Jardinage : quand une plante vedette fait son grand retour

14 décembre 2020 - Étonnante, souvent très colorée, plutôt amusante, cette plante, vedette des intérieurs dans les années 70 fait - marketing oblige - un retour remarqué chez les fleuristes et dans les jardineries. Sous une forme néanmoins nettement plus originale. C’est le sanseveria.

Jardinage : quand une plante vedette fait son grand retour

Au premier regard, on a l’impression qu’il s’agit de bougies vert foncé, parfaitement alignées, très rigides et pratiquement toutes de même hauteur. Et bien non, ce ne sont pas des bougies, ce sont bien des plantes, des sansevierias cylindriques (sansevieria cylindrica). Ou comment une plante exotique, exceptionnellement résistante, mais devenue relativement démodée, se métamorphose en une sorte de phénomène de mode.

Gaies, colorées, étonnantes

On redécouvre donc cette plante – généralement en provenance de Chine ou de Thaïlande - soit sous forme de « bougies », soit sous l’apparence de tiges entrelacées en grosses nattes qui n’ont bien entendu rien de naturel et ne sont que des artifices supplémentaires pour tenter le consommateur.

Très décorative dans sa version « spaghetti Velvet TouchZ », qui, pour le coup, évoque davantage des crayons de couleurs que des bougies ou des spaghettis, elle est disponible en blanc, rouge, vert, bleu, pourpre, fuchsia, orange, noir, bordeaux ou pailletée d’or, d’argent ou de bronze, des couleurs coordonnées à leurs cache-pots.

Des boutures de feuilles

En réalité, ces tiges dressées, très graphiques, ne sont que des boutures de feuilles du sansevieria cylindrique. Et, au moins pendant une année, pour autant que ces boutures soient bien enracinées (le sansevieria est plutôt de croissance lente), elles conserveront toujours le même aspect. Au point qu’on pourrait être en droit de se demander s’il n’y a rien d’artificiel dans ce végétal qui est parfois appelé – toujours marketing oblige – « corne de la sagesse », « épée africaine » ou encore « orchidée épée » ! Cependant, il n’y a absolument rien de la famille des orchidacées dans cette espèce subtropicale de plante succulente.

Facile et passe-partout

Cela dit, en dépit de ces artifices, ces «boutures» de sansevieria cylindrique, et pour autant que chaque feuille ait bien pris racine, finiront un jour – ça peut prendre du temps – par produire des rejets au pied de chacune des feuilles. En termes d’entretien, « sansevieria cylindrica spaghetti » est un sujet très facile. Il s’adapte bien à tous les intérieurs et supporte mieux la sécheresse que l’humidité. Ne l’arroser que lorsque le substrat est vraiment sec au toucher. C’est très important, car ce sont des boutures et, comme toutes les boutures, elles sont particulièrement sensibles à la pourriture quand elles sont confrontées à l’humidité pendant un certain temps.

Sansevieria trifasciata ou langue de belle-mère

Originaire de régions arides d’Ethiopie entre autres, le sansevieria porte le nom du prince de San Severo, Raimondo di Sangro, aristocrate italien et inventeur de génie du XVIIIe siècle. Il en existe près de septante variétés. D’un vert presque gris, les feuilles peuvent être rayées, mouchetées, marbrées ou encore liserées de jaune. Certaines, comme le « sansevieria hanii » n’atteignent pas plus de vingt centimètres alors que d’autres comme le « sansevieria zeylanica » peuvent grimper jusqu’à deux mètres.

La variété la plus connue est sans doute « sansevieria trifasciata », dont les feuilles graphiques, pointues, acérées et particulièrement coriaces lui valent nom de… « langue de belle-mère » ! C’est certainement la plante la plus résistante au monde. Ses feuilles élégantes et pointues ont non seulement la réputation de filtrer l’air, mais aussi celle de transformer en bon oxygène les substances nocives de nos intérieurs.

par Denise Filippi

Article paru dans le Magazine immobilier.ch de décembre 2020 – janvier 2021