Hawaï-sur-Rhône
Près de Sion, Alaïa Bay est une base de surf organisée autour d’une machine à vagues bluffante. Le groupe éponyme en fait une destination typée sports d’action.

Alaïa est né à la suite d’un voyage qu’avait effectué le fondateur de la société Alaïa, Adam Bonvin, à Hossegor, en France. Cette expérience lui avait donné l’envie d’acclimater l’atmosphère du surf en Suisse afin de partager les valeurs qui lui sont associées. Le nom d’«Alaïa» lui-même a été emprunté aux premières planches utilisées par les Hawaïens. De nombreuses autres disciplines de glisse, comme le skate ou le snowboard découlent de cette activité. Il avait donc paru normal à l’entrepreneur valaisan de reprendre cette appellation pour créer des lieux dédiés à la pratique des sports d’action.
L’Europe accourt

Avec un petit mois de report dû à la pandémie en cours, Alaïa Bay a ouvert ses portes en mai 2021 à l’issue de deux ans de travaux. Plus de 20 millions ont été investis dans l’aménagement de ce site qui se trouve à l’est de Sion, au cœur du domaine bourgeoisial verdoyant des Îles. «Sur le plan commercial, nous avons eu un excellent été. En onze mois d’exploitation, nous avons enregistré 100'000 sessions. Nos clients viennent de toute la Suisse, mais aussi du reste de l’Europe, avec des villes comme Munich et Milan en tête », explique Vincent Van Laethem, le CEO du groupe.
Une préouverture concluante

L’une des clés du succès a consisté à faire tester ce printemps les installations à des stars du monde de la glisse, comme le légendaire véliplanchiste Robby Naish ou de grands noms d’autres disciplines comme le snowboardeur Pat Burgener, le skieur Loïc Meillard et le pilote de F1 Lance Stroll. La stratégie était d’utiliser cette phase pour régler les ultimes détails techniques et pour obtenir la validation des équipements par des sportifs de référence. Peu dangereux, le surf est, partant de là, appelé à séduire un large public. La météo n’est en plus pas un obstacle, les pratiquants sachant s’adapter à tous les types de conditions (l’eau n’est pas chauffée à Sion). Notre pays compte à lui seul 40’000 licenciés, soit un réservoir de clients potentiels intéressant. Le choix de la capitale valaisanne pourrait par contre sembler surprenant. Pourquoi pas Lausanne ou Zurich? «Notre groupe entend créer une véritable destination avec un concept multisites et multisports. Le Valais offre ces conditions dans un périmètre réduit et dans un cadre naturel d’exception», complète Vincent Riba, Directeur de la communication d’Alaïa. De fait, cette implantation évite de devoir prendre l’avion pour se rendre à l’autre bout du monde afin de pratiquer son sport, les vagues sédunoises étant similaires à celles de l’océan.
Quasi unique
Cet avantage est renforcé par le fait qu’Alaïa Bay n’a que deux concurrents en Europel: Bristol, en Angleterre, (avec la même technologie «Wavegarden Cove») et Snowdonia au Pays de Galles (qui utilise une technologie plus ancienne). Face à son succès précoce, le groupe prévoit de se développer ailleurs à terme, mais en préservant son ADN: pas question de franchisations, mais bien plutôt de lieux dont Alaïa sera l’opérateur. Une manière de ne pas favoriser l’émergence de concepts concurrents.
La cohérence du concept
Démocratiser la vague constitue l’horizon de cette société qui gère également des shops, des restaurants et des camps de vacances. Les sports d’action étant en pleine croissance, cet objectif est d’ores et déjà en passe d’être atteint. A Sion, un système de réservation directe en ligne facilite les formalités pour acheter une session. Et si des inquiétudes liées à la météo devaient se faire sentir, une webcam permet aux clients de découvrir en temps réel quelles sont les conditions locales. Enfin, des cours de tous niveaux sont proposés, le matériel pouvant être loué sur place. Cette offre à 360 degrés boucle de la sorte la boucle.
Un groupe florissant

En 2015, Adam Bonvin avait lancé une opération de crowdfunding avec à l’esprit l’idée de tester l’intérêt de son projet. En cinquante jours, il avait réussi à réunir pas moins de 100’000 francs. Un premier site baptisé «Alaïa Chalet» avait alors ouvert ses portes à Lens, non loin de Crans-Montana. Ce hub rassemble des sports comme le freeski, le snowboard, le skateboard et le BMX. Un shop et un espace de coworking complètent cette offre. Là ont été organisés les premiers camps d’hiver et d’été. Le modèle s’est ensuite enrichi avec le lancement d’Alaïa Bay, mais aussi avec Alaïa Wake Surf élaboré autour d’une barge ancrée au Bouveret. Cet automne ouvrira à Crans-Montana l’Alaïa Lodge sur les fondements de l’ancien Hôtel Le Green positionné en plein centre de la station. L’établissement adoptera un design qualifié de «Swiss Lodge». Il offrira 142 lits répartis en plusieurs types de chambres: doubles premium, familiales, ainsi que des dortoirs de 4 à 10 lits. Un module qui a été pensé pour les groupes de différentes tailles.
