Edito du Magazine de juillet/août
L’été est arrivé en avance avec des températures qui dépassent allégrement les 30°. Les esprits s’échauffent.
Il est vrai qu’un conflit armé meurtrier se déroule à près de 1800 kilomètres de la Suisse romande. Surtout ce qui inquiète dans l’immédiat c’est le retour de l’inflation. A ce propos, cela a poussé la Fed à augmenter son taux directeur, suivie le lendemain par la Banque nationale suisse. Pas étonnant dès lors que les taux fixes aient augmenté. Le taux moyen à 2 ans, qui évoluait entre 1 et 1,5% depuis une dizaine d’années, a grimpé à plus de 2% depuis quelques semaines. Le taux à 5 ans, qui était descendu à 1% jusqu’à fin 2021, se négocie actuellement au mieux entre 1,76% et 2,5%. Quant au taux à 10 ans, celui-ci était descendu de 2,75% à 1% avant de remonter environ à 2,75-3% à nouveau.
Cela pourrait indiquer que les taux vont poursuivre progressivement leur remontée pendant les douze prochains mois jusqu’à atteindre des 4 à 4,5%. Faut-il pour autant paniquer ? Quand on se replonge dans l’historique du taux hypothécaire, ma réponse est non, bien évidemment. Dans les années 1970, après la crise pétrolière, le taux avait grimpé à 6%, avant de baisser progressivement jusqu’à 4%. Puis à nouveau, dans les années 1980, ce taux est repassé à 6% en 1982, avant de se stabiliser entre 5 et 5,5%. Puis, à la suite de l’adoption des arrêtés fédéraux urgents en novembre 1989, le taux a franchi la barre des 6% à nouveau, grimpant jusqu’à 6,75% en 1991. Mais depuis lors, ce taux a progressivement baissé. Passant sous les 5% en 1997, puis sous les 4% en 2003, et sous les 3% dès 2010, et même sous les 2% à partir de 2015.
Bref, nous risquons de renouer avec les taux «bas» que nous avions il y a vingt ans. Pas de quoi perdre son sang-froid. Cela aura néanmoins un impact sur la valorisation des biens et sur le cours des parts de fonds de placement.
