Finance immobilière : conclure un 3e pilier auprès d’une assurance ?

25 novembre 2020 - Dans le cadre d’un financement immobilier, l’amortissement indirect d’un prêt hypothécaire peut s’effectuer par une épargne parallèle, via un 3e pilier. Cette épargne peut être accumulée auprès d’une banque ou d’une assurance. Focus sur la deuxième option.

Finance immobilière : conclure un 3e pilier auprès d’une assurance ?

Le 3e pilier dit « assurance » est un contrat d’assurance vie. Grâce à cela, un capital garanti à l’échéance est calculé, contrairement à la version bancaire, qui dépend entièrement des versements. Cette variante comprend des options telles qu’un capital en cas de décès (constant ou décroissant), une libération du paiement des primes en cas d’incapacité de gain à la suite d’une maladie ou d’un accident (l’assureur prend en charge le paiement de la prime dès que le délai d’attente initialement fixé est dépassé) et facultativement une rente d’invalidité. Le propriétaire et sa famille disposent ainsi d’une couverture totale.

Deux types de 3e pilier assurance, le A et le B

Le 3e pilier A est déductible fiscalement, alors que le 3e pilier B est non déductible (mis à part dans les cantons de Fribourg et Genève).

Le 3e pilier A présente les mêmes conditions de retrait que son alter ego bancaire ; la durée est fixée de la souscription à l’âge de retraite AVS (possibilité de retirer le capital cinq ans avant). Il possède un avantage successoral : le capital en cas de décès n’entre pas dans la succession, mais est versé directement au bénéficiaire, à l’inverse du 3e pilier A bancaire.

En outre, le 3e pilier A dispose également d’une sécurité concernant les dépôts, qui sont totalement couverts, tandis que la version bancaire dispose d’un montant maximal couvert de CHF 100 000.- par client et par banque. En plus de cette garantie, CHF 100 000.- supplémentaires par client et par banque sont prévus (placés sur des comptes de prévoyance 3A).

A noter, en revanche, que le 3e pilier A est uniquement utilisable dans le cadre d’un financement pour une résidence principale et pour autant que l’on dispose de revenus d’une activité lucrative, soumis à l’AVS.

Le 3e pilier B, quant à lui, est plus souple. L’assuré définit la durée, le montant de la prime, ainsi que le bénéficiaire. De plus, et étant donné qu’il n’est pas déductible fiscalement (hormis pour les cantons de Genève et Fribourg), le capital n’est pas imposé à l’échéance.

En définitive, il faut dans tous les cas procéder à une étude approfondie de votre situation de prévoyance. En cas d’incapacité de gain ou de décès par suite d’une maladie, le premier pilier (AVS, AI, APG) et le deuxième pilier (LPP) n’assurent qu’une partie du dernier revenu. Un produit d’assurance est bien souvent souhaitable, d’autant plus si la caisse de pension, en primauté de cotisation, a été retirée pour l’achat d’un bien.

par Arthur Petit, responsable Prévoyance de DL MoneyPark

Article paru dans le Magazine immobilier.ch de février 2020