Dans le District de Nyon: l’épidémie de cyclophilie s’étend

28 mai 2021 - Dans le District de Nyon, les cyclistes sont de plus en plus nombreux. Comme les revendeurs. On trouve même désormais un restaurant totalement dédié à la petite reine.

Dans le District de Nyon: l’épidémie de cyclophilie s’étend

Comme ailleurs en Europe, la pratique du vélo est en train de gagner la Suisse romande et la région nyonnaise en particulier. En quelques années, de nouvelles enseignes de revendeurs ont ouvert dans le district sans pourtant que cela ne péjore les activités de chacun. Et pour cause: «Certains magasins sont en situation partielle de rupture de stock», explique Raphaël Charles, responsable à l’association Pro Vélo La Côte, structure fondée localement en 2009. Analyse confirmée par Marc Bucher, patron du magasin SB Sport depuis 1988, et qui a ouvert à Gland en 2007 un magasin intégralement dédié à la pratique du vélo: «Le marché a véritablement explosé et les fabricants peinent à suivre. En ce moment, le délai d’attente pour une livraison peut aller de 6 à 18 mois!». Une demande forte et constante de la part d’une population qui, petit à petit, retrouve dans la pratique du bicycle de quoi satisfaire tant ses attentes pratiques de mobilité que des aspirations morales. «Il y a deux types de cyclisme: celui de loisir et celui de mobilité, détaille Raphaël Charles. D’un côté, la Covid-19 a poussé les gens à vouloir s’aérer l’esprit, faire du sport. De l’autre, il y a les gens qui veulent désormais se rendre sur le lieu de travail de manière plus cohérente avec leurs aspirations écologiques».

Au resto à vélo

Ce constat, Philipp Kneubuehler le partage avec enthousiasme. En ouvrant en début d’année au centre de Nyon son établissement Tête de course, à la fois restaurant et atelier de réparation de cycles, il entend fédérer une communauté de passionnés de la petite reine. Mais pas uniquement: «Il s’agit tout autant d’accueillir les cyclistes que le reste de la population, le tout dans une ambiance détendue». Sous le même toit, donc, une partie restaurant et un atelier de réparation. On peut dès lors faire réviser sa monture tout en déjeunant. En cette période difficile de restrictions sanitaires, l’établissement fait tout de même 60 couverts quotidiens, quatre mois seulement après son ouverture. De quoi augurer de belles choses. «Notre concept n’est pas nouveau à l’échelon mondial, mais en Suisse romande, il est assez rare. Et nous observons que des groupes d’amis pointent désormais notre adresse à l’heure d’établir leur plan de course». Oui, de petites équipes de cyclistes, partant d’un peu partout en Suisse romande, font halte à Tête de Course pour un lunch nourrissant. Car, naturellement, la cuisine est adaptée à la clientèle: «Il y a bien sûr des plats pour les gourmands, mais aussi des recettes plus saines pour ceux qui viennent de faire 200 bornes et qui ont besoin d’énergie», détaille encore Philipp Kneubuehler, n’oubliant jamais de rajouter que s’il est bien lui-même le propriétaire de l’établissement, il est entouré d’amis et collaborateurs qui façonnent autant que lui l’esprit du lieu. Reste à savoir si l’effet de mode du vélo va perdurer. Marc Bucher, pionnier dans la région, connaît la réponse: «Oui, la population aime pratiquer le sport, et c’est bien tant pour l’aspect physique que psychologique. Mais pour les magasins, il faut garder la tête froide et ne jamais oublier les bases que sont le service à la clientèle et le conseil. Nous aurions pu agrandir nos stocks pour vendre davantage, mais derrière chaque vélo vendu, il y a un service d’entretien à assurer. Et, actuellement, nous avons déjà beaucoup à faire».

GROS PLAN

Promoteurs, pensez aux abris pour vélos!

Il est un point avec lequel l’association Pro Vélo La Côte ne transige pas: la mise à disposition d’abris pour cycles dans les nouveaux quartiers. La méthode? Consulter les mises à l’enquête publiques et faire opposition le cas échéant. «Nous ne sommes pas là pour faire perdre du temps ou de l’argent aux promoteurs, mais pour leur rappeler qu’il existe des normes en matière de parking à vélos. Nous leur demandons juste de les respecter».

Rodolphe Haener