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Romandie

Les jeunes, parents pauvres de la politique du logement

Rédacteur en chef de immobilier.ch
Published on 18/08/2026

Rechercher un premier logement lorsqu’on est jeune s’apparente à un parcours semé d’obstacles. Que font les dix plus grosses municipalités de Suisse romande pour les aider? Tour d’horizon.

Quitter le cocon familial une fois un premier job décroché n’est pas chose aisée
Quitter le cocon familial une fois un premier job décroché n’est pas chose aisée - Freepik
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Avec le niveau élevé des loyers en Suisse, quitter le cocon familial une fois un premier job décroché n’est pas chose aisée. Les communes offrent-elles des aides ou des incitations aux jeunes pour franchir cette étape, qui plus est s’ils y ont grandi? Pour le savoir, nous avons sondé les villes de Genève, Lausanne, Neuchâtel, Fribourg, Vernier (GE), La Chaux-de-Fonds (NE), Sion, Lancy (GE), Yverdon-les-Bains (VD) et Meyrin (GE), soit les dix municipalités les plus peuplées de Suisse romande.

Un rapide tour d’horizon indique que ces dix villes romandes possèdent ou «contrôlent» environ 20'000 logements, majoritairement des appartements subventionnés. Cependant, en dehors de la ville de Genève, de Lausanne, Vernier, Lancy et Meyrin, les cinq autres semblent relativement peu «armées» pour mener une quelconque politique en matière de soutien aux jeunes travailleurs.

«La ville de Sion ne possède pas de parc locatif. En revanche, la Bourgeoisie de Sion est propriétaire d’un certain nombre d’immeubles locatifs. Actuellement, nous n’avons pas de politique du logement, mais une politique foncière. En décembre 2024, le Conseil général a approuvé un postulat «Politique du logement – encouragement aux loyers abordables», qui sera traité en décembre prochain. L’analyse des besoins de logement sera intégrée au programme de législature en cours d’élaboration», nous ont répondu les services compétents.

Pas de mesures particulières

«La ville de Fribourg possède un petit parc locatif (moins de 50 logements, toute typologie confondue) qui ne lui permet pas de mettre en pratique une politique d’aide spécifique pour la catégorie des jeunes travailleurs», relève-t-on à Fribourg.

Même genre de réponse du côté de Neuchâtel: «La ville de Neuchâtel dispose d’un parc locatif relativement petit. Actuellement, aucune mesure particulière n’est prévue pour favoriser plus précisément l’accès des jeunes travailleurs à ses appartements. La question d’un traitement préférentiel pour les jeunes adultes en début de carrière pourrait toutefois être reprise dans le cadre de mesures pour favoriser la domiciliation».

Pas loin de là, à Yverdon-les-Bains, le service Jeunesse et cohésion sociale nous répond ceci: «Deux dispositifs communaux existent en matière de logement: l’aide individuelle au logement (un soutien ponctuel destiné à couvrir une partie du loyer), laquelle est exclusivement réservée aux familles; les logements subventionnés. Gérés par la ville, ils permettent de bénéficier de loyers inférieurs au prix du marché. L’attribution dépend du revenu et de la durée de résidence sur le territoire communal.» Mais en résumé, là encore, il n’existe pas de mécanisme communal donnant une priorité spécifique aux jeunes pour accéder à un logement. Du côté de La Chaux-de-Fonds, impossible d’obtenir une réponse dans le délai imparti.

Pénurie = mécanisme en place

Finalement, ce sont dans les villes où le phénomène de la pénurie de logements est le plus marqué de façon durable que les autorités ont pris le taureau par les cornes. A Lausanne, la ville gère environ 701 logements à loyers libres, supervise 1277 logements à loyers abordables (LLA) et contrôle 8090 logements à loyers modérés (LLM). «Nous soutenons la création de logements à loyers abordables et de petits logements (2 à 3 pièces compacts), adaptés aux besoins des jeunes travailleuses et travailleurs. Nous favorisons également des projets de logements coopératifs ou intergénérationnels (comme aux Plaines-du-Loup)», nous explique-t-on.

Les villes genevoises de Vernier, Lancy et Meyrin agissent également mais par le biais de leur propre fondation. La Fondation des maisons communales de Vernier (FMCV) détient 385 logements. La Fondation communale immobilière de Lancy (FCIL) gère 687 logements qui s’ajoutent aux 764 en régime libre que possède la ville de Lancy. Quant à Meyrin, la Fondation Nouveau Meyrin (FNM) détient 710 logements allant du 2 pièces au 6 pièces (en loyers libres et subventionnés).

Avoir un lien avec la commune

Ces trois villes, ainsi que Lausanne, favorisent les personnes ayant un lien avec la commune. A savoir: y habiter déjà, y travailler ou encore vouloir se rapprocher d’un proche direct (parents/enfants). La FMCV est particulièrement sensible au fait de favoriser ses ressortissants. «Le lien avec notre ville comprend plusieurs éléments qui donnent un certain nombre de points. Ainsi, un candidat travaillant à Vernier et habitant Vernier obtient le maximum de points. Il est également tenu compte du lieu d’origine verniolan ou d’autres attaches avec Vernier (par exemple y avoir grandi ou y avoir déjà vécu de nombreuses années).»

Du côté de la ville de Genève, les deux semaines données n’ont pas suffi pour obtenir des réponses. A Lausanne, il faut résider dans la commune depuis au moins deux ans (ou une durée de séjour de trois ans au cours des cinq dernières années). Cela étant, on nous précise que le critère de l’âge n’est généralement pas déterminant. Ces instances semblent plutôt sensibles aux jeunes ménages et aux personnes aux revenus modestes.

L’administratrice de la FNM nous rend attentifs à l’existence d’une liste d’attente de près de 500 personnes «avec une vacance d’environ 15 logements par année». A Lancy, ce sont environ 900 demandes qui sont en attente. Autant dire que l’attente est longue, pas de quoi pouvoir rester dans sa ville.