Le b.a.-ba d’une canalisation en bon état
Cachées ou enterrées, comme tout ce qui n’est pas sous nos yeux, les canalisations passent souvent aux oubliettes. Pourtant, afin d’éviter l’engorgement, le bouchon voire l’inondation, voici quelques habitudes à adopter.

Fréquemment, nous sommes amenés à passer l’aspirateur, à désinfecter nos toilettes et à nettoyer nos sols… mais qu’en est-il de nos canalisations? Ce réseau d’eau invisible qui traverse pourtant nos logements de tout son long est encore trop souvent laissé à l’abandon. En Suisse, on estime à 80’000 kilomètres (soit deux fois la circonférence de la Terre), la longueur de ces fameuses canalisations privées. Alors, pour se prémunir des mauvaises odeurs, des bouchons ou encore de lourdes réparations, voici quelques conseils pour entretenir nos installations.
ENTRETIEN
Les bons tuyaux à connaître
Avant tout une question d’hygiène, entretenir ses canalisations est primordial. Pour cela, il est d’abord nécessaire de connaître la source d’un potentiel problème à venir (mauvaises odeurs, bouchon, etc.). Les deux sources les plus communes sont les déchets organiques et le calcaire. En ce qui concerne la dureté de l’eau (niveau de calcaire), difficile d’y échapper. D’autant que selon le lieu où l’on habite, celui-ci peut varier fortement. A titre d’exemple: la dureté de l’eau zurichoise ou lausannoise est plutôt modérée, en revanche à Yverdon-les-Bains, la quantité de calcaire est plus importante et les canalisations davantage confrontées aux dépôts. (Pour consulter en ligne votre taux régional, rendez-vous sur https://trinkwasser.ch/fr/carte)
Bien que ce dépôt de calcaire dans les canalisations soit inévitable, si celui-ci est élevé, il convient alors d’autant plus d’agir en prévention. Comment? Il existe bien entendu des produits industriels vendus en magasin. Sinon, il suffit de disposer du marc de café (dans l’évier/la douche/la baignoire) et l’accompagner dans les tuyaux en laissant couler l’eau chaude quelques minutes. Autrement, le bicarbonate de soude dilué dans de l’eau bouillante fait également son œuvre. Néanmoins, ces techniques ne fonctionnent que de manière préventive, non pas si le calcaire est déjà encrassé.
Autre source de problème, comme souligné plus tôt: les déchets organiques (cheveux, poils, nourriture, savon, liquide vaisselle…). Simple mais bon à rappeler, il est important de ne pas jeter les restes d’aliments dans l’évier mais dans la poubelle, d’utiliser un tamis d’évier ainsi qu’une bonde de douche/lavabo qu’il s’agit de nettoyer régulièrement. Pour aller plus loin et dissoudre les résidus de graisse ou de savon dans ses canalisations, il est aussi conseillé de verser fréquemment de l’eau bouillante à travers la bonde ou de préparer des glaçons au vinaigre à faire fondre ensuite mensuellement dans ses tuyaux. Une recette qui fait également des miracles consiste à combiner une cuillère à soupe de bicarbonate de soude, deux cuillères à soupe de vinaigre blanc et un peu de gros sel. A laisser agir une heure avant de rincer abondamment.
Enfin, pour les adeptes de la technologie, la marque Kärcher propose un nettoyeur vapeur pour canalisations qui libère de la vapeur grâce à une buse à jet crayon qui atteint les zones difficiles d’accès en quelques secondes. Pratique.
DÉBOUCHAGE
Les techniques en cas de besoin

