Etat des lieux d’entrée, mode d’emploi

5 juillet 2021 - "Je vais louer pour la première fois l’appartement dont je suis propriétaire. J’ai effectué quelques travaux et l’appartement est ainsi en parfait état. Lors de l’entrée dans les locaux des locataires, dois-je établir un état des lieux? Si oui, comment procéder?" Maître Anne Hiltpold, avocate CGI Conseils, répond à Constance B., Cartigny.

Etat des lieux d’entrée, mode d’emploi

Contrat de bail et état des lieux

C’est le lieu de rappeler que la loi ne prévoit aucune forme au contrat de bail, mais nous vous recommandons naturellement d’établir un contrat en la forme écrite, à laquelle il faut y ajouter la formule officielle d’avis de fixation de loyer. Le contrat de bail contient les éléments essentiels, à savoir l’indication de la chose louée, la durée du bail, le loyer et le montant de la garantie de loyer, ainsi que d’autres clauses spécifiques. Vous pouvez aussi y joindre les conditions générales proposées par CGI Conseils, qui précisent un certain nombre d’éléments, dans leur dernière édition (2020). Pour en revenir au constat d’état des lieux d’entrée, celui-ci doit se faire de manière contradictoire, c’est-à-dire en présence du bailleur et du locataire ou de leurs représentants. A cette occasion, les parties peuvent noter les défauts existants à l’entrée du locataire. Ce constat permet également au bailleur de démontrer que les locaux ont été livrés en bon état. Ce procès-verbal prendra toute son utilité au moment de la comparaison de l’état des locaux à l’entrée et à la sortie du locataire. Les défauts constatés à la sortie et qui n’étaient pas présents au début du bail pourront ainsi être mis à la charge du locataire. Tel est, bien entendu, également le cas lorsque les parties n’ont pas procédé au constat d’état des lieux d’entrée. En effet, cela ne libère évidemment pas le locataire de son obligation d’user de la chose avec soin. Le constat d’état des lieux d’entrée facilite toutefois la preuve de l’inexistence de ces défauts à l’entrée du locataire. 

Marche à suivre

Aucune forme spéciale n’est requise. Cependant, il est conseillé de remplir le procès-verbal de la manière la plus précise possible. Il existe un formulaire pré-imprimé, usuellement apprécié, qui vous facilitera la tâche. Au besoin, des photographies peuvent venir compléter le procès-verbal. Un témoin peut également être présent, ou encore un huissier judiciaire, mais c’est beaucoup plus rare. Lors du constat, les parties notent, pièce par pièce, l’état des locaux en détaillant, si besoin, l’état des murs, des boiseries, des sols, etc. Le bon fonctionnement de la robinetterie, des interrupteurs, des stores ou volets et des prises électriques est également contrôlé. C’est aussi l’occasion de préciser les appareils et meubles mis à disposition du locataire et leur état. Le nombre de clefs remises au locataire est également indiqué. Afin de pouvoir constater le mieux possible l’état du bien, cette visite se fait de préférence dans des locaux vides. Si les locaux ont été entièrement ou partiellement refaits à neuf, il est conseillé de le préciser. Si tel n’est pas le cas, mais que le bien est en bon état et qu’il n’y a rien de spécial à signaler, la simple mention «en ordre», parfois abrégée en «e.o.», suffit. Ce constat est également l’occasion de préciser quels travaux les parties ont accepté d’entreprendre suite à cet état des lieux. Une fois le constat terminé, les parties datent et signent le procès-verbal et chacune en garde un exemplaire. Il fait alors partie intégrante du contrat de bail. Il doit donc être conservé, d’autant que, généralement, le même document est utilisé lors de l’état des lieux de sortie. En effet, ce constat est alors simplement complété à la sortie du locataire en spécifiant ce qui a été endommagé et les travaux qui sont à effectuer par le locataire, soit par lui-même, soit par le biais d’une entreprise. Il n’est ainsi pas nécessaire de rédiger intégralement un nouveau constat. Ainsi, dans votre cas, il est essentiel de procéder à un état des lieux d’entrée pour attester que l’appartement est remis aux locataires en parfait état.

par Anne Hiltpold, Avocate CGI Conseils