Tendances : le marché immobilier genevois, bon élève suisse

21 juillet 2021 - Début juillet coïncide avec la fin de l’année scolaire. C’est aussi le moment de tirer un bilan après la pandémie qui a affecté tous les secteurs économiques depuis plus de quinze mois. Lors d’une conférence de presse, les spécialistes de la Banque cantonale de Genève (BCGE) ont livré leur analyse et avancé quelques perspectives. Si tout n’est pas rose, il y a de quoi se réjouir : l’immobilier genevois a réussi son examen de passage de la crise !

Tendances : le marché immobilier genevois, bon élève suisse

Quelle est la situation post-Covid ?

Valérie Lemaigre, économiste en chef de la BCGE, a dressé un tableau de la situation post-Covid. « Les effets économiques de la crise s’effacent derrière la reprise du commerce mondial tiré par la Chine. Les matières premières, les semi-conducteurs et l’automobile sont à l’honneur, représentant près du tiers des échanges mondiaux ». Genève, dont l’économie est orientée vers la zone dollar plus que vers la zone euro, profite pleinement de cette dynamique. La chimie et la pharma, ainsi que l’horlogerie, sont en forte reprise. Le négoce des matières premières constitue également, aux côtés des banques privées et commerciales, une source de revenu importante et apporte un soutien substantiel à l’ensemble.

Les politiques de soutien mises en place par les pouvoirs publics ont permis d’absorber le choc. Le constat est toutefois différencié selon les branches, et le secteur de l’hôtellerie-restauration a été plus durement touché. A noter que le taux de chômage genevois est le plus élevé de Suisse.

Dynamisme général, reprise hétérogène

La demande de logement a explosé à Genève durant les périodes de semi-confinement, une envie irrépressible de devenir propriétaire à force de rester chez soi… « Malgré l’arrêt des chantiers pendant plusieurs mois, le seuil des 2000 nouveaux logements construits a été dépassé pour la sixième année consécutive. Le nombre de permis de construire délivrés l’année dernière a également bondi (+40%) », constate Virginie Fauveau, membre de la Direction générale, à la tête de la division Entreprises.

La crise pandémique a toutefois fait évoluer la demande et le type de biens recherchés. La volonté d’espaces plus généreux et plus confortables a alimenté la demande de maisons individuelles et de grands appartements en PPE (4 pièces et plus), dont les prix ont fortement progressé. Depuis mars 2020, l’augmentation est à Genève de +17% pour les villas et de +5% pour les logements en PPE. En parallèle, les ventes d’appareils ménagers, tout comme ceux de matelas (!), ont pris l’ascenseur. La BCGE a observé une forte hausse de l’épargne pendant la pandémie ; à défaut de dépenser leur argent dans les loisirs, les Genevois ont investi dans l’habitat. La forte demande en logement est corrélée à un taux de vacance très faible (0,49%), le plus bas du pays (moyenne suisse : 1,72%). A l’avenir, les conditions de financement, en particulier les taux d’intérêt bas, continueront d’offrir des conditions d’investissement attractives. Quant à l’investissement indirect, l’immobilier est toujours recherché, présentant une meilleure sécurité des revenus locatifs par rapport à d’autres types de cash-flow.

Quid du segment industriel ?

En ce qui concerne le segment industriel, quelques nuages se font sentir, mais il affiche une bonne résistance : ce type d’activité ne peut en effet être effectué à distance (télétravail) et les locaux existants sont donc restés occupés. Quant aux bureaux, on observe une baisse de la demande (entre -10% et -15%) sur l’ensemble du territoire genevois, accompagnée d’un taux de vacance relativement élevé (5%). Le secteur le plus touché est celui des arcades, commerces et hôtels. « Ces derniers sont davantage tournés vers l’international et ont pâti des restrictions de voyage », ajoute Blaise Goetschin, directeur général de la BCGE. Telles des bombes à retardement, de nombreuses faillites restent à venir, une fois les aides et mesures octroyées arrivées à terme. Pour les experts de la BCGE, les variables comme le commerce en ligne et le home office vont vraisemblablement s’atténuer et n’auront pas un impact aussi significatif qu’imaginé au début de la crise.

par Véronique Stein