Vers une identité urbaine de qualité
Fin septembre, la Quinzaine de l’urbanisme a été l’occasion de revenir sur les concepts de ville accessible dans un périmètre de quinze minutes et d’agréables espaces publics.

De Milan à Mexico, en passant par Paris, les villes sont aujourd’hui nombreuses à se pencher sur la question de leur aménagement et à adopter le concept devenu planétaire de ville du quart d’heure. Ce dernier, développé par le chercheur franco-colombien Carlos Moreno, a été présenté en détail par son auteur lors de la Quinzaine de l’urbanisme, fin septembre, au Pavillon Sicli de Genève.
Forger une proximité heureuse
«Mes travaux sur le changement climatique dans les villes ont commencé il y a quinze ans. Mais, à l’avant-garde, ils étaient malheureusement passés sous les radars, témoigne Carlos Moreno. Je pensais à l’époque que les villes étaient au cœur des émissions de CO2 et que l’on avait besoin de réflexions plus approfondies sur leur organisation, d’une vision novatrice de l’urbain de demain.» C’est donc à contre-courant que l’expert a cherché des solutions permettant d’atteindre une qualité de vie, peu importe son lieu d’habitation, tout en relevant le triple défi écologique, économique et social de la ville.

Peu à peu, au fil de son travail, une vision polycentrique, multi-servicielle, de voisinage à construire de part et d’autre de la ville, s’est dessinée. La ville du quart d’heure ou de la «proximité heureuse», naît alors autour de six fonctions essentielles: habiter (dignement), travailler (lutter contre la pendularité), s’approvisionner (commerces), se soigner, s’éduquer et s’épanouir (dans des espaces publics de qualité) étant accessibles dans un périmètre de quinze minutes pour tout un chacun. «Ce qui était pris pour une utopie de chercheur il y a une décennie est à présent expérimenté et dupliqué dans le monde entier. Ce sont les mouvements de sensibilisation climatique et la pandémie, lorsque les villes ont été mises sous cloche, que l’on a redécouvert le boulanger, le parc, l’épicier du coin ou tout simplement ses voisins, qui ont donné un élan important à mon modèle», souligne le professeur.
Genève veut montrer l’exemple
Un regain d’intérêt pour l’espace public qui a également touché le canton de Genève ces dernières années. En pleine refonte, les quartiers voient tour à tour des «parcs habités», des «morceaux de ville dans la ville» ou encore des «promenades publiques» investir leurs rues. Tant et si bien que l’Office de l’urbanisme (OU) cantonal a décidé de fournir une sorte de guide pratique fin septembre pour aider les acteurs opérationnels à appréhender cette nouvelle notion d’espace public. «Nous avons souhaité donner des outils, être un centre de ressources et d’expertise pour les communes notamment», précise Sylvain Ferretti, directeur général de l’OU de Genève. Ce document finalisé est à retrouver en ligne sur espacepublic.ge.ch.
Six principes pour concevoir un espace public de qualité
- Conforter le vivre ensemble
- Consolider la ville-paysage
- Développer la multimodalité
- Répondre aux enjeux environnementaux
- Des aménagements tout en sobriété
- Le rôle rassembleur d’une maîtrise d’ouvrage
