Actualité

Estelle Meier

A la tête de l’enseigne Martel rachetée par son père Marcel Meier en 1968, Estelle Meier entend remettre le chocolat au cœur de l’entreprise.

Remettre le chocolat au cœur de l’entreprise.
Remettre le chocolat au cœur de l’entreprise. - Copyright (c) DR
diaporama

Estelle Meier est une jeune femme pétillante et pleine d’énergie qui ne craint ni la charge de travail, ni les responsabilités, et encore moins la pression familiale. C’est sûrement l’une des raisons qui a poussé son père, le propriétaire des boulangeries BISA (Boulangerie Industrielle SA, Le Panetier) à lui remettre les clés de Martel alors qu’elle était à peine âgée de 25 ans. La Genevoise se rêvait pourtant médecin. Elle a même suivi une année à la faculté où elle rencontrera son futur époux, orthopédiste aux HUG. Pour finir, c’est sur les bancs d’HEC qu’elle obtiendra son master. Voilà maintenant cinq ans qu’Estelle a repris la direction de la plus ancienne confiserie de Genève. En effet, l’enseigne a fêté ses 205 ans en 2023.

Estelle Meier, une jeune femme pétillante et pleine d'énergie.diaporama
Estelle Meier, une jeune femme pétillante et pleine d'énergie.

«Quand je suis arrivée dans l’entreprise, le directeur venait de démissionner. Il y avait beaucoup à faire car tout était organisé de manière très artisanale. J’ai remis de l’ordre, c’était un sacré défi» raconte la jeune maman qui précise que son père ne lui a jamais mis de pression et a toujours été bienveillant avec elle. «Aujourd’hui je prends mes décisions toute seule même si je lui demande souvent son avis». Ainsi, alors que la grande majorité des chocolatiers de la place a augmenté ses prix avant Noël, Estelle a décidé de ne pas le faire. «Malgré la flambée des prix des matières premières, nous avons fait un effort pour que nos clients puissent continuer à acheter nos produits».

9 Martel, 120 employés

Aujourd’hui, Estelle Meier gère 9 Martel et 120 employés pour un chiffre d’affaires de 10 millions de francs annuel. Actuellement en congé maternité, elle peut se reposer sur un directeur qui la remplace durant quelques mois même si elle travaille toujours une à deux heures par jour. Après deux années de pandémie qui ont été très difficiles pour l’enseigne, Martel reprend du galon. En 2023, le packaging va complètement changer. Les confiseries et les pâtisseries seront de plus en plus saisonnières. Martel éliminera, par ailleurs, complètement le plastique d’ici la fin de l’année. Quant à la partie chocolat, l’entreprise mise en grande partie sur le B2B. «J’aimerais développer ce créneau car nous avons un véritable savoir-faire». Une grande partie du travail d’Estelle consiste à aller démarcher des entreprises qui achètent et labellisent des chocolats. «Nous sommes très forts en chocolat à l’international mais peu à Genève» ajoute la directrice.

Mathieu Lerenard, maître chocolatier de Martel.diaporama
Mathieu Lerenard, maître chocolatier de Martel.

Le maître chocolatier de la maison, Mathieu Lerenard fait pourtant partie des finalistes du concours MOF 2022. Le grand gagnant sera annoncé le 20 juin prochain. Qui sait ? Martel pourra, peut-être, enfin, mettre son expertise en avant. Estelle rêve aussi de s’implanter à l’étranger, en Arabie saoudite ou au Qatar. «Nous exportons déjà beaucoup de nos chocolats dans ces régions. Ça bouge, rien n’est signé mais nous sommes en négociation».

École hôtelière de Genève

Estelle qui a eu deux enfants en deux ans a beaucoup jonglé ces derniers mois. «J’ai eu mon premier fils en plein Covid. Étant donné que l’activité a baissé durant cette période, j’ai pu m’en occuper un peu». Et comment gère-t-elle le personnel ? «Heureusement, Martel fait partie d’une grosse machine – BISA – ce qui me permet de m’appuyer sur leur administration». L’entreprise a, par ailleurs, signé un partenariat avec l’École Hôtelière de Genève qui forme les nouveaux employés. Quant à s’exporter dans d’autres cantons, cela paraît compromis: «il est plus difficile de s’implanter en Suisse alémanique qu’aux Émirats» ironise la Genevoise. «Mis à part, nous nous sommes bien développés dans la région genevoise. Nous ne pouvons pas aller beaucoup plus loin à cause du transport des pâtisseries. Si nous dépassions Chavannes, il faudrait construire un nouveau labo, ce qui n’est pas prévu pour l’heure».