Territoire

L'armée se redéploie enfin

Découlant de la libération du site des Vernets (GE), la nouvelle caserne d'Epeisses a été inaugurée en grande pompe le 24 avril dernier. Cette infrastructure flambant neuve clôt le volet d'une délocalisation en trois étapes.

Autrefois basée aux Vernets, l'armée a pu investir un nouveau site avec l'inauguration de la caserne d'Epeisses
Autrefois basée aux Vernets, l'armée a pu investir un nouveau site avec l'inauguration de la caserne d'Epeisses - Copyright (c) DR
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Tremblement de terre en Turquie/Syrie, pandémie ou encore guerre en Ukraine… l’armée suisse est sur tous les fronts. On oublie bien souvent son utilité mais les événements récents sont venus jouer les piqûres de rappel. «Ce que nous avons traversé nous a permis de conscientiser davantage la population sur les liens étroits qui doivent nous lier à l’armée, qualifiée à tort de grande muette», appuie Mauro Poggia, conseiller d’État genevois en charge de la sécurité, de la population et de la santé. En tant que base de déploiement régulier de l’armée, Genève se devait donc d’occuper le territoire stratégiquement.

La fin d’une trilogie de chantiers

Armée et civils cohabitent à Epeissesdiaporama
Armée et civils cohabitent à Epeisses

Initialement installée aux Vernets, en plein centre-ville, cette dernière avait accepté de quitter les lieux prématurément, libérant l’espace afin d’y construire 1500 logements au cœur du futur quartier d’important à Genève: le PAV (Praille-Acacias-Vernets). Une délocalisation prévue en trois actes, d’abord réalisée à Meyrin-Mategnin pour l’hébergement puis à Aire-la-Ville pour la logistique. Est venue s’y ajouter la caserne d’Epeisses, inaugurée le 24 avril dernier, qui jouera quant à elle le rôle de centre de commandement et d’instruction.

Cette nouvelle infrastructure, construite sur une ancienne gravière, permettra ainsi aux troupes et civils de cohabiter dans un lieu à la fois moderne et fonctionnel. En forme de L, le bâtiment dispose d’une capacité de plus de 80 lits, de locaux logistiques (cuisine, réfectoires, sanitaires...), d’une salle de sport multi-usages mais aussi d’auditoires et d’espaces de théorie pensés pour accueillir un fourmillement de soldats tout en s’intégrant dans le paysage bucolique de la campagne reculée d’Avully. «Le centre d’Epeisses contribuera comme nulle part ailleurs à former, de l’échelle de la section à celle du bataillon, aussi bien à la recherche de disparus qu’à la lutte contre de grands incendies industriels. Armée et civils peuvent à présent cohabiter dans un dispositif cohérent», souligne Mathias Tüscher, commandant de la division territoriale.

Le centre d'Epeisses contribuera à former comme nulle part ailleurs

Mathias Tüscher, commandant de la division territoriale

Une réussite malgré des complications

Et pour arriver à un tel résultat, tout n’a pas été simple. Comme le confirme Alexandar Kortus, architecte du projet et administrateur de Brodbeck Roulet architectes associés: «Cela représente dix ans de labeur. Tout a commencé par une étude de faisabilité en 2012, suivie d’une mise en concours en 2015, où nous avons eu la chance de remporter l’appel d’offres. Il a fallu alors découvrir un monde que nous ne connaissions pas, avec des activités et organisations très différentes de ce dont nous avions l’habitude.» Ce à quoi sont venues s’ajouter les difficultés du Covid, de l’administratif (dû à la proximité de la forêt) et bien évidemment celles du lieu en lui-même. «Il y a eu toutes les questions de pollution qui nous ont freinés et nos efforts pour densifier un maximum les surfaces», ajoute- t-il. Puisqu’un deuxième édifice pourrait s’y développer dans un second temps. Du fait de ces divers contretemps depuis le début des travaux en 2019, la caserne d’Epeisses aura finalement coûté au canton plus de 41 millions de francs, contre les 35 millions prévus au départ. Reste encore la place d’exercices qui devra être modernisée en 2024 mais chaque chose en son temps... En attendant, les recrues basées à Epeisses ont déjà repris leur rythme militaire et se préparent pour une nouvelle intervention (que l’on espère lointaine).