Construction

Quartiers: penser la nature en ville

Journaliste et rédactrice en chef adjointe chez immobilier.ch
Published on 25/09/2023

Les ensembles d'habitations sortant de terre pullulent actuellement à Genève, mais sont l'objet d'une nouvelle réflexion faisant la part belle aux aménagements extérieurs.

Exemple des Sciers à Plan-les-Ouates, un ensemble de 17 immeubles bordé de verdure
Exemple des Sciers à Plan-les-Ouates, un ensemble de 17 immeubles bordé de verdure - Andrey Art
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Qu’il soit question du quartier de l’Etang à Vernier et ses 300 arbres plantés ou que l’on s’arrête deux minutes sur la promotion du Parc des Crêts à Troinex, où quelque mille personnes seront logées d’ici fin 2024 (sur une parcelle de 87'000 m2) au cœur d’un écrin de verdure, la construction des ensembles d’habitations verdit à Genève.

Pour être plus précis, elle s’offre un retour inattendu à la nature dans un contexte pourtant tendu de pénurie de logements et de mitage du territoire qui en découle. C’est donc tout naturellement que la 2e édition des Rencontres de l’APCG (Association des Promoteurs Constructeurs genevois), le 21 septembre dernier, a réuni des dizaines de professionnels de l’immobilier autour de ce sujet.

Petit détour par le quartier des Sciers...

Ce soir-là, le conseiller d’État genevois en charge du territoire, Antonio Hodgers, n’a pas tari d’éloges sur les convives: «Un vent nouveau souffle dans votre profession depuis plusieurs années, où vous regardez plus loin que vos m2 et vos plans d’architectes. Nous avons tous mûri pour faire en sorte que l’acte de construire ne soit plus seulement un acte technique ou administratif mais plutôt une mutation, un embellissement de notre territoire, notamment du point de vue paysager.»

Preuve en est avec les Sciers à Plan-les-Ouates, lieu du rendez-vous et quartier bientôt abouti dont les prémices remontent à 2001. Situé sur les hauteurs de Bachet-de-Pesay, ce lot de 17 immeubles (environ 700 logements) sur une surface de plancher de 74’000 m2, se présente comme un vaste parc public au sein duquel s’implantent discrètement les tours de 3,5 à 7 étages.

Comme souvent à présent, une école, des crèches, un parking en sous-sol et des places de jeux officient dans la zone. Mais la particularité de ce quartier réside surtout dans la richesse de ses espaces verts. Des efforts en faveur de la biodiversité ont été déployés, on y trouve alors un bassin de rétention des eaux pluviales, une coulée verte, une lisière forestière et une multitude d’essences indigènes. Un résultat probant où la cohabitation avec les immeubles déjà construits se veut une réussite. La dernière étape du projet est cependant encore en cours avec la livraison prévue en 2024 de logements destinés à une coopérative.

...avant de revenir sur les pas de Michel Desvigne

L’événement s’est poursuivi avec l’intervention de l’expert des forêts urbaines, la star française du paysagisme: Michel Desvigne. A la tête de son agence parisienne éponyme depuis plus de trente ans, cet amateur des jardins sur dalle a déjà mené plus de 380 projets, de Monaco à Dubaï, en passant par la Suisse. Son obsession n’est autre que de transformer le visage des villes pour y implanter de la nature.

Il a notamment mis en pratique sa vision à Genève, sur le plateau de Frontenex réalisé entre 2017 et 2022 pour le compte de la SPG (Société Privée de Gérance). Permettant ainsi à un ensemble locatif de 156 familles, de voir les deux barres d’immeubles édifiées s’accompagner de sentiers pédestres naturels et d’une mini-pépinière composée d'une centaine de bouleaux et de charmes.

Une démonstration de plus que, malgré son image de ville bétonnée et dense au possible, Genève se métamorphose pour (re)devenir une sorte de prairie urbaine, alliant intelligemment construction et végétation. CQFD.