Collaboration inédite

Du mobilier créé par des détenus

Par J.M.P.
19.12.2022 à 10:04/ immobilier.ch News Genève - Vaud

Vélos, malles et autres objets récupérés chez des particuliers ont été métamorphosés en prison genevoise pour devenir des meubles design vendus dans la brocante du Centre social protestant.

Des objets «démodés» sont confiés aux prisonniers pour qu’ils leur offrent une seconde jeunesse.
Des objets «démodés» sont confiés aux prisonniers pour qu’ils leur offrent une seconde jeunesse. - Copyright (c) DR
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Dans l’univers opaque des établissements pénitentiaires de Champ-Dollon et La Brenaz, à Genève, un projet à la fois unique et utile a été mis sur pied. Le concept: confier des objets «démodés», donnés par des particuliers, aux détenus de ces deux prisons pour qu’ils leur offrent une seconde jeunesse. C’est ainsi que les ateliers de menuiserie ont vu un vélo se transformer avec originalité en horloge murale ou encore des planches de snowboard devenir un banc art déco. Le tout vendu désormais au magasin de la Renfile, ouvert l’an dernier sur 2200 m2, au coeur de l’espace Tourbillon (Plan-les-Ouates).

Échange gagnant-gagnant

Une démarche nommée «Cellules grises» qui offre de multiples retombées positives. Tout d’abord pour le Centre social protestant (CSP), à l’origine de cette initiative. Les profits générés par ces ventes permettront ainsi de financer les actions sociales gratuites du CSP qui, en échange, fournira des livres, des vêtements et des jeux de société aux prisonniers. «Cette collaboration est exemplaire à plus d’un titre. Elle s’inscrit dans un cycle d’économie circulaire et se base sur un troc qui bénéficiera à chacune des parties, et non sur des échanges monétaires», s’est réjoui le conseiller d’Etat genevois, Mauro Poggia lors de la présentation officielle de la première gamme de meubles, début décembre.

En effet, ce projet solidaire profite également aux artistes, les détenus, puisqu’à travers ce but commun qui se veut fédérateur lors des exercices manuels, les dizaines de travailleurs ont l’occasion d’acquérir des compétences professionnelles qui leur seront utiles à leur sortie, notamment pour leur réinsertion future. Un doublé payant qui fait figure de pionnier et risque d’en inspirer plus d’un.