Jardinage : de belles dames pas compliquées

8 avril 2021 - Généreuses et exubérantes, les bignones, une fois bien implantées, peuvent couvrir des surfaces importantes. Pour autant qu’elles soient installées en situation protégée et au sud. En effet, les belles sont moyennement rustiques en région froide. Portrait.

Jardinage : de belles dames pas compliquées

Deux espèces originaires de deux continents différents

Il existe deux espèces de bignones originaires de deux continents différents. Spectaculaire bignone à fleurs géantes, Campsis grandiflora vient d’Asie, où elle pousse naturellement en Chine et au Japon. Plus robuste et également plus rustique, Campsis radicans ou jasmin de Virginie, pousse à l’état sauvage en Amérique, où elle se déploie de la Pennsylvanie jusqu’à la Floride. Riche en saccharose, le nectar des deux espèces fait le bonheur des colibris, qui assurent leur pollinisation dans leur aire d’origine. Selon les variétés ou cultivars, la dominante de couleur pour les fleurs est le rouge orangé, décliné dans plusieurs tons ou intensités. Quelques cultivars ont des fleurs jaunes, comme ‘Flava’.

Des plantes volubiles

Appelées trompette de Virginie, jasmin de Virginie, jasmin-trompette ou encore trompette de Jéricho, les deux espèces appartiennent à la famille des bignoniacées; une famille qui comprend six cent cinquante espèces, réparties en plus de cent genres d’arbres ou arbrisseaux, le plus souvent volubiles, pouvant atteindre de trois à cinq mètres de haut.

Idéales pour couvrir un mur aveugle, un garage, un abri de jardin, ou pour habiller une pergola, les bignones sont de vigoureuses grimpantes caduques à tiges ligneuses, qui s’accrochent seules par leurs crampons sur toutes les surfaces. Faute de support pour grimper, elles peuvent tout aussi bien s’étendre sur le sol et former d’intéressants couvre-sol dont la lumineuse floraison, de juillet à septembre, illuminera le jardin.

Une culture facile

En termes de culture, une fois que la souche est bien installée, nécessairement le long d’un mur au sud et en plein soleil, bien à l’abri des vents froids et dans un sol bien drainé, les bignones sont faciles à cultiver. Avec une croissance assez rapide, environ un mètre par an, la plante peut atteindre plus de dix mètres à l’âge adulte.

Bien que plus délicate, tant il est difficile de tempérer l’exubérance de cette magnifique grimpante, la culture en pot sur un balcon n’est pas impossible. Notamment si le choix se porte sur Campsis radicans ‘Indian Summer’. Hybride très florifère, cette bignone à la végétation plus compacte permet non seulement

son installation en pot ou en bac, mais offre aussi une floraison en grappes de quinze à vingt trompettes orange et saumonées à l’intérieur. Elle réussit même quand le soleil manque dans les régions moins favorisées sur le plan climatique.

Une grande variété

Particulièrement rustique, Bignone radicans Flava, la bignone jaune, remarquable par la couleur de ses fleurs en forme de trompette, supporte des températures négatives jusqu’à -20°C.

Obtention récente, la bignone Orangeade (Campsis x tagliabuana Orangeade) est une hybridation née du croisement entre la Campsis radicans et la Campsis grandiflora, qui fleurit abondamment en bouquets de trompettes panachées de rouge orangé et d’orange pâle. Rustique, elle supporte le gel jusqu’à -15°C/-20°C.

Bignone capreolata, ou bignone à vrilles, produit de longues trompettes à gorge rouge orangé à cuivré et pavillon jaune à l’intérieur. Elles dégagent un doux parfum mêlant des notes évoquant à la fois le chocolat et le café. ‘Atrosanguinea’ est une bignone aux trompettes d’un rouge cerise très intense, parfois éclairé de jaune à l’intérieur, avec un feuillage persistant selon le climat, et un étonnant parfum de café.

La corolle des fleurs corail et gorge jaune de Campsis grandiflora (bignone de Chine) ‘Morning Calm’ est parcourue de veines plus foncées.

par Denise Filippi