre en concurrence avec l’école publique. Même si, les chiffres le disent, ces mêmes travailleurs internationaux, à qui les employeurs ne paient plus comme jadis tous les frais de scolarisation des enfants, composent désormais aussi les effectifs de l’Ecole Moser. De quoi parier sur l’avenir, en somme. « Les investissements consentis sont très importants, mais tout semble nous montrer que nous avons eu raison d’entamer ce virage historique », conclut Alain Moser. D’autres investissements ? Oui : le campus sera, d’ici une année, agrémenté d’un terrain de sports polyvalent extérieur et de mobiliers de street workout.

Des succès et des échecs

Toutes les écoles privées n’ont pas la même santé que le Rosey, l’Ecolint ou Moser. En 2019, à Etoy, fermait la GEMS World Academy, six années seulement après son ouverture. En 2024, c’est l’école Champittet, basée à Nyon depuis plus de vingt ans, qui cessait ses activités.