J. Safra Sarasin récupère cinq immeubles à Champel
Plusieurs acheteurs étaient présents ce lundi 17 mars à la vente aux enchères organisées par l’Office des poursuites de Genève. Après 90 minutes d’enchères animées, c’est finalement la banque créancière qui rafle 266 appartements pour 153 millions de francs.

Les trois coups de marteau traditionnels frappés par la préposée de l’Office des poursuites de Genève auront mis fin au suspens qui flottait dans cette salle de la rue du Stand où s’était entassée une centaine de professionnels et de curieux.
Comme certains spécialistes de l’immobilier l’avaient prédit, c’est la banque créancière J. Safra Sarasin qui a repris en nom cinq immeubles idéalement situés dans le quartier de Champel à Genève. Les 266 appartements concernés, ainsi qu’un parking souterrain offrant 168 places sur trois niveaux, ont été repris pour 153 millions de francs.
En effet, celle-ci n’aura rien à déboursé puisqu’elle a acquis par compensation de créances cet ensemble locatif. Rappelons que les prêts de la banque J. Safra Sarasin s’élevaient à près de 150 millions de francs, auxquels avaient été ajoutés les intérêts impayés des emprunts, environ 65 millions.
Créance de plus de 216 millions
La créance totale de la banque J. Safra Sarasin, présentée et acceptée, s’élevait ainsi à 212,2 millions de francs. A ce montant, il fallait ajouter diverses taxes, la TVA et des impôts impayés depuis 2016, pour une somme d’environ 4,34 millions de francs.
Les immeubles mis en vente forcée forment un U au cœur de Champel. Il s’agit des immeubles rue de l’Athénée 36-38-40, rue Marignac 6 et rue Contamines 36. Ils étaient jusqu’alors la propriété de la société Genprop SA, détenue par John Sutin.
Acquéreurs frustrés
La matinée avait débuté par la vente de chaque parcelle mise en vente individuellement, avant de se terminer par une mise à prix en bloc. La séance démarre avec l’immeuble Athénée 40, estimé 53,4 millions de francs. Deux acheteurs, dont la société de gestion de fonds Realstone, enchérissent à tour de rôle, avant de céder sous les annonces de surenchères du représentant de la banque créance. Ce premier immeuble est ainsi provisoirement adjugé à 27 millions de francs.
Puis, la juriste de l’Office enchaîne avec Athénée 36, estimé 47,2 millions. Faute de mise à prix au montant de l’estimation, les enchères débutent à 19 millions, et rebelote ! Realstone finit par renoncer devant J.Safra Sarasin qui l’emporte pour 28 millions de francs.
3e vente de la matinée, l’immeuble rue Contamines 36, estimé également 47,2 millions. De longues enchères débutent à coup de 100'000 francs, pour s’achever à 28,1 millions au profit de Realstone, sous réserve de la vente en bloc. Lors de la 4e vente, un nouvel acheteur potentiel sort du bois, la société Light On, qui fait grimper les enchères de l’immeuble Athénée 38 (estimé 42,8 millions) à 28 millions, avant de voir la banque créancière surenchérir encore pour l’emporter à 28,5 millions de francs.
Enfin, le 5e immeuble est proposé à la vente, le Marignac 6, estimé 37,7 millions de francs. Là encore, Light On, Realstone et Safra Sarasin se disputent, jusqu’à ce dernier qui récupère le lot pour 28,1 millions de francs.
Vente en bloc
La juriste entame alors la dernière ligne droite avec la vente en bloc des cinq parcelles : « Y a-t-il une offre au montant cumulé des cinq enchères, soit 139,7 millions de francs ? ». Si tel n’avait pas été le cas, alors Realstone se serait retrouvé l’heureux propriétaire du bâtiment rue Contamines 36.
Mais la banque entendait emporter le tout, malgré l’intérêt de deux acheteurs : La société Realstone et la société Immo Vision Champel, représentée par un certain Hossam Eldine Abou Zeid, un Suisse d’origine égyptienne, qui a créé une fondation caritative à Genève en 2001. Cependant Realstone renonce à suivre la banque J. Safra Sarasin dès la barre des 150 millions atteinte et Immo Vision Champel, à son tour, abandonne la surenchère sur l’offre à 153 millions de francs de la banque.
Rappelons que ce bloc est constitué d’une majorité d’appartements meublés. A ce propos, une procédure est encore pendante relative au changement d’affectation, à des travaux effectués sans autorisation et à la réunion d’appartements. A suivre.
