"Le bois est plus résistant que l'acier"
La régie Naef organisait le mois dernier une conférence à la bibliothèque de l'immobilier sur la thématique du bois avec le conférencier Thomas Büchi, maître-charpentier auteur de l'ouvrage "Le bois, ma passion" (éditions Slatkine).

Tout a commencé par une bataille politique qui a duré des années: celle de convaincre les députés du Grand Conseil de l’utilité de construire la halle7 de Palexpo en bois côté du bâtiment existant d’alors, réalisé entièrement en béton et en acier. Nous sommes au début des années 1990, la halle 7 doit accueillir tous les quatre ans le salon Télécom. Le développement durable n’est alors, ni une préoccupation politique, ni un enjeu sociétal. Bingo, après de longs mois de débats et de défense de ses idées, le parlement accepte le projet de Thomas Büchi. La halle 7 de Palexpo, réalisée à 100% en bois, sera inaugurée par la Coupe Davis de février 1995, un mois avant l’ouverture du salon de l’auto. Avec ses 16’000 m2 de surface et ses 50 m de portée, la halle 7 reste à ce jour la plus grande surface de toiture en charpente bois de Suisse.
Déclencheur

La construction de la halle 7 a été le déclencheur de la carrière de Thomas Büchi qui a enchaîné, par la suite, de nombreux projets. «Cette réalisation a donné confiance dans le matériau bois» souligne le maître charpentier. Entre 1995 et 2010, il va construire pas moins de 500 ouvrages en bois à Genève, comme le Théâtre du BFM, la restauration du Château de Nyon, la patinoire Trois-Chêne à Thônex ou encore l’Ecole Peschier. Suivront des monuments emblématiques tels que la «Broken Chair» devant le Palais des Nations-Unies, le refuge du Goûter en haut du Mont-Blanc, le Palais de l’équilibre situé devant le CERN ou encore le centre aquatique Vitam parc.
«Le bois est quelque chose de beau. On aime le regarder, le sentir, le toucher. Ce matériau d’avenir permet de relever les plus grands défis technologiques et environnementaux. Et contrairement aux idées reçues, le bois résiste mieux que l’acier aux incendies» souligne Thomas Büchi. Défendre le bois est le mantra de cet ingénieur et charpentier à la tête de Charpente Concept et auteur de l’ouvrage Le bois, ma passion. Sorti en 2011, le récit du Genevois n’a pas pris une ride tant ce matériau est plus que jamais sous le feu des projecteurs.
Grâce à de nouvelles techniques et systèmes de construction, le bois répond, en effet, parfaitement aux exigences actuelles d’ordre structural et économique. Les bâtiments en bois sont ainsi de plus en plus appréciés grâce à l’évolution technique qui leur permet de répondre aux attentes de l’architecture contemporaine. «On peut construire aujourd’hui des tours entières en bois» explique le Genevois, telle que la tour Malley à Lausanne, première tour en bois de Suisse romande. Et bien évidemment, en plus des avantages sur le plan constructif, le bois possède toutes les vertus en matière environnementale.
Des projets pour Charpente Concept
Après 12 mois d’efforts et de «folie administrative», Charpente Concept va enfin réaliser la tour de Choully et les nouveaux ateliers et logements pour Emmaüs à Carouge.
