Gruyère

Trois ans pour obtenir un permis

Published on 15/07/2026

Massonnens, Le Châtelard et les Grangettes auront leur nouvelle école, après trois ans de procédure. Retour sur un projet que certains ont jugé trop peu coûteux. Explications.

La future école accueillera les enfants dès la rentrée 2028
La future école accueillera les enfants dès la rentrée 2028 - Rmoved
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« Construire une école à moins de 10 millions, c’est possible, assure Ralph Howald, fondateur de Rmoved, bureau d’architecte et de direction de travaux en charge de la construction du bâtiment de Massonnens qui accueillera une centaine d’enfants en 2028. L’Association scolaire intercommunale Le Châtelard-Grangettes-Massonnens (ASCGM) porte le dossier depuis le début, soutenu par les syndics et la population.

« Le projet présenté en 2022 était de 7,5 millions de francs, trop peu pour ceux qui auraient préféré que cela passe par un concours d’architecture. Après trois ans de blocages et quelques modifications principalement esthétiques, les coûts grimpent à 8,5 millions. L’esthétisme valait-il un million supplémentaire ? » interroge Ralph Howald. Le surcoût s’explique par le décrochement de la partie centrale pour alléger visuellement l’ensemble, des fenêtres plus étroites, un abri PC et l’ajout de sanitaires.

Préavis négatif

Le CEO de Rmoved ne cache son incompréhension face à l’attitude de la Commission consultative des constructions scolaires qui a donné et maintenu un préavis négatif du début à la fin. « La leçon que je retiens de ces trois ans de procédure, c’est de garder sa ligne directrice et de fournir toutes les réponses qu’on nous demande. Il faut aussi se fier aux normes et pas aux interprétations de certains services », poursuit-il. La préfecture de La Glâne a tranché et délivré le permis de construire en avril dernier.

Appelé l’Etchebest de la construction, Ralph Howald tient ce surnom de sa ressemblance physique avec la star, mais surtout de son caractère tenace. Il ne lâche rien et se targue d’obtenir 100% des permis de ses projets, soit une quarantaine par an. Celui de l’école de Massonnens a été l’un des plus longs.

Sur invitation

Il faut dire que dès le début, le futur édifice a suscité des tensions. En cause, le mode d’attribution du projet, sur invitation et non sur concours d’architecte. L’ASCGM avait invité trois bureaux à soumettre une proposition. Parmi celles-ci, une construction en containers avait été écartée et une autre n’avait pas convaincu, car infinançable. Restait en lice celle de Rmoved avec trois cubes, comme trois communes et le fameux budget bas qui a fait tiquer.  

« Les concours d’architecture ont le défaut de proposer des solutions artistiques, mais souvent très chères et pas toujours pragmatiques », estime le Neuchâtelois qui a l’expérience de chantiers comme la Patinoire de Gottéron, le centre TPF de Givisiez ou encore le quartier de la Fonderie à Fribourg.

Rmoved a imaginé la nouvelle école avec un comité de travail incluant la directrice et des usagés. Une approche terre à terre qu’il revendique. « Le cahier des charges a été pensé et modifié avec eux. Il faut impliquer les gens qui vont vivre dans le bâtiment. Je ne suis pas architecte, mais j’ai une équipe complète dont Salomé Jacquot, une brillante architecte qui a suivi tout le projet. C’est une femme et elle n’est pas de la région. Il semble que ce soit encore un problème aujourd’hui autour de la table des négociations », observe-t-il.

Une école ouverte

Le souhait est désormais d’aller de l’avant, au-delà des egos. Les soumissions se feront durant l’été. L’ancien bâtiment sera détruit. Les travaux commenceront en novembre, pour une livraison au printemps 2028 et une rentrée des classes en août 2028.

A quoi ressemblera cette future école prévue sur une parcelle de 2809 m2 ? Il s’agit de trois cubes côte à côte. Le premier à l’ouest accueillera l’entrée principale avec un préau couvert, l’accueil, la salle des maîtres, de direction, notamment. Le bâtiment central est réservé à l’ascenseur, les WC, les locaux techniques incluant la pompe à chaleur géothermique. On y trouvera également un local de préparation qui fera office de cuisine et des gradins donnant sur la salle de gymnastique prévue dans le troisième cube. La salle de sport, tout en hauteur, servira aussi aux manifestations.

Aux étages, on retrouvera les salles de classe, à savoir deux enfantines et six primaires, ainsi qu’une salle d’activités créatives. S’ajoute à cela, un espace d’appui et un économat pouvant être transformé en salle de classe.

Afin de limiter les coûts, tout n’a pas été excavé. Cette construction Minergie se veut simple et pragmatique. « La dalle et les piliers principaux seront en béton, les façades et châssis intérieurs en bois. De l’extérieur, elle aura l’aspect d’immeubles en bardage bois avec une partie centrale en crépis. Le toit plat et végétalisé sera couvert de panneaux PV.

Cerise sur le gâteau : la création d’une zone pour l’école à ciel ouvert. «La demande vient des enseignants, précise Ralph Howald. L’extérieur se veut cocooning avec des assises, des murets, de la végétalisation, des copeaux de bois, des jeux et un parking avec des pavés engazonnés vers l’église.» A noter que les accès piétonniers depuis l’arrêt de bus seront aménagés ces prochains mois.