Douze destins suisses peu communs
L’écrivain Alex Capus s’est penché avec talent sur la vie de 12 Suisses. Cela va de la future Marie Tussaud au révolutionnaire Jean-Paul Marat. Un régal.

Très fluide, la galerie de portraits insolites a le mérite de cheminer très naturellement en respectant une chronologie naturelle. Le livre d’Alex Capus* débute ainsi logiquement avec Marie Tussaud, née Marie Walder en 1761 au bord de l’Aar pour s’achever avec Fritz Zwicky mort en février 1982 à Passadena (Etats-Unis). La future Madame Tussaud, fondatrice du musée du même nom, était la fille d’une domestique tombée enceinte à l’âge de 17 ans. Le Neuchâtelois Jean-Paul Marat a toujours souffert d’une grave maladie de la peau, avant de quitter très jeune ses parents, poussé par sa «faim pour la gloire» et qui rêvait d’être reconnu par les philosophes des Lumières avant de fonder le journal l’Ami du Peuple qui réclama en premier la décapitation de Louis XVI et l’obtint.
Autre parcours encore plus méconnu, celui de Regula Engel, qui avait épousé un des officiers de Napoléon (Florian Engel) qu’elle avait suivi en Egypte. Morte à l’âge de 92 ans, elle avait même combattu à Waterloo, âgée de 54 ans, après avoir mis au monde pas moins de 21 enfants! Il y a aussi Ferdinand Hassler qui obtint le mandat de cartographier toute la côte ouest des Etats-Unis. Une tâche rendue impossible à première vue, mais à la fin de sa vie, il parvint à remplir finalement son mandat. Ou encore Samuel Johann Pauli, encore un Bernois, qui sera le premier à créer un aéronef dirigeable en 1804. Il sera aussi l’inventeur du fusil à chargement par la culasse, avec percuteur et cartouches, qui révolutionna les champs de bataille au début du XIXe siècle.
* «Du rêve à l’audace – Douze destins suisses d’exception», éd. Cabédita, 154 pages