Rolliet à Plan-les-Ouates

Des aménagements inédits pour de nouveaux logements

Les promoteurs verseront 15 millions pour créer un nouveau quartier aux Cherpines. Et, concept novateur, une coopérative sera créée pour gérer 40% des futures arcades ainsi que les rares places de parking (0,6 place par 100m2 de surface locative).

La construction de 3700 logements prévus aux Cherpines verra s'implanter environ 10'000 nouveaux habitants d'ici 2030
La construction de 3700 logements prévus aux Cherpines verra s'implanter environ 10'000 nouveaux habitants d'ici 2030 - Copyright (c) DR
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Avec la signature d’une convention opérationnelle, le lundi 7 novembre, entre le Conseil d’Etat genevois, les autorités de Plan-les-Ouates et les opérateurs du futur écoquartier du Rolliet, aux Cherpines (essentiellement SDCI Constructions Investissements SA), Genève vient d’entrer dans une nouvelle ère. Outre les aménagements extérieurs, les pouvoirs publics voulaient obtenir de pouvoir consacrer 5500 m2, soit près de 40% des rez-de-chaussée du Rolliet, à des activités «en faveur de la vie de quartier, au développement de liens sociaux entre les habitants et à une offre de loisir locale permettant d’éviter d’avoir à se déplacer loin». Comme l’a parfaitement compris le conseiller d’Etat en charge du Département du territoire, Antonio Hodgers: «Ces activités ne sont habituellement pas compatibles avec des loyers commerciaux au prix du marché. Ainsi, des dispositifs innovants ont été imaginés pour proposer des loyers très abordables pour ces surfaces». En d’autres termes, il a fallu que les services de l’Etat fassent preuve de souplesse pour intégrer pour la première fois certaines charges dans les plans financiers. On parle ici de la construction d’environ mille logements sur les 3700 prévus à terme pour l’ensemble des Cherpines. Autrement dit: de l’arrivée d’environ 10’000 nouveaux habitants d’ici 2030 dans cette commune de près de 12’000 résidents.

Un constat d’aménagement réaliste

Antonio Hodgers, conseiller d'Etat en charge du Département du territoirediaporama
Antonio Hodgers, conseiller d'Etat en charge du Département du territoire

Vouloir installer quelques commerces en périphérie, dans les nouveaux quartiers, requiert une certaine expertise pour éviter que cela finisse par des faillites. «Nous avons eu des échecs dans le passé car nous ne nous y sommes pas pris assez en amont. Ce que nous sommes en train de réaliser aux Cherpines doit devenir la norme pour les nouveaux quartiers», plaide Antonio Hodgers. Il est clair que la viabilité des commerces reste liée au bassin de chalandise et demande habituellement une certaine centralisation. Ici, la volonté politique qui se concrétise va permettre de mettre 40% des arcades à disposition d’associations locales.

Il s’agit alors de les louer à des associations culturelles (ateliers d’artistes), bibliothèque d’objets, maison de quartier, crèche, services de conseils ou sociaux (familles, aînés, intergénérationnel), ateliers de réparation de vélos, produits du terroir etc., avec des loyers différenciés en fonction des types d’activités. La gestion de ces espaces sera confiée à la coopérative de quartier qui va prochainement voir le jour. «Pour leur donner un maximum de chance de réussite, la commune a décidé de financer un programme de formation destiné aux associations concernées», a relevé Florence Monbaron, maire de Plan-les-Ouates. La commune avait d’ailleurs lancé un appel à projets auprès des associations en 2018 déjà.

Service de conciergerie à grande échelle

Autre aspect de ce futur quartier: éviter de se retrouver avec une explosion des déplacements motorisés individuels. Comme à Bernex, une ligne de tram devrait prochainement desservir ce développement urbain. Elle devrait entrer en service en décembre 2023 alors que les premiers habitants du Rolliet ne seront pas sur place avant début 2025, au mieux. «Nous avons poussé la réflexion autour de la ville du quart d’heure. Plan-les-Ouates voulait proposer 0,1 place de parking par nouvel habitant, or même dans les futurs logements du PAV (Praille-Acacias-Vernets), nous serons à 0,4. Ce que nous cherchons à faire ici c’est d’éviter de reproduire ce qui se passe dans un centre urbain. Il s’agit de se déplacer moins et mieux. Nous aurons un taux de 0,6 place par appartement de 100 m2. Par contre, ce taux sera de 3 parkings à vélos par 100 m2 de logement», a ajouté le conseiller d’Etat Serge dal Busco, en charge de la mobilité.

Un catalogue de dix mesures concrètes a été prévu à cette fin. Aux yeux d’Antonio Hodgers, «une telle offre de conciergerie pour gérer les questions de mobilité est inédite à cette échelle». De quoi parle-t-on? La coopérative du Rolliet va gérer et mutualiser l’ensemble des places en sous-sol. Il y aura un emplacement réservé aux casiers de livraison, accessible 24 heures/24, des emplacements pour des voitures en autopartage (que ce soit via Mobility ou des véhicules privés), les premiers habitants recevront un kit mobilité, des bonus en cas de renoncement à une voiture seront offerts, etc.

Ce que nous sommes en train de réaliser aux Cherpines doit devenir la norme pour les nouveaux quartiers

Antonio Hodgers

Finalement, qui financera quoi?

On pourrait penser que les promoteurs du futur quartier Rolliet fassent la grimace face à autant de conditions posées par les pouvoirs publics. «Notre intérêt est que le futur locataire soit heureux. L’animation des rez-de-chaussée est indispensable si nous voulons assurer une certaine pérennité. Notre volonté est de façonner un quartier exemplaire où les locataires souhaitent rester. Bien entendu il fallait résoudre la question du financement de l’ensemble de ces mesures, car, au final, on parle tout de même d’environ 15 millions de francs. Mais l’Etat a accepté de les intégrer dans les plans financiers de cette zone de développement via un système de péréquation», a informé José Gonzalez, au nom de la société SDCI. Cette entité a d’ores et déjà déposé une demande définitive pour la construction de 38 immeubles de logements sur une surface d’environ 4,5 hectares pour environ 550 appartements (dont un tiers sera subventionné). Les premiers coups de pioche sont quant à eux attendus au second semestre 2023.