Concours d'architecture: la Suisse exporte son savoir-faire

10 mai 2021 - S’adressant à un large public, l’exposition «Le Concours suisse» a pour but de promouvoir l’outil démocratique exceptionnel dont nous disposons: la pratique du concours d’architecture et d’urbanisme. Cette dernière est reconnue au niveau international pour son exemplarité dans l’attribution des mandats publics. Après avoir été dévoilée au Pavillon Sicli à Genève, l’exposition sera présentée cet été au 27e Congrès mondial des architectes à Rio de Janeiro. Elle ambitionne ensuite de sillonner la Suisse romande et alémanique, ainsi que le Tessin.

Concours d'architecture: la Suisse exporte son savoir-faire

La pratique du concours est fondamentale pour l’évolution des réflexions sur l’architecture, l’urbanisme et l’acte de construire. Par conséquent, elle a une forte influence sur la qualité de nos villes et de notre vie quotidienne. Organisée par l’association à but non lucratif «Le Concours suisse», l’exposition souligne l’évolution de cette procédure et son rôle déterminant dans la mise en place d’une culture du bâti en Suisse. En parallèle, l’événement entend appuyer la politique nationale de développement durable à l’horizon 2030, rappelant le rôle central de la culture dans l’environnement bâti de qualité, promu par le Conseil fédéral dans la Déclaration de Davos 2018 et dans le récent Message «culture 2021-2024», adopté le 26 février 2020.

Le concours, laboratoire d’idées

La forme de concurrence ouverte et équitable du concours constitue un outil remarquable pour répondre aux défis environnementaux, architecturaux, urbains et sociaux d’aujourd’hui et de demain. Pour le maître d’ouvrage, cette procédure est un moyen de comparer, sur un programme donné, une multitude de propositions. Du point de vue de l’architecte, le concours représente un outil permettant de se mesurer aux autres et de se perfectionner de manière continue. «Par le biais de cette exposition, nous présentons l’expérience helvétique de plus de 140 ans dans l’organisation des concours publics d’architecture, et ce pour des objets de type, taille et affectation variés. La spécificité suisse est de mettre en concours non seulement des bâtiments d’exception, mais aussi des ouvrages plus courants, comme des crèches ou des centres sportifs. De plus et pour pour autant que la population y adhère, l’exécution du projet revient généralement au lauréat, ce qui n’est pas garanti dans d’autres pays!», explique Olivia de Olivera, architecte et curatrice de l’exposition. Celle-ci insiste également sur la puissance de l’intelligence collective pour faire jaillir des projets innovants, parfois issus de jeunes talents.

Une vitrine de la Suisse

L’exposition «Le Concours suisse» a été conçue sur invitation du Comité exécutif du 27° Congrès mondial des architectes de l’Union internationale des architectes (UIA); le Congrès se tiendra du 18 au 22 juillet 2021 à Rio de Janeiro, ville nommée capitale mondiale de l’architecture par l’Unesco-UIA. Le programme du Congrès est étroitement lié aux festivités organisées tout au long de l’année 2021 par la ville brésilienne. Les sujets abordés s’articulent autour du thème défini par le Congrès, à savoir: «Tous les mondes, un seul Monde, Architecture 21». Devenu depuis peu entièrement virtuel, l’évènement sera suivi à distance par 15 000 à 20  000 professionnels, architectes, urbanistes, planificateurs et représentants publics issus de 160 pays. Ce Congrès représente une opportunité unique pour la Suisse de démontrer son excellence dans les domaines de l’innovation et de l’environnement bâti. L’exposition sera présentée par le Consulat de Suisse à Rio de Janeiro et coproduite par Swissnex-Rio. Elle bénéficie du soutien de ProHelvetia, de la Société suisse des ingénieurs et des architectes (SIA), de la Fédération des architectes suisses (FAS) et de divers villes et cantons, ainsi que de la revue numérique «Espazium.ch», référence en matière de concours d’architecture.

Scénographie originale

L’exposition est entièrement conçue en structure tubulaire d’échafaudage, un squelette de grande dimension recouvert par des bâches gainées sur les tubes. Par ce biais, les concepteurs ont recouru à une installation simple et adaptable aux divers lieux qui vont l’accueillir. «Il s’agit aussi de montrer le concours comme quelque chose d’usuel, représenté ici par le système d’échafaudage, connu dans le monde entier et évoquant immédiatement les chantiers. Ainsi, le concours fait figure d’espace de réflexion en construction», souligne la curatrice. Le grand corps central se développe sur 25 mètres de long et deux étages. Marcio Bichsel, ingénieur civil et membre du Comité de l’association «Le Concours suisse», commente la visite: «Septante planches de concours complètes sont réparties en six sections thématiques portant sur les réalisations récentes en Suisse, les projets genevois, la participation citoyenne avec Riponne-Tunnel à Lausanne, l’histoire fribourgeoise du concours, les coopératives de logements Mehr als Wohnen à Zurich et les ambassades suisses à l’étranger. Sur les planches présentées, vous ne trouverez jamais deux fois le même bureau d’architectes. Notez aussi que certains extraits sont repris d’expositions antérieures, comme ‘Genève en projets’ (2018) ou ‘100 ans de concours à Fribourg’ (2018)». Favoriser la transparence par une riche documentation Des ouvrages, des revues et des rapports de jury issus de multiples projets sont consultables ou en vente. Spécialement conçue pour cette exposition, une carte interactive - développée en collaboration avec le Département de géographie et durabilité de l’Université de Lausanne et la plate-forme «Espazium Competitions» - recense et fournit les principales données des concours menés en Suisse au cours des dernières années. En plâtre et d’une grande précision, des maquettes de projets pour Genève, dont la Cité de la Musique et le rond-point de Rive, ainsi que celles de cinq ambassades suisses à l’étranger, sont à découvrir. Des coins vidéos sont aménagés, afin de s’informer sur divers aspects du concours. Enfin, bercé par le mouvement d’une balançoire, le visiteur a le loisir de voir défiler une centaine de rendus pour un même projet. De quoi nourrir la réflexion des novices comme des professionnels de la branche! Tous les textes explicatifs sont présentés en trois langues (français, anglais, portugais) et repris dans une petite brochure disponible à l’entrée. On y retrouve notamment les vingt étapes du concours: de la définition du besoin à la mise en service de l’ouvrage, en passant, par le choix de la procédure, la programmation, la composition du jury, etc., les principaux jalons d’une mise en concurrence sont expliqués en termes clairs et succincts. Pour ceux qui ont manqué l’exposition, ne soyez pas déçus: les contenus seront prochainement disponibles sur une page Internet dédiée.

Véronique Stein

www.leconcourssuisse.ch