Évènement

Les priorités de la construction

Lors de son rendez-vous annuel, la Fédération genevoise des métiers du bâtiment (FMB) a rappelé les axes principaux sur lesquels elle espère que la nouvelle législature se penchera d'ici 2028.

La FMB coordonne les actions des associations patronales de la construction sur les plans économique et social
La FMB coordonne les actions des associations patronales de la construction sur les plans économique et social - FMB
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Au menu de ce jeudi 29 juin, tartare de saumon et bœuf confit étaient de mise à l’occasion de l’assemblée générale de la Fédération genevoise des métiers du bâtiment (FMB), tout comme le franc-parler de Pierre-Alain L’Hôte, son président. En présence des autorités cantonales, pas moins de dix priorités d’actions ont été déroulées concernant l’industrie de la construction. «La législature qui se termine restera dans les annales, du fait de la pandémie, de l’arrêt des chantiers etc. Désormais, dans un contexte plus que jamais incertain, chahuté, inédit, nous attendons ce nouveau Conseil d’État au tournant», s’est exprimé Pierre-Alain L’Hôte devant une foule de professionnels du secteur.

Repenser aménagement et mobilité

Parmi les requêtes citées, la politique d’aménagement du territoire a été pointée du doigt. «Celle-ci doit rester au rang réellement cantonal, voire régional, plutôt qu’à l’échelon communal. De même qu’il est fondamental d’obtenir de la Confédération une révision des règles idoines afin de pouvoir compter sur davantage de terrains constructibles. Il s’agit également de promouvoir la démolition-reconstruction, en acceptant que l’on ne puisse pas tout sanctifier. La protection du patrimoine doit se concentrer seulement sur certains objets, lorsque cela se justifie», indique le président. En ce qui concerne l’Accord intercantonal sur les marchés publics (AIMP) révisé, il a été demandé expressément d’y adhérer de toute urgence, «pas dans six mois, pas dans deux ans mais immédiatement». S’agissant de la mobilité, le besoin d’intervention a lui aussi été souligné avec vigueur puisque, pour citer Pierre-Alain L’Hôte: «L’absence de dialogue patente depuis plusieurs années doit cesser. Les mobilités professionnelles et piétonnes, parents pauvres de cette politique publique, doivent retrouver leur juste place.»

L’énergie comme principal défi

Autre sujet à préoccupation, la transition énergétique. La FMB souhaiterait que les demandes et besoins des entreprises du bâtiment, notamment en termes de conditions-cadres, soient entendues. Dans le prolongement de ceci, la question des matériaux de construction s’avère donc centrale et à étudier. «Il y a une tendance à opposer bois contre béton ou métal alors qu’il s’agirait plutôt d’adopter le bon matériau au bon endroit, en prenant en considération toutes les caractéristiques et contraintes du projet à réaliser», insiste Pierre-Alain L’Hôte. Les efforts de lutte contre le travail au noir et la concurrence déloyale, tout comme ceux engagés pour des conditions d’exécution plus équilibrées, ont été salués et sont à poursuivre selon la fédération. «Les délais de paiements à plus de deux mois, les garanties exorbitantes, la remise en cause systématique des dispositions contractuelles, la pression délirante sur les prix et les délais d’exécution ne sont plus admissibles», a alors appuyé le président en citant l’exemple de la récente faillite D’Orlando. Pour finir, ce sont les thématiques clés de l’emploi/formation qui ont été rappelées et qui inquiètent quotidiennement la profession, avide d’un réel dialogue social. Au cœur des préoccupations: l’évolution des métiers, le renouvellement des effectifs, les spécialisations nécessaires pour répondre aux défis environnementaux... Un vif appel du pied entendu par les principaux intéressés présents, dont Antonio Hodgers, Conseiller d’État en charge du territoire. Rendez-vous en 2028 pour constater ou non ses effets.