Biodiversité : les alliés naturels du jardinier

8 juillet 2021 - Ils participent à l’équilibre écologique de la nature. Au jardin ce sont les meilleurs alliés pour le débarrasser des ravageurs. Au-delà des oiseaux, batraciens et autre petite faune, nombreux sont les insectes qui font partie de l’écosystème et contribuent à la régulation des populations de bioagresseurs. Gros plan.

Biodiversité : les alliés naturels du jardinier

Des insectes alliés de la bonne santé de nos jardins

Elles ne sont ni dangereuses ni agressives pour l’homme. Pour autant elles n’ont pas une excellente réputation, quand bien même ce sont de précieuses alliées. Les araignées de jardin sont de très bonnes prédatrices, qui avalent de nombreux insectes volants, du moucheron à la guêpe, en passant par les mouches, pucerons ailés et autres indésirables. Certaines s’attaquent aux chenilles et larves diverses qu’elles trouvent dans la végétation. Elles participent également au maintien d’un équilibre dans les populations et insectes auxiliaires. Comme elles sont elles-mêmes l’aliment de choix d’un certain nombre d’oiseaux, évitons de les chasser et de casser leurs toiles (toujours sur le passage du vol des insectes) et laissons la régulation se faire d’elle-même, tout naturellement. Les épeires diadème sont capables de détruire quelque 2 kg d’insectes par hectare !

Surnommé «cordonnier», «cherche-midi» ou «suisse» (sic), le gendarme (Pyrrhocoris apterus) se déplace pratiquement toujours en petits groupes avec d’autres congénères. On le reconnaît à son corps paré de dessins rouges et noirs, esquissant une figure de gendarme moustachu. Insecte grégaire, il se nourrit d’œufs de puceron et de cochenille. S’il consomme aussi des plantes, en particulier de la famille des Malvacées (mauve, hibiscus, lavater…) et de tilleuls, il ne cause pas pour autant de dégâts aux plantations. Il joue également un rôle important dans la décomposition des végétaux. Il faut donc le protéger en évitant l’utilisation de désherbants et de traitements chimiques.

Un corps allongé avec des élytres souvent striées : c’est le carabe doré (Carabus auratus). Un insecte en danger, inscrit sur la liste rouge mondiale des espèces à protéger. Précieux, ce coléoptère est également un bon indicateur de la biodiversité. Les jardins qui en abritent beaucoup sont le signe d’un milieu bien équilibré. De l’état de larve à celui d’adulte, c’est un avaleur de jeunes limaces, d’escargots et d’insectes nuisibles comme les taupins. Il séjourne souvent à l’abri sous des pierres. Bon à savoir : une population de carabes met deux à trois ans avant de se reconstituer lorsqu’elle a disparu. Il faut donc faire en sorte de surtout ne pas les éliminer lorsqu’on les identifie au jardin.

Des insectes à la mauvaise réputation ou au contraire populaires

Insecte crépusculaire et nocturne, la gracile chrysope aux yeux d’or est une cousine de la libellule. On la reconnaît facilement, avec ses ailes translucides et ses grands yeux dorés. La femelle, qui peut pondre jusqu’à 1000 œufs par cycle, les dépose sur les plantes prisées par les pucerons. Autre particularité : elle se multiplie en fonction de l’abondance de nuisibles à dévorer. Les larves sont carnassières et détruisent pucerons, cochenilles farineuses, aleurodes, thrips, araignées rouges et jeunes chenilles.

Appartenant à la famille des mouches, le syrphe ressemble à une petite guêpe, mais contrairement à elle, il ne pique pas. On le reconnaît à son corps fuselé et rayé et à son vol saccadé avec de brusques changements de direction et de longs sur place, ce qui le distingue définitivement des guêpes. Inoffensif pour l’homme, il participe à l’état adulte à la pollinisation des plantes en volant de fleurs en fleurs ; ses larves se nourrissent de pucerons. D’ailleurs, le syrphe femelle repère les colonies de pucerons au milieu desquelles elle dépose ses oeufs, de façon à ce que les larves puissent se nourrir immédiatement après leur éclosion. Une larve en plein développement peut exterminer plus de 100 insectes par jour.

Hôtesse la plus appréciée au jardin, la coccinelle n’a plus à démontrer sa popularité. À l’exception de l’espèce qui se nourrit de feuilles, toutes les autres dévorent pucerons et cochenilles rencontrés sur les plantes. Les larves en ingurgitent environ 150 grammes par jour. Adulte, elle ne consomme plus que 50 à 100 grammes quotidiennement. Elles ne s’attaquent jamais aux plantes et a la réputation de porter bonheur, avec le titre envié de «bête à bon Dieu».

par Denise Filippi