Les cyclamens, incontournables de l’automne

24 septembre 2020 - En tapis denses dans un sous-bois, en massifs, en potées mélangées ou simples, les cyclamens, qui s’acclimatent aussi bien à la vie en intérieur qu‘en extérieur, constituent un magnifique spectacle automnal. Coup de cœur.

Les cyclamens, incontournables de l’automne

Originaire du Moyen-Orient où il pousse sur les plateaux tempérés, le cyclamen est une plante rustique de la famille des Primulacées - la même que les primevères - qui se développe à partir d’un gros rhizome rond. A l’état sauvage, ses rhizomes sont d’ailleurs fort appréciés des sangliers. Dans l’Antiquité, les Egyptiens les utilisaient pour engraisser les cochons, d’où le nom peu flatteur de « marron ou pain de cochon » trivialement assigné à cette belle plante, qui n’en reste pas moins une plante toxique. En effet, elle contient entre autres dans son bulbe de la cyclamine, une substance dangereuse, proche du curare, utilisée en pharmacopée. Son ingestion entraîne des troubles gastro-intestinaux et des vomissements. D’où la nécessité de le tenir éloigné des enfants.

Symbole catholique

Au IIIe siècle avant J.-C., Théophraste, philosophe de la Grèce antique, considérait qu’une dose de cyclamen entrait dans la composition de philtres censés aiguiser l’amour et la sensualité. Les Romains, quant à eux, l’appréciaient essentiellement pour son parfum. En effet, les cyclamens ont leur place parmi les plantes odorantes… bien que peu d’entre eux soient parfumés. En Europe, où ils ont été introduits au XVIe siècle, ils étaient principalement cultivés dans les jardins de la reine Elisabeth Ière d’Angleterre. L’engouement fut tel que l’Eglise catholique vit en sa fleur le symbole du Cœur de Marie qui saigne sur la terre. Mais le véritable essor de la culture du cyclamen ne survient qu’au XIXe siècle.

Une vingtaine d’espèces

Le genre cyclamen comprend une vingtaine d’espèces, de toutes les couleurs et au cycle de végétation variable. L’espèce la plus commune est le Cyclamen des fleuristes connu sous les noms de Cyclamen de Perse (C. persicum), Cyclamen d’Alep ou Cyclamen d’appartement. Il en existe de nombreux cultivars de différentes tailles et de différentes couleurs. Il fleurit du début de l’automne jusqu’à la fin de l’hiver en blanc, divers tons de rose, lilas-mauve, rouge carmin, pourpre.

Le Cyclamen europaeum ou C. purpurascens (10 cm) est l’un des plus rustiques. Il se trouve à une altitude de 400 à 1800 mètres dans les Alpes et le Jura, en forêt de feuillus où il fleurit en rose soutenu, à l’ombre des sous-bois, de juillet à octobre. Ses fleurs sont particulièrement odorantes.

Le Cyclamen pseudibericum fleurit en février-mars en grosses fleurs qui embaument la violette. Relativement peu rustique, il est réservé aux climats plutôt doux et doit être installé à l’abri des vents.

Deux espèces de cyclamen se naturalisent facilement dans les jardins ou les parcs, sous les arbres caducs. Le Cyclamen de Naples, C. hederifolium, à floraison automnale et le Cyclamen de Cos, C. coum, à floraison hivernale. Nonobstant son nom, C. coum n’est pas originaire de l’île de la mer Egée mais de Grèce continentale, de Bulgarie, de Turquie et des régions voisines. C’est une petite espèce, parfaitement rustique, de dix centimètres de hauteur avec de toutes petites fleurs, quelquefois parfumées, variant du blanc pur au rose foncé. Elles s’épanouissent en février-mars, parfois déjà depuis la mi-décembre. Le Cyclamen de Naples, C hederifolium, fleurit généreusement de septembre à novembre, en blanc, rose ou mauve. Certaines de ses formes sont parfumées. Ses feuilles sont panachées de vert et d’argent à la manière du lierre, d’où son nom latin (qui signifie « à feuilles de lierre »). Elles se développent après la floraison jusqu’en avril de l’année suivante, en formant de beaux tapis végétaux. Il se ressème de lui-même, mais on peut néanmoins lui apporter de l’aide en disséminant ses graines juste après la floraison.

par Denise Filippi

Article paru dans le Magazine immobilier.ch d’octobre 2019