Les mauvaises odeurs sont là, les canalisations glougloutent ou l’eau stagne déjà? Il est temps de réagir. Terminées les mesures préventives, on passe à l’attaque, notamment à l’aide d’un drain à base de cristaux de soude. Pour cela, on laisse fondre dans de l’eau bouillante des cristaux de soude que l’on verse ensuite directement dans la canalisation et qu’on laisse agir toute la nuit. Attention néanmoins, cette concoction est irritante alors on enfile des gants et on abaisse les manches!
Les déboucheurs chimiques font également leur affaire mais sont tout autant à manier avec précaution. En plus d’être nocives pour l’environnement, ces solutions toxiques présentées sous forme de gel, de microbilles ou de poudre, ne doivent pas être utilisées trop souvent, au risque d’endommager à terme le réseau. En effet, les ingrédients qui les composent sont redoutables: acide sulfurique, soude caustique, tallowtrimonium chloride, etc. On lui préférera donc sa version écologique, vendue elle aussi en commerces, qui contient des substances moins abrasives et reste malgré tout efficace.
Derniers recours, les solutions «manuelles» n’ont plus à faire leurs preuves. On entend par là, l’utilisation de la ventouse. Bien connue de tous, la ventouse est à la fois écologique et économique mais demande un peu d’huile de coude. On bouche le trou d’évacuation avec un chiffon, on positionne la ventouse au-dessus du siphon et on pompe sans la décoller des parois. Même si elle ne fonctionne pas à tous les coups, à essayer. Il existe d’ailleurs des ventouses à pression d’eau (appelées déboucheur à pompe) permettant d’arriver au même résultat plus aisément, grâce à une poignée et un système de piston. Outre la classique ventouse, son cousin le «furet» n’a rien d’un animal mais sert également de déboucheur à la force des bras. Pour l’utiliser, il suffit d’insérer la tige souple dans la canalisation obstruée et de pousser jusqu’à ce que l’on touche le bouchon. La tige va ensuite transpercer le bouchon grâce à la manivelle qui la fait tourner et permettre à l’eau de s’écouler (normalement).
Si toutefois aucune technique précédente n’a fonctionné et l’envie vous prend de tenter le tout pour le tout par vos propres moyens, il est encore possible de défaire le culot du siphon ou le siphon. Veillez à enfiler des gants de protection et à positionner un seau pour récupérer l’eau stagnante. Quant à la pièce, si vous avez du mal à la desserrer, pulvérisez dessus un peu de dégrippant.
INTERVENTION
Aux grands maux, les grands remèdes
Voilà, rien n’y fait. Vous avez tout tenté mais l’eau ne s’écoule toujours pas. L’intervention d’un professionnel et de son équipement est maintenant nécessaire. Grâce à son système de haute pression qui envoie de l’eau à hauteur de 350 bars dans la canalisation, l’entreprise d’assainissement va détruire le bouchon rapidement et l’obliger à se diriger vers les égouts de la ville. Un curage des canalisations peut être parfois requis lui aussi afin de nettoyer durablement le calcaire présent qui retient les résidus et finit par créer un nouveau bouchon.

Ces professionnels sont par ailleurs équipés de technologies de plus en plus poussées de nos jours, pour un service précis et adapté. On retrouve actuellement sur le marché des caméras endoscopiques, des caméras sur chariots motorisés à tête rotatives, ou encore des lasers d’inspection. Lors de fuites, dues notamment à l’apparition de tartre (sulfure d’hydrogène), très corrosif pour les canalisations en fonte, des gaz traceurs peuvent être injectés pour identifier le problème. Des outils 2.0 d’autant plus utiles à la construction d’une nouvelle résidence ou d’un nouveau bâtiment de manière générale qui causent parfois des dégâts au niveau des canalisations.
Mais afin d’éviter toute intervention d’urgence, les associations professionnelles de la branche recommandent surtout des intervalles de nettoyage réguliers (voir tableau). Des contrats d’entretien sont proposés par les entreprises du secteur pour que ces interventions soient avantageuses financièrement parlant. Un nettoyage régulier de plus à ajouter à sa liste de tâches domestiques mais qui prolonge ainsi la durée de vie des pompes et permet d’économiser en énergie consommée.
