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La fondation Esp'Asse fête ses 20 ans

En 2001, la fondation nyonnaise rachetait l’ancienne usine de métallurgie Stellram, alors abandonnée. Depuis, la vie socioculturelle y foisonne. Et des logements seront bientôt proposés à la location.

Quartier de L'Esp'Asse avec la Tourelle culminant à 25m de haut
Quartier de L'Esp'Asse avec la Tourelle culminant à 25m de haut
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Un bâtiment rehaussé de trois niveaux: voilà ce que la Fondation Esp’Asse, à but non-lucratif et reconnue d’utilité publique, s’est «offert» pour son 20e anniversaire. Une «Tourelle», nom du bâtiment, rénovée par l’entreprise Batineg, qui accueillera prochainement les activités de l’association Caritas, des ateliers d’artistes et quatre appartements, dont deux duplex aux 6e et 7e étages, offrant une vue imprenable tant sur le Jura que sur le lac.Car la mixité est bien la particularité de ce quartier de 13’500 m2 situé à 500 m de la gare de Nyon, où artistes et associations d’entraide se côtoient grâce à une politique de mise à disposition de locaux pour des loyers défiant toute concurrence. Président du conseil de fondation, Jean-Claude Bouvrot explique : «C’est un quartier unique à Nyon, issu d’un pari un peu fou. Et aujourd’hui, après vingt ans, des développements vont arriver par étapes.»

La Fondation a tenu sa mission d'entretenir ce patrimoine en partie protégé

Petit retour dans le passé

Les toits en dents de scie datant de 1906diaporama
Les toits en dents de scie datant de 1906

Ce pari fou, c’est celui d’un groupe de personnes, dont Jean-Claude Bouvrot, Jean-Michel Rey, créateur de l’association d’insertion Pro-Jet, Jean-Claude Christen, alors préfet du district, ou encore Jean-François Kurz, banquier aujourd’hui disparu. Pour aider l’association Pro-Jet à grandir, il fallait lui trouver de nouveaux locaux. La jeune fondation tombe alors sur un site industriel abandonné, occupé de 1940 à 1999 par l’entreprise de métallurgie Stellram, qui emploiera à Nyon jusqu’à 155 personnes. Le site est composé de deux parcelles et de six bâtiments et usines cumulant 6500 m2 de surface de plancher. En 2001, après négociations avec les banques, la Fondation Esp’Asse en devient acquéreur pour un montant de 2 millions de francs.

S’en suit un travail herculéen de remise en état et transformation de ces vastes halles pour répondre aux attentes des nouveaux utilisateurs. Et si l’association Pro-Jet s’installe dans 1500 m2, artistes et associations sont conviées à venir occuper les autres 4000 m2 de surface de plancher. A peine un an après le rachat de l’ancienne usine, les locaux retapés ont tous trouvé preneur. Aujourd’hui encore, la liste d’attente pour obtenir un atelier d’art ou un espace administratif ne désemplit pas.

Tournée vers l’avenir

Et si pendant plus de quinze ans la Fondation Esp’Asse a tenu sa mission d’entretenir ce patrimoine immobilier en partie protégé, elle peut, depuis 2017, grâce à une révision du plan de quartier, doubler ses surfaces de plancher, passant légalement de 6500 m2 à 13’500 m2. Des droits à bâtir que la Fondation Esp’Asse entend bien utiliser. Le rehaussement et la rénovation de la «Tourelle» est ainsi la première étape d’un plan de développement qui devrait se poursuivre, à en croire Jean-Claude Bouvrot, par le rehaussement de deux étages d’une halle industrielle occupée par l’association Pro-Jet. La construction d’une «Maison des arts et de la culture» est également au programme, de même que la construction d’une passerelle publique de mobilité douce reliant la route de l’Etraz, à l’est de Nyon, au collège du Rocher, au nord de la gare. Plus qu’une simple passerelle, il s’agira d’un nouveau tronçon reliant deux pans de la ville.