L’ancrage culturel d’une région en Gruyère

15 janvier 2021 - Le lauréat du concours pour l’agrandissement du bâtiment du Musée gruérien et de la Bibliothèque de Bulle a été révélé en 2020 : il s’agit du groupement Sergison Bates Architects (Londres) et Jaccaud Spicher Architectes associés (Genève). « Pivoine », le projet primé, devrait voir le jour à l’horizon 2024. Gros plan.

L’ancrage culturel d’une région en Gruyère

Inauguré en 1978, le bâtiment actuel abrite le Musée gruérien et la Bibliothèque publique et scolaire, ainsi que leurs collections. L’édifice est situé au cœur de la ville, dans un parc public sis à proximité du château médiéval. Un agrandissement a été réalisé en 2002 pour y ajouter la fonction de bibliothèque scolaire et abriter les archives historiques de l’Administration communale. Depuis les années 2000, la population de Bulle a considérablement augmenté et les fonctions de l’entité Musée-Bibliothèque se sont en parallèle intensifiées. Point de rencontre, l’institution offre de nombreuses prestations culturelles et joue un rôle central dans la ville. Elle est le lieu de conservation, de documentation et de mise en valeur du patrimoine de Bulle et du district, de l’histoire de la Gruyère et des Gruériens. Le bâtiment abrite des collections de référence constamment actualisées et met ainsi à disposition des citoyens des informations de qualité. Chaque année, quelque 110 000 personnes entrent dans le bâtiment et 15 000 à 20 000 visiteurs parcourent les expositions.

Un lieu vivant et urbain

Le Musée et la Bibliothèque sont aujourd’hui à l’étroit: ils doivent s’adapter à l’évolution rapide de la ville et répondre aux besoins de publics variés. C’est dans ce contexte que les autorités bulloises ont lancé en mars 2019 un concours d’architecture pour l’agrandissement et la transformation de l’édifice. L’objectif est de faire cohabiter sur un même site les différentes fonctions - musée, bibliothèque, expositions temporaires, espaces d’échange - et réaliser ainsi une «Maison du patrimoine et de la culture». « Ici au pied de l’imposant château et en liaison avec le jardin réaménagé, il s’agit de créer un lieu public qui réunisse le passé et le présent dans un bâtiment unique et durable», précise l’architecte bâlois Dominique Salathé, président du jury du concours. 

Au total, 56 dossiers de candidature ont été déposés et 10 d’entre eux ont été sélectionnés pour la phase de concours. Au terme de la procédure, le jury a choisi le projet «Pivoine» des bureaux Sergison Bates Architects de Londres et Jaccaud Spicher Architectes associés de Genève.

Jeu de formes et de lumière

Les lauréats proposent de reconfigurer la volumétrie existante dans une nouvelle composition, à la fois unitaire par son expression et découpée par son langage pavillonnaire. Dans son rapport, le jury relève que la volumétrie basse de l’ouvrage souligne la présence du Château comme élément majeur et dominant de la composition. La nouvelle façade réinterprète le musée d’origine par sa matérialité (tôles de couleur brun foncé par exemple) et son caractère architectural. «L’ordonnancement des volumes et la présence de lanterneaux de grande taille en toiture offre une figure perpétuellement changeante qui ne se laisse pas découvrir en un seul regard», indiquent les architectes sur leur planche de concours.

Par ailleurs, le bois est à la fois une réponse structurelle, permettant un allègement des charges, une solution durable et un lien avec les charpentes du Château voisin. Le plafond est constitué par un réseau de poutres en bois très profondes, qui permet un jeu subtil d’ombre et de lumière, amplifié par une lasure argentée. Relevons enfin que le projet « Pivoine » entre dans la cible budgétaire, un coût de réalisation estimé à 8,5 millions de francs.

par Véronique Stein

Article paru dans le Magazine immobilier.ch de mars 2020