En principe, les arbres ne montent pas jusqu'au ciel
L’adage dit : vient un moment où les prix cessent de monter et où les bulles finissent par éclater. Force est de constater que le secteur de l’immobilier de luxe ne paraît pas touché par cette maxime.

En effet, selon un rapport de Forbes Global Properties présenté à la presse au début du mois de mai, la Suisse reste une destination privilégiée des propriétaires immobiliers. La demande a ainsi explosé depuis le début de la pandémie et s’est encore renforcée suite aux crises géopolitiques européennes. Le fait de posséder de l’immobilier en monnaie suisse est également un gage de sécurité pour les personnes fortunées. L’augmentation des taux d’intérêts ne serait d’ailleurs pas un problème pour ces acheteurs, rarement demandeurs de prêts. Ces derniers auraient d’autres préoccupations : avoir une belle qualité de vie, un espace de vie extérieur en cas de lockdown, un joli paysage, des infrastructures qui fonctionnent, une sécurité, une bonne éducation, un accès à des hôpitaux réputés et une fiscalité favorable. Des critères qui font des stations alpines et des villes comme Genève et Zurich des lieux très prisés. Avec comme conséquence, des prix qui s’envolent et qui atteignent des records. Ainsi, le m2 à Cologny ou sur la Goldküste zurichoise se vend entre 22’000 et 36’000 francs. Idem dans les stations alpines de Zermatt, Verbier ou Crans. A Gstaad, un record a été atteint l’an dernier avec une transaction qui s’est montée à 100’000 francs le m2. 2020, 2021 et 2022 sont les trois années les plus prolifiques en termes de ventes de biens de luxe à Genève. Si le nombre de transactions a légèrement baissé depuis le début de l’année, il s’agit surtout d’un manque d’offre. Les propriétaires hésitent à vendre car ils préfèrent aujourd’hui voir leur argent placé dans l’immobilier plutôt que dans les marchés boursiers. Ainsi, l’inventaire des propriétés de luxe diminue alors que la demande ne fléchit pas. Le monde de l’immobilier de luxe, hermétique aux crises, fera t’il pousser les arbres jusqu’au ciel ?
