A Nyon: dix-sept candidats pour une ville en pleine croissance

22 février 2021 - Qui gérera la ville de Nyon ces cinq prochaines années? Comme ailleurs dans le canton de Vaud, le pouvoir est à repourvoir. Et avec lui la responsabilité d’encadrer le développement d’une ville en plein essor. Essor économique, d’abord, avec plus de 16 000 emplois (sur 22 000 habitants) et un tissu entrepreneurial à chouchouter, notamment par la mise à disposition de terrain pour les entreprises qui veulent s’agrandir. Oui, à Nyon le terrain encore disponible est rare, voilà pourquoi la Ville tente de racheter, à chaque occasion possible, des surfaces pour permettre ensuite de résoudre bien des problèmes de croissance.

A Nyon: dix-sept candidats pour une ville en pleine croissance

Essor démographique, aussi. En 70 ans, l’ancienne cité romaine est passée de 6000 à 22 000 habitants, grâce à la construction de quartiers jusqu’au nord de la Cité, où se trouve depuis 1964 la jonction autoroutière. Mais cette croissance, si elle génère des rentrées fiscales, induit également des dépenses importantes: outre les infrastructures collectives de mobilité, il a fallu à Nyon investir plus de 100 millions de francs ces cinq dernières années pour construire et rénover les écoles.

Développement harmonieux

Essor, également, du coût des loyers. A Nyon, comme dans toute sa région, cet heureux développement qui voit s’installer de nombreux cadres d’entreprise (le revenu moyen des habitants est l’un des plus élevé du canton) a aussi le défaut de provoquer une raréfaction des profils sociologiques, et particulièrement des classes moins aisées. Alors, pour conserver sa capacité d’accueillir tout le monde, la Ville de Nyon a ratifié un «Objectif logement», confirmant son désir de proposer, dans chaque nouvelle construction, publique ou privée, un minimum de 25% d’appartements à des loyers en dessous de ceux du marché libre. Enfin, Nyon devra veiller à ne pas laisser mourir son commerce de proximité, mis à mal par des loyers élevés, la concurrence des centres commerciaux, la vente en ligne et, récemment, les mesures sanitaires découlant de la Covid. Un grand projet de refonte du centre-ville, avec déménagement de certains services administratifs actuellement logés aux rez-de-chaussée de bâtiment communaux, est sur les rails et pourrait aboutir, au moins en partie, lors des cinq prochaines années.

Quelle majorité?

Depuis 2008, la ville de Nyon est dirigée par le syndic Daniel Rossellat, lui-même entrepreneur et cofondateur de Paléo festival. Un syndic écologiste qui se présente pour la quatrième fois (une élection complémentaire et trois élections générales) et qui devrait, à moins d’un séisme, se voir confier par le peuple un nouveau mandat de cinq ans. Durant la dernières législature, Daniel Rossellat a gouverné avec une majorité de droite, tant au Conseil communal qu’à la Municipalité. L’enjeu de l’élection sera donc simple: à défaut, a priori, de briguer la syndicature, les partis de droite (PLR, Parti indépendant nyonnais, UDC et Verts libéraux) chercheront à conserver leurs quatre sièges exécutifs et à veiller à la bonne gestion des deniers publics, surtout dans une période où l’ancienne ville romaine contribue grandement à la facture sociale cantonale. A gauche (PS et Les Verts), on cherchera à récupérer un troisième siège perdu en 2016, pour impulser une politique d’investissement dans les infrastructures publiques.

Projets fédérateurs

Gauche comme droite, pourtant, auront à s’accorder, certainement sans grand mal, sur la réalisation de projets attendus par la population: la mise sous terre du parking de la place Perdtemps, qui redeviendra un parc public au centre-ville, ou la construction d’une halle multisports. Les forces politiques nouvellement arrivée (Le Centre et le Parti pirate) n’auront certainement pas grand-chose à redire à ces projets. Tout comme Raphaël Weisskopf, candidat sans parti, qui se présente une seconde fois après avoir créé la surprise en 2016 en récoltant 13% des voix. A Nyon, le changement du personnel politique ne devrait pas modifier l’objectif: gérer la croissance.

Par Rodolphe Haener