Propriété privée

Un avenir encore à construire

Lors de sa 103e assemblée générale, la Chambre genevoise immobilière a dépeint un tableau positif de l'année 2022 mais rappelle que de nombreux défis sont encore à surmonter.

De gauche à droite, Cyril Aellen, Nicolas Grange, Bertrand Piccard, Stéphane Penet et Christophe Aumeunier
De gauche à droite, Cyril Aellen, Nicolas Grange, Bertrand Piccard, Stéphane Penet et Christophe Aumeunier - Nicolas Dupraz
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Particulièrement riche en événements, l’année qui vient de s’écouler aura été bénéfique pour la propriété privée. Le résultat des élections cantonales ou bien encore le refus d’un projet de loi garantissant un cheminement le long des rives du lac figurent parmi les avancées citées par Nicolas Grange, président de la Chambre genevoise immobilière (CGI), lors de la 103e assemblée générale, le 16 mai dernier. En présence des autorités du canton et d’un auditoire, installés dans un Théâtre de l’Espérance plein à craquer, les comptes équilibrés de la CGI ont également pu être soulignés.

Des votations sous tension

La 103e assemblée générale de la CGI a eu lieu le 16 mai dernier au Théâtre de l'Espérance à Genèvediaporama
La 103e assemblée générale de la CGI a eu lieu le 16 mai dernier au Théâtre de l'Espérance à Genève

Mais malgré ces bons résultats, quelques défis à venir ont été pointés du doigt en ce qui concerne la propriété privée. Notamment politiques. Christophe Aumeunier, secrétaire général de la CGI, a rappelé «les enjeux inédits» du 18 juin prochain pour Genève et a appelé à voter non à l’initiative 185 d’augmentation de l’impôt sur la fortune ainsi qu’à l’initiative 181 dite de «1000 emplois». Ceci avant de s’attarder sur un objet de votation crucial: la loi sur les estimations fiscales de certains immeubles (LEFI), auquel la CGI apporte son soutien. Ce texte, qui ne concerne non pas les immeubles de rendements ou loués mais plutôt les logements occupés par leur propriétaire, propose en effet de régler la question des valeurs fiscales de ces biens en étant le fruit d’un compromis.

Si d’un côté deux hausses ont été invoquées, l’une de 12% pour la valeur fiscale du logement des anciens propriétaires (pour réduire l’écart de valeur trop important entre anciens et nouveaux acquéreurs de biens), l’autre de 2%, cible le taux d’imposition sur les plus-values en cas de revente du logement après 25 ans (pour se conformer au droit fédéral car le taux actuel est de 0%). Deux abaissements fiscaux ont également été stipulés dans la loi LEFI. «Afin d’éviter des difficultés financières chez certains propriétaires, notamment des retraités, l’impôt immobilier complémentaire serait divisé par 5 et une diminution de 15% du taux d’impôt sur la fortune donnerait un peu d’air aux bénéficiaires. D’autant que l’État a réalisé un excédent comptable non négligeable en 2022...», a commenté Christophe Aumeunier.

S’aventurer dans la durabilité

Autre contrainte à intégrer inévitablement ces prochaines années: la durabilité. Pour aborder ce sujet, Bertrand Piccard est venu s’exprimer sur la transition énergétique du parc immobilier suisse. L’explorateur n’a pas mâché ses mots: «Il y a beaucoup de crises actuellement et on voit que les gens préfèrent souffrir dans les problèmes qu’ils connaissent que de prendre le risque d’aller tenter l’inconnu. Le plus grand défi de nos jours, c’est finalement d’être pionnier.» Rappelant qu’il y a encore peu de temps, les pompes à chaleur étaient l’apanage des maisons individuelles, en dehors des villes, Bertrand Piccard a donc incité à se tourner vers le réemploi des matériaux, la domotique, la biomasse et tout ce qui peut finalement aider à avancer sur la voie d’un immobilier plus durable.