Eteignez, économisez, admirez!
Le temps d’une soirée, pas moins de 187 communes du Grand Genève et nombre de privés ont éteint leurs éclairages pour la 3e édition de La nuit est belle! Une opération festive qui inspire et mobilise au-delà du territoire.

Une fois de plus, le 23 septembre dernier, les habitants du Grand Genève ont eu l’occasion de ressortir leur lampe de poche pour arpenter les rues de leur commune. Sous des faux-airs prémonitoires de black-out, l’événement La nuit est belle!, qui a réuni lors de cette 3e édition pas moins de 60 animations sur le territoire, a sensibilisé collectivités et population aux enjeux positifs de l’extinction lumineuse.
Autorités et privés au rendez-vous
Ce défi, lancé en 2019 aux 209 communes transfrontalières sous l’initiative du Muséum d’histoire naturelle de Genève, la Société astronomique de Genève, la Maison du Salève et du Grand Genève, est d’ailleurs un succès depuis ses débuts. Toujours plus nombreuses, les communes participantes ont d’abord été 152, puis 178 en 2021 et enfin 187 cette année. «Tandis qu’à Genève la totalité des communes joue le jeu, à Nyon, seules 32 sur 47 se sont inscrites. Ce ne sont ni des mauvais élèves, ni une preuve de désintérêt de leur part, mais la région nyonnaise a un découpage décisionnel et technique complexe qui rend moins évident la mise en place de ce type de mesures», commente Laure Fabiani, chargée de communication de La nuit est belle!
Les privés eux aussi ne sont pas en reste et se sont mobilisés encore davantage cette fois-ci, rejoignant dans le mouvement des enseignes comme la Migros, la librairie Payot ou encore Genève Aéroport. «La sobriété énergétique, fil rouge de cet événement, présente un réel enjeu économique. Les Services industriels de Genève ont estimé qu’il était possible d’économiser 7000 francs par soir si les éclairages publics de Genève étaient coupés de 1 heure à 5 heures du matin», souligne Laura Fabiani. De quoi motiver une diversité d’acteurs.
S'engager sur le long terme

Symbolique plus qu’autre chose, cette soirée spéciale où la pénombre est de rigueur se veut en réalité être un tremplin pour un changement durable, comme l’indique sa porte-parole: «Tel un effet déclencheur, le travail de zoning réalisé pour un seul soir doit se transformer en actions concrètes tout au long de l’année et notre travail consiste à accompagner les collectivités à aller dans ce sens, celui d’une extinction lumineuse pérenne.» Si côté Genevois français, plus des deux tiers des communes ont d’ores et déjà sauté le pas en diminuant partiellement ou totalement leur éclairage la nuit, dans le canton de Genève, les aspects sécuritaires freinent les avancées. «Celui-ci tend plutôt vers une baisse d’intensité progressive par zone», assure Laure Fabiani.
Une évolution concrète, globale et positive qui ne semble d’ailleurs pas s’arrêter aux frontières du Grand Genève puisque les communes voisines montrent à leur tour de l’intérêt pour La nuit est belle! Effective aussi dans la vallée de Chamonix et dans le bassin lyonnais, la démarche inspire, ce qui réjouit sa communicante: «Nous avons une portée qui s’étend et espérons établir de nouveaux partenariats, comme avec le canton de Vaud par exemple, car bien que nous n’ayons pas de champ de compétence dans ces diverses régions, nous mutualisons nos outils et partageons volontiers notre retour d’expérience avec autrui.» Le Grand Genève espère ainsi enclencher la même dynamique peu à peu à grande échelle.
