Carrières du Salève

Un acteur insoupçonné

A l'occasion de sa traditionnelle journée portes ouvertes, le site industriel qui alimente le Grand Genève a rappelé au public le rôle, méconnu, qu'il joue au quotidien.

Les carrières vues du Salève. Quelque 100'000 tonnes de déchets de construction de Genève y sont recyclées chaque année.
Les carrières vues du Salève. Quelque 100'000 tonnes de déchets de construction de Genève y sont recyclées chaque année. - DR
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Nombreux sont les randonneurs à flanc de montagne qui arpentent chaque week-end le Salève, ce balcon culminant à 1379 mètres d’altitude que Genevois comme Français se disputent depuis toujours. De son sommet, on y aperçoit au loin le Jet d’eau, les tours du Lignon ou encore la région annemassienne, tandis que, nichés aux pieds de la falaise, se fondent dans un décor entièrement minéral les Carrières du Salève et leurs 57 hectares. Habituellement fermé au public mais suscitant la curiosité, ce site industriel organisait mi-juin sa traditionnelle journée portes ouvertes (après deux ans d’absence) et en a profité pour rappeler le rôle grandissant qu’il joue, notamment sur le marché de la construction.

Des carrières historiques

C’est donc par 35 degrés ambiants que les visiteurs déterminés ont bravé la chaleur afin de découvrir l’étendue de terre, les métiers qui s’y organisent et les processus de production de matériaux qui servent à bâtir nos routes, nos immeubles ou encore nos divers aménagements. L’occasion également de revenir sur l’histoire de cette société méconnue, codétenue par les entreprises familiales Chavaz ainsi que Descombes père & fils, qui découlent respectivement de sept et quatre générations. Les Carrières du Salève sont nées de cette union en 1998. Le site date de 1830. Exploité par les paysans de l’époque lors des périodes d’activité creuses, il sert pendant longtemps de point de repère pour le village du Pas de l’Echelle, près d’Annemasse, qui construira ses contours autour de ces carrières.

Au fil du temps, l’exploitation évolue, notamment au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, avec les conséquences économiques que l’on connaît mais ne cessera jamais de se développer. A présent connue sous le nom des Carrières du Salève, elle prend en charge les déchets de déconstruction, évacue les terres de terrassement et produit des matériaux recyclés qu’elle livre dans la région du Grand Genève.

Une utilité approuvée

Un exutoire non négligeable pour Genève, ses promotions immobilières et son aménagement du territoire. «Alors que 25% de nos matériaux alimentent le bassin genevois, à l’inverse, 80% de ce que l’on reçoit provient de Genève, soit l’équivalent de 100’000 tonnes par an de déchets», précise François Garcin, directeur développement et environnement chez Chavaz. Des déchets ensuite réutilisés pour le remblaiement de la carrière ou pour le recyclage des matériaux. «Contrairement aux a priori que l’on peut avoir, une carrière comme la nôtre participe elle aussi activement à la durabilité et favorise l’économie circulaire», ajoute le responsable. Faisant face à des opposants écologiques et une poignée d’habitants gênés par l’impact paysager engendré par la filière, les Carrières du Salève gardent malgré tout le cap. «Nous recyclons depuis une décennie nos matériaux afin de proposer par exemple du béton recyclé pour de nouvelles constructions. Aussi, nous renaturons la zone peu à peu avec un objectif de remise en état total des carrières d’ici à 2033 et puis nous rappelons souvent qu’il vaut mieux s’approvisionner dans une carrière locale que d’aller chercher la matière première à l’autre bout du pays», conclut François Garcin. Les Suisses consommant en moyenne 23 kilos de béton par jour et par personne, les Carrières du Salève s’avèrent donc un allié de taille pour Genève qui poursuit sa mue et tend vers une construction de plus en plus «verte».