Immobilier commercial - Suisse

Genève internationale : 675'000 m2 à risque

Le Barnes Market Outlook 2026 met en évidence une stabilisation des loyers sur le marché de l’immobilier commercial genevois. Avec un nuage cependant : l’avenir des surfaces occupées par les organisations internationales.

L'évolution des locaux commerciaux sur Genève
L'évolution des locaux commerciaux sur Genève - Copyright (c) Barnes
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En 2026, le marché de l'immobilier commercial à Genève et Lausanne se caractérise par une demande ciblée sur de grandes surfaces, à la vente comme à la location, répondant aux standards ESG. Dans un contexte marqué par des décisions plus prudentes face aux incertitudes du nouvel ordre mondial, les emplacements situés dans l'hypercentre demeurent les plus recherchés.

« Il y a un miracle genevois. Il s’agit de le préserver. L’hypercentre confirme sa résilience et affiche un taux de vacances inférieur à 8,6%. Cependant il existe des risques. Tout d’abord, le nombre de projets de construction identifiés. Dans les projets en voie de réalisation, nous avons comptabilisé un total de près de 272'000 m2 de surfaces. Certes, cela n’a rien d’inquiétant en soi, puisqu’en dix ans, un million de m2 ont été livrés tandis que le taux de vacances est passé de 14% à 12% », comme l’a relevé Robert Curzon-Price, le CEO de Barnes Commercial Realty, à l’occasion de la présentation le 5 février du Barnes Market Outlook (BMO)2026 qui étudie le marché de l’immobilier commercial depuis 2012 (en collaboration avec Wüest Partner).

Second risque identifié : « Le profil des dirigeants et des directeurs financiers a changé. Ils sont moins attachés à Genève et plus largement à la Suisse. Leur logique est désormais avant tout financière : entre Genève, Zoug ou Dubaï, la localisation devient interchangeable », a indiqué Sarah Maaroufi, directrice des locations chez Barnes Commercial Realty Genève.

L'évolution des loyaux commerciaux à Lausanne diaporama
L'évolution des loyaux commerciaux à Lausanne

Insécurité grandissante

Troisième risque : Celui des home-jacking qui se multiplient depuis quelques mois, principalement sur la rive gauche genevoise. L’association SUISSENEGOCE a tiré la sonnette d’alarme, la dégradation de la sécurité met en péril l’attractivité de Genève. Les dirigeants des grandes sociétés, telles que Trafigura, TOTSA, Mercuria et autres sont de plus en plus souvent visés.

Quatrième risque : la multiplication dans la rue de mendiants. Lors d’une récente visite du bâtiment laissé par la SGS à la place Thalberg aux Pâquis, Sarah Maaroufi a évoqué la difficulté de « mener une activité professionnelle alors que des personnes dorment avec des caddies devant l’entrée du bâtiment ». Le CEO de Barnes Commercial Realty souhaiterait davantage de soutien politique et de citer un second exemple à la rue du Rhône où un SDF s’est installé avec ses caddys devant une entrée d’immeuble.

L'évolution dans le centre de Lausanne diaporama
L'évolution dans le centre de Lausanne

Menace sur la Genève internationale

Autre inquiétude : avec la politique menée par le président américain Donald Trump, suivi par d’autres pays, les organisations internationales (OI) sont toutes en train de se restructurer. Des surfaces de bureaux se libèrent, ainsi que des appartements et des villas. Ce sont environ 36'000 personnes qui font vivre la Genève internationale à l’heure actuelle. « Avec près de 675'000 m2 de surfaces de bureaux concernées, ces espaces revêtent un enjeu stratégique majeur, appelant une réflexion politique et territoriale de long terme », alerte Robert Curzon-Price. Il relève que la plupart des immeubles concernés appartiennent à la FIPOI (Fondation des Immeubles pour les Organisations Internationales). Celle-ci gère près de 215'000 m2 de surface brute de plancher à proximité de la Place des Nations. « Certaines de ses organisations nous mandatent pour que nous les aidions à libérer les surfaces louées. Mais chaque parcelle concernée est généralement au bénéfice d’une affectation prioritairement destinée aux OI. Comment faire pour muter l’affectation de ces espaces afin de pouvoir trouver des repreneurs ? »