A découvrir : le Kokedama, petite œuvre d’art végétale

25 août 2020 - Représentant à lui seul un petit jardin suspendu, le Kokedama nous vient du Japon, où cette forme d’art floral puise ses sources dans des techniques ancestrales dédiées aux végétaux. Il se fonde autant sur l’harmonie de la composition, la beauté des lignes, l’accessibilité de la technique et la simplicité de l’entretien. A chacun de s’approprier cet art…

A découvrir : le Kokedama, petite œuvre d’art végétale

Comme le bonsaï, l’Ikebana, et le nearai(*), le Kokedama, qui est apparu au Japon il y a une vingtaine d’années, est en passe de conquérir l’Europe. Il s’y impose comme une discipline de l’art floral, située à la croisée de plusieurs courants artistiques. Le Kokedama se fonde autant sur l’harmonie de la composition, la beauté des lignes, l’accessibilité de la technique et la simplicité de l’entretien.

Contrairement à l’Ikebana, dont la signification est en quelque sorte de « redonner vie aux fleurs », ce qui est plus proche de la philosophie que de l’art, la beauté ne s’atteignant que grâce à beaucoup de rigueur et de patience, le Kokedama, en laissant libre cours à l’imagination, permet à chacun de s’approprier cet art.

Une sphère qui symbolise la terre

Tout commence avec les contenants. Ou plutôt avec l’absence de contenants. Qu’ils soient en terre cuite, en verre, porcelaine ou plastique, ils sont éliminés du paysage. Les plantes poussent dans un espace entouré de mousse végétale - en japonais « koke » - en forme de boule - «dama» en japonais. Le choix de la forme, à savoir la boule, ne doit rien au hasard. Elle représente la terre.

Littéralement, Kokedama signifie donc boule de mousse que l’on peut soit poser sur une coupelle en ardoise, en bois ou en grès, soit suspendre, à l’intérieur comme à l’extérieur, en fonction des plantes utilisées.

Quel substrat ?

Vient ensuite la composition du substrat. Traditionnellement, c’est l’utilisation d’un mélange d’argile granuleuse brun rouge (akadama) et d’argile noire (keto) qui est conseillée. En principe on peut trouver l’un et l’autre sur Internet ou dans les boutiques spécialisées dans l’entretien des bonsaïs. Dans le cas contraire, on peut également utiliser un mélange de sphaigne, de terreau et d’argile que l’on entoure autour des racines de la plante que l’on aura préalablement pris soin de mettre à nu. On modèle une sphère compacte que l’on recouvre ensuite de mousse (en jardinerie plutôt que dans les bois), fixée à l’aide de fils de coton ou d’aluminium. Pour terminer, la boule de mousse est immergée pendant une dizaine de minutes dans une eau à température ambiante.

Quelles plantes ?

Pratiquement toutes les plantes peuvent être utilisées en Kokedama. Pour autant, il est conseillé, si l’on débute, de choisir des plantes pas trop exigeantes, résistantes, ne nécessitant pas d’arrosages fréquents et de petite taille, comme les fougères, le lierre, l’asparagus, certaines plantes exotiques. En termes de soins, les plantes ont les mêmes besoins physiologiques que celles cultivées en pots. Lumière, hygrométrie, température, ombre, mi-ombre ou soleil doivent être adaptés à l’espèce. En revanche, il faut impérativement surveiller la mousse pour la maintenir humide, en la pulvérisant régulièrement.

Kokodama Collection

Les amateurs, qui n’ont pas suffisamment de patience ou qui n’ont pas la main verte, trouveront chez les fleuristes et dans les jardineries des Kokodama®. Il s’agit d’une sphère fabriquée artisanalement au Sri Lanka à partir de fibres de noix de coco naturelles et dont le support est également noué à la main. Ils sont disponibles sous forme de collections : Jungle, Desert, Flower et Orchid et en deux versions, Kokodama® string, à suspendre, et Kokodama® authentic, à poser.

Cent pour cent équitable, le Kokodama® est à l’origine d’une Fondation qui a pour vocation de soutenir l’économie locale srilankaise et à permettre la scolarisation des enfants. Une partie des bénéfices des ventes leur est destinée, afin de leur donner une chance de construire leur avenir.

par Denise Filippi

(*) Le nearai est une technique qui consiste à sortir un bonsaï dont les racines occupent l’ensemble du pot, à les nettoyer et à le poser à l’air libre.

Article paru dans le Magazine immobilier.ch de mars 2020