Energie et demeures historiques

«Les vieilles demeures ont une certaine résilience»

Le patrimoine protégé représente 28% du bâti à Genève. Un pourcentage qui résume bien la difficulté à concilier préservation du patrimoine et économies d’énergies. Une brochure a été publiée à ce sujet.

Le domaine de La Gara, à Jussy, où la table-ronde a été organisée.
Le domaine de La Gara, à Jussy, où la table-ronde a été organisée. - DR
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Dans le cadre de l’assemblée générale de la section genevoise de Domus Antiqua Helvetica, qui s'est tenue le mardi 13 septembre au domaine de La Gara à Jussy, une table-ronde a été organisée par Rémy Best, président sortant de cette section. Le thème: «Energie et demeures historiques». En effet, très dynamique, cette section vient de publier son cahier n°5 sur cette thématique (70 pages richement illustrées consultables sur www.domusgeneve.ch).

Favoriser des mesures sobres

Babina Chaillot-Calame, conservatrice cantonale des bâtiments à Genève, et Emile Spierer, attaché de direction auprès de l’Office cantonal de l’énergie (OCEN), sont parvenus à tenir à peu près le même discours devant un riche parterre d’environ 140 membres réunis dans la grange du domaine. «Comment produire la chaleur dans ces demeures? Nous sommes extrêmement sensibilisés à cette question. Nous avons chaque mois une séance entre nos deux offices pour tenter de trouver des terrains d’entente», a-t-elle indiqué. En poursuivant que son service est assez inquiet «avec cet engouement pour les nouvelles technologies. A nos yeux, il convient de s’assurer de la réversibilité de toute intervention afin de protéger le patrimoine et donc de favoriser des mesures sobres. Les vieilles demeures ont une certaine résilience. Nous avons tout intérêt à faire perdurer ce patrimoine.»

Son collègue de l’OCEN s’est voulu le plus consensuel également: «Le bon sens est absolument nécessaire. Les techniques sont des outils pour apprivoiser les ressources de l’environnement. Il faut se poser la question de la prestation que l’on veut recevoir. Nous mettons tout nos efforts sur le patrimoine non protégé (72% du parc bâti) et un peu d’efforts sur le patrimoine protégé.»

Lorsque Rémy Best, organisateur de la table-ronde et propriétaire du domaine, leur demande s’il y a néanmoins des interventions non négociables. Emile Spierer use de l’humour. «Ici en Suisse romande, nous chauffons à 21 degrés. Dans certaines républiques de l’ex-URSS, le confort avait été fixé à 12 degrés.» Babina Chaillot-Calame insiste sur la nécessité pour les propriétaires de biens d’une valeur patrimoniale élevée de s’adresser à un expert reconnu afin d’obtenir une réelle vision d’ensemble.

Le canton de Genève abrite environ 7000 bâtiments classés et/ou à l’inventaire, auquel il convient d’ajouter 17’000 immeubles situés en zone protégée. «Nous faisons une vraie différence entre ces deux catégories.» Et Emile Spierer de regretter que les réseaux de chauffage à distance déployés par les Services industriels de Genève (SIG) n’atteignent pas encore les quartiers protégés.

Domus Antiqua Helvetica

Lors de son assemblée tenue en présence du président de l’Association suisse des propriétaires de demeures historiques, Lukas Alioth, la section genevoise de Domus Antiqua Helvetica a chaleureusement remercié son président sortant. Rémy Best a souhaité quitter sa charge après treize années d’engagement intense. C’est sous son impulsion que cinq cahiers richement documentés ont été publiés. Parmi les autres départs, relevons ceux de Costin van Berchem, Jean Keller et Marie-Christine Streuli. Ariane Haeni a été élue par acclamation, tout comme Cosima Trabichet-Castan qui reprend la présidence.